ÉTABLISSEMENT A LA BAYE DE BILOXI
Après avoir visité plusieurs endroits propres à faire un establissement, les vivres ne nous permettant pas de rester plus longtemps à ceste coste, nous avons cru le devoir faire à la baye des Biloxi, à quatre lieues au nord-nord-est, d'où estoient les navires mouillés et qui en peuvent approcher à deux. Iln'y a, pour entrer dans cette baye, que sept pieds d'eau. Nous n'avons choisy cet endroit que par rapport à la rade, d’où les chaloupes de nos vaisseaux pouvoient aller et venir tous les jours, et que nous pourrions, sans nulle crainte, nous servir d'une partie de nos équipages pour travailler au fort que j'ay fait faire là, en attendant que l'on voye où l’on jugera apropos de placer une colonie et dans les lieux les plus avantageux. Ce fort est de bois, à quatre bastions; deux sont de pièce sur pièce d'un pied et demi, d’un pied de haut, ponté comme un navire, sur quoy est le canon avec un parapet de quatre pieds de haut; les deux autres de bonne palissade bien doublée, dans lesquels il y a quatorze pièces de canon et de la munition suffisamment. J'y ay laissé pour commandant le sieur de Sauvole, enseigne de vaisseau sur le Marin, qui est un homme de mérite et d’un esprit capable de se bien acquitter de cet employ, et mon frère de Bienville pour lieutenant du Roy et le sieur Levasseur Russouelle, Canadien, pour major, avec l’aumosnier de la Badine, le Récollect ayant demanc”° s’en revenir, soixante-dix hommes et six mousses avec des vivre: nour six mois; j'y ay fait semer des pois et bled d'Tide, qui estoient levez quand j'en suis party. Il y a lieu de croire que tout viendra bien en ce pays-là, qui est tempéré; on y pourra faire venir ce qui vient aux Îsles, sucre, indigo, les patate. ct ignames, que nous avons plantées, qui y viennent bien,