‹ Découvertes assyriennes: la bibliothèque du palais de NiniveChapitre 5 sur 9 · L^HISTOIRE · texte numérisé non relu

L^HISTOIRE

AiNTENANT quc nous sommcs initiés à la lecture des textes assyriens par les Assyriens eux-mêmes, les premiers livres que nous devons interroger dans la Bibliothèque que nous explorons sont ceux qui ont trait à leur histoire. Les grandes lignes de cette histoire nous sont déjà connues par la lecture des inscriptions murales. Nous savons par la disposition des inscriptions dans le palais de Khorsabad que l'histoire des rois d'Assyrie était écrite sur les murs de leurs palais. Les signes, d'une hauteur de quatre à cinq centimètres, étaient gravés avec beaucoup de soin et for-

maient des inscriptions de douze ou quinze lignes qui se développaient en larges bandes autour des salles. (Quelquefois l'écriture s'interrompait pour respecter les bas-reliefs comme à Khorsabad; d'autres fois, elle passait sur les sujets mêmes comme à Nimroud; parfois elle avait tout envahi, les pavés et les montants des portes ; on la retrouve entre les jambes des taureaux sculptés et jusque derrière les grandes dalles de gypse enchâssées dans la muraille.

Ces inscriptions ont été lues et explorées les premières. Nous avons, en 1863, publié avec M. Oppert la longue inscription des Fastes de Sargon ; depuis cette époque, tous les textes royaux ont été interprétés, de sorte que nous possédons aujourd'hui des documents suffisants pour nous faire déjà connaître les grands événements de l'histoire d'Assyrie, depuis l'origine de l'empire jusqu'au moment où nous la prenons ici. Le palais d'Assurbani-pal nous présente une autre disposition des textes historiques.

L'histoire de ce prince n'est pas, en effet, écrite comme celle de ses prédécesseurs, tout au

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long sur les murs de son palais, et on n'y voit que de courtes notices qui expliquent les principaux épisodes des sujets sculptés dans les salles, mais elle est plus longuement développée sur des monuments d'une autre nature.

Ce sont des barils ou dès prismes d'argile que l'on déposait dans les fondations du palais et dont on conservait des exemplaires dans les bibliothèques. Tous les rois d'Assyrie ont écrit leur histoire sur des monuments analogues :

Assur-bani-pal avait suivi la coutume de ses prédécesseurs et nous pouvons d'après ces textes reconstituer une partie de son histoire. On a trouvé dans les ruines du palais de Koyoundjik les fragments de quatre prismes à six pans en terre cuite ; ces prismes ont été brisés en un grand nombre de fragments au moment de leur découverte ; mais comme le même texte étaitrépété quatre fois, les fragments se sont complétés les uns par les autres ; par conséquent, il reste peu de lacunes dans l'ensemble de ce précieux document.

Voici, d'abord, les renseignements qui nous sont fournis par ces prismes :

Assur-bani-pal monta sur le trône d'Assjrrie du vivant de son père Assarhaddon (le 12 avril 667 av. J.-C.) et continua à affermir et à étendre les conquêtes de son prédécesseur.

Le texte comprend le récit des huit premières campagnes de ce souverain; il s'arrête au moment où l'empire était dans toute sa gloire et permettait au prince de s'occuper de la construction du palais même dans lequel on a trouvé les prismes; dés lors, il ne nous est plus permis de connaître le récit des événements postérieurs.

Dans sa première campagne, Assur-bani-pal s'avança vers le pays d'Egypte et de Méroë pour poursuivre les conquêtes d' Assarhaddon son père ; une révolte venait d'éclater ; il parvint à la comprimer et à s'établir de nouveau en EgyptQ, Dans la seconde campagne, il poursuivit le cours de ses succès et pénétra jusqu'en Ethiopie. La troisième campagne fat dirigée contre Tyr d'une part et contre la Lydie de l'autre ; la quatrième contre la Susiane et la cinquième contre le pays de Gamboul.

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