‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 78 sur 504 · D'IBERVILLE RETOURNE EN ‘FRANCE · texte numérisé non relu

D'IBERVILLE RETOURNE EN ‘FRANCE

de Sauvole; il se trouva plusieurs vivres gastés. Quoy que je ne doutasse pas que vous ne fissiez partir de France un bastiment pour leur en apporter aussitost que nous serions arrivez, et qu’il se rendroit devant qu'ils en manquassent, j'ai creu, pour une plus grande précaution, devoir envoyer un de nos traversiers à M. Ducasse pour luy en demander. Il devoit partir trois ou quatre jours après moy, avec un équipage de dix hommes et un garçon de la garnison.

Le 3° may, nous avons appareillé, Surgères et moy, de la rade et sorty pour faire la route de France et debouqué par le Bahama; un coup de vent de sud et la brume nous ont séparez à quatre-vingts lieues au sor-ouest du grand banc le 11 de juin. Il ne tardera pas à arriver, nos vaisseaux estant assez esgaux de voiles. Il m'est mort dans le voyage trois Canadiens de la peste des Isles, et mon contre-maistre, ct deux matelots des fièvres; tout mon équipage s'est bien porté. J'ay vingt hommes à présent malades, et il en tombe tous les jours du scorbut, depuis que je suis dans les pays froids.

Je souhaite, Monseigneur, que vous soyez content de nostre conduite. Nous avons bien fait tout ce que nous avons pu pour cela, et ne nous sommes pas espargné nos peines et soins jour et nuit, et n'avons pas perdu un moment de temps pour exécuter les ordres dont vous nous aviez fait l'honneur de nous charger. M. de Surgères ne s'y est point espargné, non plus que tous les autres officiers, qui sont tous gens de mérite et capables, qui espèrent, Monseigneur, que vous voudrez bien vous souvenir d'eux pour leur avancement et le mien, que je vous prie de m’accorder. Je vous en seray toute ma vie très humblement obligé. J’ai creu, Mon-

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