JOURNAL DE D'IBERVILLE
Je prends mon départ de Léogane, qui fut le 3r décembre, à neuf heures du soir, en 1698.
Le premier jour de l’année 1699, à midy, nous sommes
par la latitude de 19 degrez 12 minutes nord et par 30 degrez de longitude; je suis environ à dix lieues à l’ouest de Léogane, à deux lieues au large de terre et une lieue et demie au large de la Gouenave.
Du 2 janvier 1699. Je suis, à midy, par les 18 degrez 30 minutes latitude nord et par 301 degrez 14 minutes de longitude; sur les six heures du soir, nous sommes à deux
lieues et demie au large de Nypes, où j’ay un traversier pour acheter des volailles pour les malades, que je fis partir pour cela le 28 décembre. Je luy ay envoyé dès midy ma biscayenne pour l’advertir de sortir et de me rejoindre. Les vents sont au nord, qui donnent droit dans cette anse, où la mer est fort grosse, et on ne doit point hasarder de mouiller de bastimens sans grande nécessité. Le traversier ne pou-
vant appareiller, je demeuray sous voile toute la nuit, avec le Marin et l'autre traversier, à trois lieues au large de ce hâvre. Le François a tousjours chassé, et nous ne le voyions plus à huit heures du matin. Mon traversier et ma biscayenne m'ont joint et apportent cent trente-huit volailles, qui ont cousté 25 livres; ils n’ont pu en avoir davantage. Nous sommes en calme. Nous avons bien des malades en tous nos bastimens, plusieurs de la peste.
Le 3°, à midy, nous sommes par 18 degrez 40 minutes et 301 degrez 2 minutes de longitude. Je suis environ à quatre lieues au large de l’isle, de l'ouest des Caymites ; les deux isles ont bien chacune deux lieues de long, esloignées l’une de l’autre d’une lieue et demye, et de la grande isle de Saint-Domingue de demy lieue en apparence. Nous ne trouvons que des calmes. Nous voyons un bastiment le long de la terre, qui court à l’est, et un navire au nord, à six lieues de nous, qui court à l'ouest sor-ouest à six heures du soir; nous remarquons que c'est le François, à qui les nords ont fait peur, dont on parle beaucoup en ce pays.
Le 4 janvier 1699, à midy, je suis par 19 degrez latitude nord et 300 degrez 30 minutes de longitude. Le cap Saint- Nicolas nous reste au nord-est un quart de sud. Nous voyons le bout de l’isle de Cube de l’est, ou du moins des
terres hautes. Du bout de cette isle, au nord-nord-ouest, à
plus de quinze lieues d’icy, toutes les terres que je vois de ces isles sont toutes montaigneuses et vilain pays en apparence. Les vents sont au nord-est, petit vent. Le François nous a rejoints. Nous trouvons que les courants nous portent fort viste. Levasseur, maistre du grand traversier, est fort mal, et un nommé Bourgeois, Canadien. J’en ay
deux d'aill Le l'oues nutes 19 dé longit vent.
large.
arides Le couru séque nutes du me que je voyior l'entré laquell en terr pays d de pro cuivre Elles s sont al viron.
Le latitud nutes de Pis
deux à bord aussy fort mal de la peste, et bien dix malades d'ailleurs des fièvres.
Le 5°, ces vingt-quatre heures, je trouve avoir couru à l'ouest 3 degrez 50 minutes; nord, quatorze lieues cinq minutes; par conséquent, je dois estre dans la latitude de 19 degrez 23 minutes nord et 299 degrez 44 minutes de longitude. Les vents ont esté au nord-est et est petit vent. Nous courons de l'isle de Cube à trois lieues au large. Les terres paroissent toujours montaigneuses et arides.
Le 6e, à midy, j'ay trouvé, par mes courses réduites, avoir couru à l’ouest 8 degrez; nord, trente-cinq lieues; par conséquent, je dois estre dans la latitude de 19 degrez 30 minutes et 207 degrez 57 minutes de longitude. A dix heures du matin, nous estions à trois lieues au sud de Saint-Jacques, que je trouve estre par 19 degrez 40 minutes nord. Nous voyions fort à clair les tours des murailles qui défendent l'entrée du hâvre, qui est une petite rivière, à l'entrée de laquelle les navires mouillent. La ville est à une lieue avant en terre sur le bord de la rivière; cet endroit paroist un plat pays d'environ quatre lieues de long de la mer, deux lieues de profondeur jusques aux montaignes. Les montaignes de
cuivre sont à l’ouest de Saint-Jacques environ quatre lieues.
Elles sont les plus hautes de ces environs. On prétend qu'elles sont abondantes et esloignées de la mer de trois lieues environ.
Le 7 Janvier, mes courses réduites me donnent de latitude arrivée 19 degrez 45 minutes et 296 degrez 30 minutes de longitude. Nous sommes à quatre lieues au large de lisle. Les terres sont toujours fort hautes et montai-
gneuses; la coste ne court que l'ouest. Il n'y a point de pointe qui mette dehors, à ce qui me paroist, Le vent a esté à l'est-nord-est. Nous vismes hyer au soir trois navires à trois lieues à’ l’ouest de nous, qui couroient au sud, comme s'ils alloient à la Jamaïque.
Le 8°, à midy, je trouve avoir couru à l'ouest, les vingtquatre heures, dix-huit lieues par estime, qui me donnent de latitude arrivée 19 degrez 37 minutes et 295 degrez 35 minutes de longitude. Ayant pris hauteur au soleil, la terre à deux lieues de moy pour horizon, j’ay trouvé 19 degrez 17 minutes; le cap de Crux me reste au nord-ouest à trois lieues. C’est une terre basse à ras d'eau, à voir de dessus le pont de trois lieues. Il paroist un navire mouillé dans l’ouest d'elle, environ à une lieue au large. Par toutes les cartes, le cap de Crux est marqué par 19 degrez ct 50 minues, et 19 degrez 45 minutes, et je ne le trouve que par 19 degrez 30 minutes au plus, de manière que la coste du sud de l’isle de Cube est marquée plus nord
qu'elle n'est de 15 minutes au moins. Je ne compte de
Saint-Jacques à ce cap de Crux que cinquante à cinquantccinq lieues, le cours ouest et ouest un quart sor-oucst. Je ne trouve point que toutes ces terres soient marquées par leur vraye longitude; c'est pourquoy je vais prendre mon départ et mon point de longitude du cap de Crux.
Le o°, par mes courses réduites, partant du méridien du cap de Crux et de ma latitude de midy, 19 degrez 18 minutes, je trouve avoir couru à l’ouest sor-ouest trente-quatre lieues, estre par conséquent dans la latitude de 19 degrez et 1 degré 46 minutes ouest du cap de Crux. A deux heures après midy, nous avons descouvert le Petit Cayman à l'ouest
nord envil par 2 de isle car Oo n'est sant demi qui ) faisoi quin cinq coure pas.
plus 4 qui es haute me di sor O!
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nord-ouest de nous, de dessus la grande hune, à six lieues environ. Je trouveray, par conséquent, selon mon estime, par 10 degrez 8 minutes la coste du sud et le bout est à 2 de 4 minutes ouest du cap de Crux. On estime cette isle par 19 degrez 30 minutes nord. Je ne sçay qu'en croire, car on estime le cap de Crux plus nord de 25 minutes qu'il n'est. Partant de trois lieues au large du cap de Crux, faisant le ouest un quart sor-ouest, je passe à deux lieues et demie de cette isle au sud, et M. de Chasteaumorant, à qui je venois de parler et demander à combien il s’en faisoit, me dit que cette isle leur restoit à l'ouest sor-ouest à quinze lieues, et nous l'avons trouvée à l'ouest nord-ouest à
cinq ou six lieues. Sur quoy il me dit que c’estoient les
courar*s qui les avoient portés au sud, ce que je ne crois pas. trouvé mon estime bonne en plaçant cette isle plus au sud à proportion des autres terres. M. de Graf, qui est expérimenté sur ces cartes là, m'asseure avoir pris hauteur dessus par 19 degrez 30 minutes nord, et avec cela me dit que cette isle est du cap de Crux à l'ouest un quart sor ou est quarante lieues, qui me donnèrent 24 minutes plus sud que le cap de Crux, n'estant qu'à 19 degrez 25 minutes ou 30 au plus. Il m'asseure avoir remarqué que les courants portoient à l'ouest nord-ouest ordinairement, ce qui peut donner une différence sur cette course de deux ou trois lieues plus nord, la faisant avec un bon vent, surtout les courants n'estant pas réglés ou connus.
Le 10°, à midy, ma course réduite me donne de latitude, arrivée, 19 degrés 55 minutes à ouest, du cap de Crux 3 degrez 16 minutes; les vents sont au sud-sor-ouest et sorouest en brouillards.
. Le rit, à midy, je trouve avoir couru ces vingt-quatre heures à l’ouest un quart nord-ouest dix-sept lieues et demie, qui me donnent de latitude arrivée, 19 degrez 45 minutes ct 4 degrez 12 minutes ouest de mon méridien. Les vents ont tourné du sor-ouest aux ouest et nord-ouest, nous sommes les deux ris pris dans nos huniers. J’ay ce matin embarqué ma biscayenne, je l'ay d'un bord et ma chaloupe de l’autre, le milieu du navire est libre.
Le 12°, à midy, mes courses réduites, ces vingt-quatre heures me donnent de latitude, arrivée, d'estime 20 degrez 4 minutes et de longitude ouest du cap de Crux 4 degrez 55 minutes. Les vents ont esté, ces vingt-quatre heures, du nord au nord-est, temps couvert comme dans l'automne en Canada; nous sentons un peu de froid, à prendre les camisoles d’estoffe pour celles de toile.
Du 12° au 13°, à midy, je trouve avoir couru nord-ouest 2 degrez 30 minutes nord, vingt-huit lieues un tiers; par conséquent je suis dans la latitude de 21 degrez et ouest de mon méridien de 6 degrez. Les vents ont esté au nordnord-est assez bon frais.
Le 14°, à midy, mes courses réduites me donnent de latitude, arrivée, 21 degrez 20 minutes et de longitude € degrez 15 minutes ouest du cap de Crux. À midy, je suis à une lieue et demye à l'est-sud-est du cap de Coriente, où j'ay pris hauteur de 21 degrez 18 minutes. A une lieue de terre, cette coste est toute plate, sans élévation depuis la baye Philippe jusqu’au cap Coriente, à ne les voir que de dessus le pont, la mer que de trois lieues et demie au plus, à une lieue à l’est du cap Coriente. Il y a une anse de sable blanc assez remarquable. Depuis le cap jusqu’à cette anse de sable,
la coste lippe, lé licues.
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Du ca licuc et baye, et du cap ny aq aller au 4 avons pe nord-oud à dix lie Du 15 lieue du grez 30 6 degre:
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la coste est et ouest, et depuis cette anse allant à la baye Philippe, la coste court le nord-est un quart d’est environ douze lieues. Le cap Coriente est une pointe basse, où il paroist un tas de pierres sèches les unes sur les autres, elevées de douze ou quinze pieds, sur laquelle il y a une croix où se tient une vigie en temps de guerre. Le rivage de la mer est un pays plat, de roche, peu de bois; à une lieue en terre il en parcist.
Du cap Coriente la coste court au nord-nord-ouest une lieuc et au nord-nord-est deux lieues et demye, qui fait une baye, et la terre court à l’ouest-sor-ouest jusques à deux lieues du cap Saint-Antoine, du cap de Coriente. Il me paroist qu'il n'y a que l’ouest ct ouest un quart sor-ouest à faire pour aller au cap Saint-Antoine environ dix ou onze lieues. Nous avons passé la nuit sans faire de chemin de beau vent d’estnord-ouest, le pilote du François se trouvant à terre et moy à dix lieues.
Du 15°, à midy à huit heures du soir hier, j'estois à une lieue du sud du cap Saint-Antoine par la latitude de 2r degrez 30 minutes, et de la longitude du cap de Crux de 6 degrez 45 minutes ouest; nous avons resté costé en travers toute la nuit, le François croyant doubler le cap. À sept heures du matin le cap nous restoit à l’est une licue. Ce cap, venant du cap de Coriente, se peut ranger à
demy lieue et moins jusqu'à une lieue de la pointe de Colorado, au large de laquelle il y a des hauts fonds à une lieue et cinq quarts de lieue au large, que l’on peut ranger à la sonde. Du cap Saint-Antoine à la pointe de Colorado la coste va en tournant du nord un quart nord-ouest au nord un quart nord-est, deux lieues et demye de l’un à l’autre; toutes
ces terres sont basses, il n’y a nul danger. Partant du cap Saint-Antoine la nuit, faisant le nord un quart nord-ouest, vous parez la pointe du Colorado, s'entend les basses, si vous craignés faire le nord-nord-ouest. A midy je suis par la latitude observée de 21 degrez 57 minutes et à la longitude ouest du cap Saint-Antoine, d'où je prends mon méridien de départ de cinq minutes : longitude, 21 degrez
57 minutes, latitude 5 minutes; le cap me reste au sud un quart sud-est neuf lieues. J’ay sondé à une lieue au sud du cap à cent cinquante brasses, point de fond. Les vents ont esté à l’est-nord-est. Je trouve le cap Saint-Antoine par 21 degrez 30 minutes nord, et il est marqué par toutes les cartes par 22 degrez.
Le 16°, je suis party latitude 23 clogrez 58 minutes ct longitude ouest du cap de 30 minutes. Les vents ont estc à l’est et nord-est, petit vent calme. Il fait tous les jours beau soleil et temps clair.
Jay observé la variation au soleil couchant et levant et ne la trouve qu'un degré nord-ouest.
Le samedy 17 janvier 1699, nos courses réduites me donnent de latitude, arrivée, 3 degrez 50 minutes nord et 36 minutes ouest du cap Saint-Antoine; le vent a esté du sud-est au sud, un petit vent et calme; beau temps, clair, sans nuage.
Le 18°, mes coursesréduites me donnent de latitude, arrivée, 24 degrez 56 minutes nord et 59 minutes ouest du cap Saint- Antoine. Les vents ont esté au sud-sor-ouest en beau temps, petit vent. J'ai sondé à deux cent quinze brasses d'eau sans trouver de fond.
Mes courses réduites, du 18° au 19° à midy, me donnent
de latit nutes q sor-Ou( à deux Mes tude, 42 mi ouest.
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de latitude, arrivée, 24 degrez 54 minutes et 1 degré 25 miautes ouest du cap Saint-Antoine. Le vent a esté au sud et sor-ouest, petit et beau soleil; un peu de nuages. J’ay sondé à deux cent treize brasses, point de fond.
Mes courses réduites, du 19° au 20°, me donnent de latitude, arrivée, d’estime 26 degrez 34 minutes, et 1 degré 42 minutes ouest, du cap Saint-Antoine 2 degrez 15 minutes ouest. Les vents ont varié de l’est à l’ouest par le sud en brouillards, pluyes, esclairs et tonnerre. Il y a venté assés bon frais, surtout à l’ouest-sor-ouest, à ne porter que le grand hunier et les deux basses voiles.
Le 22° janvier 1609, mes courses réduites me donnent de latitude, arrivée d'estime, 28 degrez 38 minutes nord, ct ouest du cap Saint-Antoine 2 degrez 18 minutes. Les vents de l'ouest ont calmé à minuit; la mer estoit assés grosse du sor-ouest et ouest. Nous voyions de gros goëlans blancs et gris et la mer couverte de petites galères. Il s’est élevé une petite brume du sur-ouest ct ouest, qui a couvert tout le ciel, et le vent a fraischi du sud-est. Petitvent. Nous ne trouvions point de fond à 200 brasses de ligne.
Le 23°, à midy, mes courses réduites me donnent de latitude arrivée, observée, 29 degrez 25 minutes nord, et de longitude de ouest du cap Saint-Antoine 2 degrez 20 minutes. Hier, à huit heures du soir, par 29 degrez, je sonday ct trouvay le fond cent soixante-dix brasses de six pieds la brasse, le vent au sud, embrumé; je mis costé en travers, dérivant au nord en deux lieues de dérive au nord-nordest. Je n'ay plus trouvé que cent huit brasses, fond de vase noire. A la pointe du jour, nous avons appareillé, le vent au nord-ouest et nord. J’ay fait le nord-nord-est et
l’est-nord-est, sondant d'heure en heure. Dans l’espace de cinq quarts de lieue de chemin à l’est-nord-est, l’eau a diminué de cent brasses à quinze brasses; le fond est vase
jusqu'à soixante-dix et de soixante-dix jusqu'à quarante,
vase sablard, et jusqu'à vingt-huit, sable pur fin, meslé de grains de toutes couleurs; à quatre heures et demye du soir, j'ay veu la terre au nord-est, à huit lieues de moy, en mouillant l’ancre. Je criay au Marin de chasser jusqu’à soleil couché, dessus, qui m'a dit avoir veu une pointe courir au ouestnord-ouest et est-sud-est. Il a sondé à vingt-huit brasses d'eau de cinq pieds la brasse; j’ay mouillé à vingt-huit brasses d'eau par la latitude de 20 degrez 39 minutes nord et 2 degrez 12 minutes ouest du cap Saint-Antoine. Après le jour couché, je remarquay des feux à terre au nord-ouest un quart de nord, à vingt lieues; je crois que ce sont des prairies que les Sauvages bruslent pour la chasse du bœuf dans ces saisons. Nous avons pesché trois rouges et deux requins.
Le 24° janvier 1699, à midy, je suis par la latitude de 30 degrez nord et 2 degrez 18 minutes. La terre me paroist rouge au nord, à deux lieues et demye, courant à l’est et à l’ouest, à la vue. Ce matin, à la pointe du jour, nous avons appareillé ; le Marin a arrivé à l’ouest-nord-ouest trois lieues sur le petit traversier qui n’avoit pas pu nous joindre. Je forçcay de voiles au nord-nord-ouest pour aller chercher la terre, le vent à l’est-nord-est. Je courus au nord-nord-ouest, neuf lieues. J’ay veu la terre du haut du mast à quatre lieues, et suis à dix-huit brasses d’eau, de six pieds la brasse. A midy, à dix-sept brasses, le fond de sable, gravier et vasard. A l’abord de ces terres on voit des dunes de sable
qui pa paroist une lieu Les ve vert d’ prairie nord di après terres, droit au mie det navires les a p moy. J’ vages s ne m’es Le 2!
latitude.
40 min pointe d Jordys, cap du à untie deux ce quelles baye o lieues, zière de il yade et demi
qui paroissent fort blanches; au nord de moy, il me paroist une moyenne rivière. J'ay couru le long de la coste à une lieue et demyede terre, par huit brasses d’eau, trois lieues. Les vents estoient du large. Le bord de la mer paroist couvert d'arbres assez hauts, derrière lesquels il paroist des prairies. Le feu que nous vismes hier au soir me reste au nord dans les terres, bien dix lieues. Je vois à quatre heures après midy, à trois lieues à l’est, environ troïs lieues dans les terres, deux grosses fumées au soleil couchant. Je mouillay droit au sud un quart sud-est du cap Blanc, à une lieue et demie de terre, par onze brasses, sable gris assez fin. Les autres navires et traversiers sont à une lieue au large, où le calme les a pris. Ma biscayenne a marché à demi-lieue à terre de moy. J’ay fait tirer un coup de canon pour attirer les Sauvages sur le bord de la mer, pour les voir demain, si le vent ne m'est pas bon pour faire route à l'ouest.
Le 25° janvier 1699, mes courses réduites me donnent de latitude, arrivée, 20 degrez 9 minutes nord et 2 degrez 40 minutes ouest du cap Saint-Antoine. Ce matin, à la pointe du jour, nous avons appareillé. J'envoyay le sieur Des Jordys, avec ma biscayenne, sonder l'entrée de la rivière du cap du Sable ou cap Blanc; j'avois approché avec le navire à un tiers de lieue à dix-brasses. Il m'a paru une entrée de
deux cents pas de large, barrée par deux battures, sur lesquelles il y a trois pieds d’eau. Le dedans paroist une grande baye ou lac salé, qui court à l’est-nord-est deux ou trois
lieues, et à ouest deux lieues; séparé de la mer par une lizière de terre, qui n’est que des dunes de sable sur lesquelles il y a des bois et paroissent joints à la terre ferme. A deux lieues et demie à l’ouest de l’entrée, il m'a paru encore une espèce
de lac séparé de la mer par des dunes de sable de cent à deux cents pas de large, avec des arbrisseaux dessus, surtout quelques pins peu hauts. De ces dunes à la terre ferme, il peut y avoir de largeuï du lac deux lieues. J’ay marché le long de ces dunes à une lieue au large, à neuf brasses d’eau, pendant quatre lieues, et la nuit m’a pris. Je mouillay à neuf brasses. Cette coste porte fort bonne sonde, à une lieue et demie, dix et onze brasses; à une lieue, neuf; à un tiers de lieue, huit ; à demy-lieue, sept; à un quart de lieue, cinq. La terre ferme, que je vois au delà de ce lac, paroist très belle, fort unie, couverte de grands bois, la terre assez élevée, à voir de dessus le pont de six lieues. Les vents ont esté à l’est. Sur l'après midy, le temps s'est changé et est devenu brumeux. Ces dunes de sable se peuvent facilement voir de dessus le pont de quatre lieues en beaucoup d’endroits. Dans les gros vents de sud-sud-est et sor-ouest, que la mer est grosse, elle passe sur les dunes de sable. Nous voyons quantité de goëlands sur le bord.
Le 26 janvier 1690, je suis à midy par la latitude de 30 degrez 7 minutes et 2 degrez 57 minutes ouest du cap Saint-Antoine. Il a brumé toute la nuit, nous n’avons pu appareiller qu’à sept heures du matin. Quoi qu’il brumast, je suivis la terre à un tiers de lieue au large par huit brasses, les deux traversiers et biscayenne marchant devant et à terre de nous à neuf heures; nous avons descouvert deux navires mouillés sur le lac et veu l'entrée d’une rivière. La brume espaississant, à ne pas nous voir, j'ay fait mouiller. A trois
Et US r heures après midi, elle s’est haussée, nous avons veu un pa-
villon à terre qui nous paroist blanc. Une ‘chaloupe est venue nous descouvrir ; on a tiré de terre plusieurs coups de canon;
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