‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 92 sur 504 · FÉVRIER 1699. RIVIÈRE DES PASCOBOULAS · texte numérisé non relu

FÉVRIER 1699. RIVIÈRE DES PASCOBOULAS

pour la sonder avec ma chaloupe, et que je reviendrois les joindre, que mon frère resteroit avec eux et trois hommes dans le canot d’escorce. Le chef des Bayogoulas me vint trouver, me dire qu'il alloit à la chasse aux bœufs et aux coqs d’Inde, et qu’il seroit de retour dans quatre nuits, où j'avois couché la première fois que je fus à terre, où nous festinerions les uns et les autres. Je partis pour aller à la rivière de Pascoboulas, où je ne pus gagner à cause du vent d'avant. Je relaschay, croyant les trouver encore pour les empescher d'aller à la chasse et les déterminer de venir avec moy à la branche de l’ouest, ne voyant pas que cette rivière de Pascoboulas fust assez grosse pour y avoir de l’eau à son entrée, qui s’eslargissoit trop. Je les trouvay partis ; je couchay cette nuit à terre.

Le 19°, à midy, je me rendis à :» rd avec tous mes gens, me préparer à partir pour la branche de l’ouest du Mississipy, à l’arrivée de ces Sauvages. Je pris ce jour-là seize barriques de vin de M. de Chasteaumorant, à cent cinquante livres, dix quarts de farine et quatre-vingt-dix-sept livres de beurre,

pour ne pas manquer de vivres, ne sçachant pas ce que je fe. rois à la coste.

Le 21°, à midy, il a paru deux fumées où j'avois donné le rendez-vous aux Bayogoulas; je leur fis tirer quatre coups de canon pour leur faire voir que je les voyois, quoyque ce ne devoit estre que demain.

Le 22 février, nous partismes, M. de Surgères et moy, pour aller au rendez-vous avec les deux biscayennes, où nous nous rendismes sur le midy. Nous n’y trouvasmes rien. Les fumées estoient des feux qui couroient dans les boys.

Le 23°, il fit un gros vent de nord très fort, à ne pas

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couru le couvert

FÉVRIER 1699. D'IBERVILLE VA VISITER LE MISSISSIPi 157

naviguer avec les chaloupes, qui a duré le 27° tout le jour.

Le 25°, M. de Surgères s'en est retourné à bord, et j’ay renvoyé mon frère avec le canot d’escorce à deux lieues du rendez-vous, voir s’il ne trouveroit point des nouvelles des Sauvages. Il en a trouvé deux et deux femmes; un est venu avec luy, qui estoit Annocchy, me trouver et a couché à nostre camp. Il m'a fait entendre que les Bayogoulas s’en estoient retournez et n’avoient couché que deux nuits avec eux, et qu’ils avoient fait des fumées, que nous avions veues, pour nous advertir qu’ils en estoient partys le matin, le vent estant bon pour eux pour aller à Malbanchya, n'ayant point de vivres.

Le 26°, j'ay renvoyé le Sauvage à sa cabanne et m'en suis venu à bord, après avoir donné ordre à MM. Desjourdys et La Villautrey, que M. de Surgères m'a envoyez dans les deux felouques, d'aller à six lieues à l’est visiter et sonder la rivière des Pascoboulas et de là se rendre à bord, où je me suis rendu à deux heures après midy et me suis préparé à partir demain.

Le 27°, je suis party des vaisseaux et deux canots d’escorce avec le sieur de Sauvolle, enseigne de vaisseau sur le Marin, et mon frère et le père Récollect et quarante-huit hommes, avec vingt jours de vivres, pour aller au Mississipy, que les Sauvages de ces quartiers nomment Malbanchya, et les Espagnols de la Palissade.

Les vents au sud-est en pluye et brumasse. Jay fait le sud pour aller à des isles qui y paroïssent, et, suivant la terre

tousjours à quatre et cinq pieds d’eau, par six lieues, j'ay

couru le long de l’isle de Sable et traversé des bayes et anses couvertes d'herbes et de joncs, sans bois. A sept lieues au

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