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Chapitre IL — La monnaie et la raine des anciens capitalistes

Les altérations des monnaies par les rois n'ont eu aucune influence sur le prix des marchandises dans le commerce. — Des deux sortes d'altérations : sur la nature du métal, sur sa valeur en livres. — Il est faux que le Système de Law ait influé sur les prix; les prix ne varièrent pas à cette époque. — Croyance des gouvernements à un « fuste rapport » entre l'or et l'argent. — Lutte bouffonne entre l'Etat et le public. — Par la force des choses, toutes les anciennes fortunes mobilières sont tombées en poussière. — Action combinée de la dépréciation de la livre tournois, de la diminution du pouvoir d'achat de V argent et de la baisse du taux de l'intérêt. — Une somme de mille francs de l'an 1200 est aujourd'hui réduite à 3 fr. 70 c. — Capitalistes mobiliers tous par conséquent de date récente. — Les allées et venues des familles du haut en bas et du bas en haut de l'échelle sociale. — Opinions « rétrogrades » et « avancées », également fausses devant l'histoire. — Illusion d'optique sur Vancienne aristocratie. — Erreurs sur le chiffre des parvenus ancien? et modernes.

Le servage, les hommes et femmes « de corps ». — Embrasser la serrure de son propriétaire. — Le respect, immeu-

Tablé nrs matières 3*25

Pages ble par destination. — Paix et trêve de cent un ans entre un portefaix et un laveur de Laine. — Il nest pas exact que le servage différât de l'esclavage antique. — Le serf n'est pas nécessairement attaché à la terre. — Beaucoup de serfs personnels et mobiliers. — On les vend, on les donne, on les échange individuellement à son gré. — Pourquoi et comment le servage disparut. — Ce fut un phénomène purement économique, nullement moral ni religieux; encore moins politique. — On donne à la fois aux 'serfs la liberté et la propriété. — Le sol concédé aux paysans par contrat spontané et non par violence. — Le « droit d'attrait », escroquerie chevaleresque. — Défense d'aller à la cléricature, obligation de faire souche. — L'esclavage pur et simple des étrangers subsiste dans le midi jusqu'au XVP siècle. — Formes de l'aliénation à cens. — Presque toute la terre noble ou ecclésiastique glisse en roture et y reste. — Pendaiit la seconde partie du Moyen Age, les nobles ne peuvent plus acquérir la terre roturière, tandis que les roturiers peuvent acquérir la terre noble.

Tenures intermédiaires entre la vente à cens et le prêt moderne de la terre à court terme. — Elles sont plus favorables au bailleur. — Domaine congéable. — Emphytéose.

— Toutes fort atteintes et la plupart résiliées par la Révolution. — Le juveigneur en Bretagne. — Le « mauvais gré » en Picardie. — Baux à vie et « baux à trois vies ».

— Au XVIIP siècle les baux se réduisent à six et neuf ans. — Les prétentions du propriétaire augmentent; sa part dans le produit net du sol devient plus grande aux temps modernes. — La condition du fermier empire.

Les laboureurs, qui passent pour routiniers, sont de perpétuels novateurs. — Adaptations successives d'une même terre. — Morcellement prodigieux du sol au XV siècle. — Mouvement de concentration depuis le milieu du XVP siècle. — Comparaison à chaque époque du rendement de la terre avec son revenu. — Révolution des assolements. — Mauvais outils ruraux. — Les salaires étaient bas et la main-d'œuvre des labows et moissons était chère. — A aucune époque la terre n'a été mieux cultivée et la condition du paysan n'a été pire quù la fin de l'ancien régime.

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Chapitre V- — Le socialisme d'hier et l'extension récente de la propriété individuelle 63

Changement d'appréciation, des temps féodaux aux modernes, sur les choses qui peuvent être possédées, sur les formes et les degrés de la possession. — le travail propriété collective, non individuelle : bouchers et hôteliers communaux. — Propriétés privée et politique, anciennement confondues. — Formalités solennelles des prises de possession. — Droits d'usage sur la superficie boisée, pour pâture, chauffage, charpente, meubles et ustensiles.

— Procès aux temps modernes. — Les usagers et le nupropriétaire au XVIII' siècle. — Propriété du bétail est entière; propriété du sol est restreinte. — Le maître d'une prairie n'est chez lui que pendant trois mois et demi par an. — // n'a droit qu'à la première récolte du foin. — La jouissance collective regardée comme nécessaire pour le bétail. — Les jachères obligatoires. — Défense d'employer la faux pour les pailles; on les coupe à mi-hauteur.

— Glanage légal. — Les vaches ne donnent de lait que pendant six mois par an. — Maigreur des bestiaux, révélée par la comparaison des prix du bétail sur pied avec ceux de la viande au détail. — Bestiaux à demi sauvages.

— La graisse est rare et le cuir abondant, d'où les chandelles chères et les souliers à bon marché.

Chapitre VI. — La vaine pâture et la liberté de la chasse disparaissent. 80

Transformation de la vaine pâture, aux temps modernes.

— Au XVIII* siècle commencent les prairies artificielles.

— On met les luzernes en « défens ». — Le regain est réservé aux propriétaires. — Restes de communisme pour les animaux reproducteurs. — Le berger communal. — Avec la propriété flottante et relâchée du Moyen Age le non-possédant était chez lui à peu près partout; aux temps modernes il ne sera plus chez lui à peu près nulle part. — Le droit exclusif de chasse pour la noblesse était d'institution récente. — La chasse, souvent obligatoire au Moyen Age pour le seigneur, était libre pour tout le monde. — La dépossession du paysan est contemporaine des progrès de l'agriculture. — Ses réclamations, pour maintenir son droit, en diverses provinces. — Un édît forestier de

Pages Louis XIV défend aux roturiers de chasser sur leurs propres biens. — Comment V abolition des droits {éodaux par la Révolution de 1789 touchait peu la classe des travailleurs ruraux. — Souvent même cette classe y perdit.

— Certaines familles nobles, n'ayant pas émigré, se trouvèrent au contraire enrichies par la Révolution. — Avantages de Vozuvre révolutionnaire : elle affranchit la prih priélé de ses entraves.

Prix actuels de Vhectare de terre en France. — Dm A77* au X1W siècle la terre triple de valeur. — Les prix de Philippe le Rcl sont les plus hauts de tout le Moyen Âge.

— Ils s'appliquent à une petite quantité de terres. — Baisse de la terre aux XIV* et XV siècles; ses causes successives. — Les inventaires à la fin de la Guerre de Cent ans. — Retour à la barbarie. — Hausse des biens-fonds au XVI' siècle. — Les prix élevés des denrées. — Renaissance agricole sous Henri IV. — Sous Richelieu la terre baisse et le blé augmente; le contraire se produit sous Colbert. — La hausse des terres n'a aucun rapport avec la prospérité de la nation. — Crise foncière à la fin du règne de Louis XIV. — Le prix de 1.000 francs Vhectare est atteint sous le ministère de Flcury. — Valeur des prés; rapport ancien et moderne de leurs prix avec celui des terres labourables. — Histoire de la culture des vignes. — Prix des vignobles par provinces. — Prix des bois; leur diversité. — Comparaison, depuis le Moyen Age jusqu'à nos fours, de la destinée des propriétaires de biens meubles et immeubles. — La propriété foncière en 1790 et en 1910. — Exemple de fluctuations de prix de quelques domaines.

Les anciens édifices privés ont presque totalement disparu.

— Le sol parisien haussé de valeur de 1 à 500, depuis le XIII' siècle. — La hausse des maisons n'est que de 1 à 38.

— Prix du mètre carré près du Louvre, faribourg Saint- Marcel, au Châtelet, rue de V Ancienne-Comédie, à Vaugirard, faubourg Montmartre, près de la Madeleine, près du Luxembourg , rue de Université, etc. — Le gouvernement de Louis XIII s'oppose aux agrandissements de Paris. —

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Terrain, près le boulevard Montmartre, de 1234 à 1637. — Histoire de 2 hectares 70 ares, sur remplacement de l'Opéra, de 1380 à 1775. — Baisse de prix du XIII* au XVe siècle; hausse depuis le XVI' siècle. — Prix des maisons de Paris, rue Notre-Dame, rue Pavée, rue Saint- André-des-Arls, rue Vieille-du-Temple, Place Royale, rue Saint- Honoré, rue Richelieu, Place Vendôme, rue de Tournon, rue. Saint-Jacques, rue de la Chaussée-d'Anlin, etc. — Loyers d'un chanoine, de la comtesse d'Artois, d'un apothicaire, d'un pelletier, d'un charpentier, d'un épicier, d'un savetier, d'une « femme amoureuse » de « chambrcl- 'es à fillettes ». — Prix des hôtels de Condi, d'Effiat, d'Epcrnon, de Longueville, de Polier-Blérancourt, de la maison de Poquclin, père de Molière, de l'hôtel de Bourgogne. — Loyers de l'Ambassadeur d'Angleterre, du collège Sainte-Barbe, de Mm° de Coislin, du baron de Talleyrand. — Prix global du Paris ancien comparé au Paris actuel.

Ce qu'on doit appeler « villes » de 1200 à 1800, n'est pas ce que nous entendons auiourd'hui par ce mot. — Rapport, ancien et actuel, du prix moyen d'une maison de province avec celui d'une maison parisienne. — Prix et loyers des maisons à Rouen, Soissons, Vitry-le-François, Montpellier, Montélimar, Beaucaire, Tours, Evreux, Orléans, Troycs, Rennes, Perpignan, Gray, Nantes, La Rochelle, Lille, Dijon, Clermont-Ferrand, Limoges, Tulle, Versailles. — Peut des châteaux forts. — Loyers de maisons d'école, de mairies, de lupanars, de casernes de gendarmerie, d'auditoires de bailliage. — Changement des constructions au XVIP siècle. — Vente de la « Maison Carrée » et Nimcs. — Loyer du Sire de Coucy à Orléans, du comte d'Egmont à Arras, du duc de Créqui à Grenoble, du comte de Tressan à Boulogne-sur-Mer, de cardinaux à Avignon, d'un évoque, d'un sénéchal, d'un prolcsseur, d'un médecin, d'un libraire, d'un boucher, d'un imprimeur, du bourreau, d'un chapelier, d'un drapier. — Loyer de chambres et de boutiques. — Loyer de maisons villageoises à Courbcvoie, Colombes, Gonesse. — Loyers en Languedoc, Saintonge, Normandie, Dauphiné, etc. — Moyennes des loyers de paysans du XVI' siècle à nos jours.

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Uhisloirc des salaires est l'histoire des quatre cinquièmes de la nation. — Seuls ils révèlent Vintimité des petits loyers. — La journée du manœuvre, mesure universelle des prix du travail. — Féodalité ouvrière; fief de vacher ou de vigneron. — Inconvénients du système; ces conventions cessent de plaire par suite du mouvement perpétuel des prix. — On les rachète. — Prix du travail libre; pourquoi il est bien payé au XIII* siècle. — Faucheurs, journaliers, porteurs d'eau. — Hausse des salaires au XV siècle. — La journalière rurale. — Nombre des bras dans les campagnes. — Le travailleur à la lin du XVI' siècle, n'a plus que la moitié de ce qu'il avait cent ans plus tôt. — Le domestique autrefois était moins payé que le manœuvre; c'est le contraire de nos jours. — Motifs de celle différence. — Gaffes des servantes. — La « bonne à tout faire » est, au point de vue du salaire, celle qui a le plus profilé de la civilisation. — Légende sur les domestiques du temps passé. — Ils n'étaient ni meilleurs ni pires que ceux d'aujourd'hui. — Plaintes contre les serviteurs aux XIV, XVI' et XVII' siècles. — Leur inconstance. — Les laquais.

Les corporations n'ont pas exercé d'influence sur le prix du travail, ni aux temps féodaux, ni dans les derniers siècles. — Les ouvriers de métier ont subi les mêmes vicissitudes que les manœuvres. — Ni la puissance des rois, ni la coalition des intérêts ne sont parvenus à maîtriser la valeur de la main-d'œuvre. — Preuves de ce qui précède.

— Proportion, identiquàà celle de nos jours, entre les salaires des métiers jurés et ceux des journaliers ruraux. — Pléthore et disette de certains corps d'état. — Les corporations se multiplièrent aux XVI' et XVII' siècles, quand le prix du travail diminuait. — Durée et prix de l'apprentissage. — Nombre annuel des jours de travail autrefois.

— Loisir volontaire et chômage forcé. — Rapport du salaire des hommes à celui des femmes. — Inconvénients de la restriction du travail féminin. — La Révolution de 1780 ne fit pas augmenter les salaires. — Ils n'étaient pas

rages I plus avantageux en 1850 qu'en 1789. — Résultai des découvertes scientifiques depuis le milieu du XIX' siècle.

— Est-il possible de faire du pain avec des lois? — Le bien-être n'est pas du domaine de la politique, même dans une démocratie.

la soi-disant « loi d'airain » n'a {amais existé que dans l'imagination de quelques écrivains. — Chaque sorte de dépense a varié de la façon la plus diverse. — Leur importance respective dans le budget d'une famille. — La nourriture en représentait les trois cinquièmes; le pajn, à lui seul, absorbait le quart des débours annuels. — La question du pain tenait une place dominante parmi les préoccupations de nos aïeux. — Changement du pain noir en pain blanc. — Variations du simple au quadruple des prix du blé, d'une année à l'autre. — Les salaires évalués en froment. — La France exportait du blé sous Louis XIV, bien qu'elle en manquât. — La qualité du pain ne s'améliore pas de Henri IV à Louis XVI. — Rapport des prix du froment à ceux de la viande. — Salaires journaliers évalués en grammes de bœuf ou de porc, du XIII' au XVIII' siècle. — Le peuple doit renoncer à la viande au XVI' siècle. — Prix du lait, du beurre et du fromage. — Prix du vin; le nouveau plus cher que le vieux. — Plantations et arrachages successifs des vignes. — Prix du poisson, des œufs, de l'huile, du sel, des légumes. — Prix de V habillement; salaire évalué en drap. — Prix du linge. — Au XVIII' siècle la matière première augmentait et le prix des façons baissait. — Révolution inverse depuis cent ans. — Coût du chauffage. — Prix de l'éclairage.

Trois périodes : travail asservi, libre, despote. — Ancienne réglementation gigantesque et infinie. — Les ordonnances observées seulement dans la mesure où elles sont d'accord avec les mœurs. — Changement récent d'attitude de l'argent vis-à-vis du travail manuel. — L'Etat protégeait Vagriculture et l'industrie, non les paysans et les ouvriers.

— Toutes mesures prises en faveur des employeurs plutôt que des employés. — Grèves et « monopoles » des ou-

Pages vriers. — Métiers fermés seulement en apparence. — Les « lettres de maîtrises » et Vaccession au patronat. — Prohibitions corrigées par des privilèges. — Ce régime n'a influé en fait ni sur la transformât ion du matériel, ni sur le salaire des ouvriers, ni sur le prix des marchandises. — Socialisme professionnel en lutte avec le socialisme municipal. — Entraves au commerce; les lois pour et contre la spéculation. — Les foires, bazars ambulants d'une population immobile. — Ce n'est pas la liberté qui a suscité la grande industrie. — Rapports anciens entre la population et les subsistances. — La vie humaine peu respectée et les bras de l'homme très chers. — Rapports de la population avec les salaires.

Les richissimes d'aujourd'hui six fois plus riches et douze fois plus nombreux que ceux de l'ancien régime. — Trois sortes d'opulences de 1200 « 1900. — L'avoir global des Français monte à 235 milliards de francs. — La croissance de celte fortune est récente; elle a quadruplé depuis soixante-quinze ans. — Répartition de la fortune entre les citoyens. — 85 p. 100 de la population capitaliste ne possèdent que 13 p. 100 du capital. — 95.000 familles en possèdent 45 p. 100. — Anciennes fortunes des rois saint Louis, Charles VII, François I", Louis XIV. — Fortunes de Richelieu, de Mazarin. — Détail de la richesse de Jacques Cœur. — Budgets du duc de Bourgogne, du comte de Savoie, du Dauphin de Viennois comparés à ceux de nos grands industriels et commerçants actuels. — Fortune des « traitants » et financiers des XVII" et XVIII' siècles. — Concini, Zamet, le duc d'Epcrnon. — Pensions du beau Dunois, du comte d'Angoulème. — Fortunes des grands seigneurs; revenu des duchés. — Dots des princesses du XIII' au XVI' siècle, des filles de maisons chevaleresques, de gens de robe et de bourgeois modernes. — L'inégalité augmente entre les fortunes; plus les hommes courent plus ils s'espacent.

L'Argent est maître chez lui. — Cette indépendance s'étend au prix des hommes. — L'Argent n'est maître que chez lui. — Il peut être confiné dans son domaine. —■ Disjonc-

P8ges tion opérée de nos jours entre la richesse, la puissance et les honneurs. — Les traitements, bénéfices et honoraires forment, avec les salaires, une recelte double du revenu des capitaux. — Soldes militaires depuis le Moyen Age. — Appointements des professeurs, des magistrats, des fonctionnaires civils. — Les emplois privés beaucoup plus nombreux et mieux rétribués de nos jours que ceux de VElal. — Les maréchaux de la Nouveauté. — Les directeurs de sociétés industrielles. — « Actionnaires » et « obligataires » de la vie. — Honoraires des médecins. — Un grand médecin supérieur à un simple ministre. — Honoraires des avocats. — Evolution entre la magistrature et le barreau. — Goût de la chicane aboli de nos ' jours. — Bénéfices des gens de lettres. — Le profit de V homme de lettres ne dépendait pas nécessairement jadis du genre de ses travaux. — Ce qui a crée la lecture universelle n'est pas Venseigncmcnl universel, mais le bon marché des imprimés. ■ — Pourquoi les honoraires des auteurs dramatiques ont augmenté.

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