‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 478 sur 504 · LES ESPAGNOLS REFUSENT DES BESTIAUX AUX FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES ESPAGNOLS REFUSENT DES BESTIAUX AUX FRANÇAIS

Je vous puis bien protester, Monseigneur, que tous ces discours me feroient prendre la résolution de vous supplier de me dispenser d’accepter l’honneur que le Roy me fait de me donner le commandement en chef de ce pays-là. Mes frères et les amis que j’ay en Canada en souffrent, quoyqu'ils servent très utilement, et mon frère de Maricourt vient de négocier, l'année dernière, la paix avecles Iroquois, ce qui est de la dernière conséquence. A peine vous parle-t-on de luy. Dans les lettres communes et particulières, ils se plaignent tous à moy des chagrins que je leur attire, quoyque innocemment.

J'ai receu une lettre de M.de Bécancourt, de la Vera-Cruz, du 16° juin dernier, venue par M. de Surgères, qui me marque qu'il arrivoit à la Vera-Cruz. Comme j'ay eu l'honneur de vous en rendre compte, je luy avois donné ordre d’y aller pour querir des vivres à la garnison de Pensacola et à celle du fort de la Mobile; je luy ordonnois d’acheter là vingt à trente brebis pour en fournir la Mobile. Il me marque que l’on luy a dit que l’on ne le souffriroit pas, que pour des masles tant qu’il voudroit aussy bien que des bœufs, et non des vaches. Cela marque visiblement qu'ils n'ont pas d'envie que nous

puissions subsister à la Mobile.

Je vis hier dans la prison de cette ville un nommé Faneur (sic) qui est depuis peu revenu d'Angleterre, qui me fit prier de luy aller parler. Il me pria de vouloir vous rendre tesmoignage de ce que je sçavois de luy et des propositions qu'il m'avoit fait au mois d’aoust dernier. Je vous diray, Monseigneur, qu’il m’avoit proposé de faire des entreprises sur le pays de la Caroline pour la destruire et sur plusieurs postes

de la Virginie, dont il a une parfaite connoissance, y ayant

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