RENSEIGNEMENTS DONNÉS PAR TROIS ESPAGNOLS
Je n’ay pas cru devoir y laisser moins de monde pour tout ce qu'ils ont à faire et se maintenir contre les Espagnols, s'ils veulent entreprendre de les chasser. Jai sceu par cinq Espagnols, désertez de Pensacola pour aller au Mexique par terre, que des Sauvages ont amenez au fort, que deux jours après que nous fusmes partis, le Gouverneur s’en fut dans le
navire, qui estoit là, à la Vera-Cruz, pour donner advis au Vice-Roy que nous estions à la coste et demander du secours. Ils ont fait partir de là trois petits bastimens pour la Havane et la Vera-Cruz pour avoir des secours de vivres, il y avoit quatre mois, quand ils en sont partis sans en avoir de nouvelles. La pluspart de leurs gens désertent et meurent de misère. J'ay à bord trois de ces Espagnols qui estoient là par force, et sont métis créoles. Il y en a un qui donne volontiers connoissance de tout le Nouveau Mexique et des Mines de Saint-Louis du Potosi. Il souhaiteroit que l’on voulust aller prendre le Mexique. Il guideroit partout. De la manière qu’il parle de ce pays, il ne faudroit pas grandes forces pour s’en rendre maistre, si l'on avoit quelques idées de ce pays là. On pourroit tirer quelque connoissance de ces hommes qui serviroit. Je l’arresteray à La Rochelle jusques à ce que j'aye response là dessus. Les Espagnols leur avoient donné une idée bien différense de ce qu’ils voyent. Je les ay traitez le mieux que j'ai pu, afin qu'ils puissent se louer des François dans leur pays, qui sera facile à aller piller dans la guerre. Si vous permettez, Monseigneur, que ces gens s'en aillent par l'Espagne, ils auroient besoin de quelques pistoles par charité pour leur conduite.
Le fort estant achevé et les magasins faits, je fis un recensement de tout ce que je laissois, dont j’ay chargé le sieur
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