IL PARVIENT A S'ABOUCHER AVEC DES SAUVAGES IOI
mois ceus des pistes des Sauvages. Je les suivis trois lieues le long du rivage, marchant par terre, avec un homme et mon frère dans le canot d’escorce pour ne les pas espouvanter, ma chaloupe me suivant une demi lieue. Je couchay là. Le lende-
main je continuay à aller sur les pistes le long du rivage.
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une À ant, J'aperceus cinq Sauvages, après lesquels je courus, fuyant de yant moy et les forçay de se jeter dans une isle, où ils joignirent sant six canots et cinquante personnes, hommes, femmes et eneray fans, et gagnèrent la terre ferme, où je les poursuivis avec mon : 20° pays con-
canot d'escorce. Ne voulant pas m'attendre, je les forçay d'abandonner leurs canots et tout ce qui estoit dedans, s’enfuyant dans les bois, nous croyant Espagnols. Je trouvay un vieillard que je caressay et luy fis plusieurs présens, luy faisant entendre que je venois au pays. J’envoyay mon frère avec un Canadien après les fuyards, qui joignit une femme
et la
qu'il amena, à laquelle je fis plusieurs présens et luy remis tous les canots et au vicillard, et leur fis entendre que j'allois camper à une demi lieue de là. La femme advertit la nuit les gens fuyards, dont quatre hommes vinrent le lendemain, me chantant la paix. Je fus au-devant d’eux leur en faire autant. Je les festinay et ils me festinèrent pareillement, nous faisant amitié l’un et l’autre. Je ne peus apprendre de nouvelles de Mississipi, ny d'aucune nation establie, de ceux dont nous parle la relation du sieur de Tonty et du Récollect, seulement
d'une nation qu'ils nomment Nipissa, qui est à trois lieues et demie d'ici de marche. Je crois que ce pourroit estre celle que les relations nomment Quinipissa, qui est à vingt-cinq lieues en montant le Mississipi. Ils me marquent qu'il n’y a d'eau dans la rivière de cette nation qu'une brasse à l’entrée, et qu’à une qui est à cinq lieues et demie au nord-est