Chapitre XIII. — Rapports de l'État avec le travail
Trois périodes : travail asservi, libre, despote. — Ancienne réglementation gigantesque et infinie. ■ — Les ordonnances observées seulement dans la mesure où elles sont d'accoid avec les mœurs. — Changement récent d'attitude de l'argent vis-à-vis du travail manuel. — L'Etat protégeait l'agriculture et l'industrie, non les paysans et les ouvriers. ■ — Toutes mesures prises en faveur des employeurs plutôt que des employés. — Crèves et « monopoles » des ou-
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viiers. — Métiers lermés seulement en apparence. — Les « lettres de maîtrises » et l'accession au patronat. — Proliibitions corrigées par des privilèges. — Ce régime n'a influé en fait ni sur la {ransformation du matériel, ni sur ^ le salaire des ouvriers, ni sur le prix des marchandises. — Socialisme professionnel en lutte avec le socialisme municipal. — Entraves au commerce; les lois pour et contre la spéculation. — Les foires, bazars ambulants d'une population immobile. — Ce n'est pas la liberté qui a suscité ta grande industrie. — Rapports anciens entre la population et les subsistances. — La vie humaine peu respectée et les bras de Vhomme très chers. — Rapports de la population avec les salaires.
Les richissimes d'auiourdliui six fois plus riches et douze fois plus nombreux que ceux de Vancien régime. — Trois sortes d'opulences de 1200 à 1900. — L'avoir global des Français monte à 235 milliards de francs. — La croissance de celte fortune est récente; elle a quadruplé depuis soixante-quinze ans. — Répartition de la fortune entre les citoyens. — 85 p. 100 de la population capitaliste ne possèdent que 13 p. 100 du capital. — 95.C00 familles en pos' sèdent 45 p. 100. — Anciennes fortunes des rois saint Louis, Charles MI, François F', Louis XIV. — Fortunes de Richelieu, de Mazarin. — Détail de la richesse de Jacques Cœur. — Budgets du duc de Bourgogne, du comte de Savoie, du Dauphin de Viennois comparés à ceux de nos grands industriels et commerçants actuels. — Fortune des « traitants » et financiers des XV IF et XV II F siècles. — Concini, Zamet, le due d'Epernon. — • Pensions du beau Dunois, du comte d'Angoidème. — Fortunes des grands seigneurs: revenu des duchés. — Dots des princesses du XIIF au XVF siècle, des filles de maisons chevaleresques, de gens de robe et de bourgeois modernes. — L'inégalité augmente entre les fortunes; plus les hommes courent plus ils s'espacent.
L'Argent est maître chez lui. — Cette indépendance s'étend au prix des hommes. ■ — L'Argent n'est maître que chez lui. — // peut rire confiné dans son domaine. — Disjonc-
tion opérée de nos jours entre la richesse, la puissance et les honneurs. — Les traitements, bénéfices et honoraires forment, avec les salaires, une recette double du revenu des capit-aux. — ■ Soldes militaires depuis le Moyen Age. — Appointements des professeurs, des magistrats, des fonctionnaires civils. — Les emplois privés beaucoup plus nombreux et mieux rétribués de nos jours que ceux de l'Etat. — Les maréchaux de la Nouveauté. — Les directeurs de sociétés industrielles. — « Actionnaires » et « obligataires » de la vie. — Honoraires des médecins. — Un grand médecin supérieur à un simple ministre. — Honoraires des avocats. — Evolution entre la magistrature et le barreau. — Goût de la chicane aboli de nos jours. — Bénéfices des gens de lettres. — Le profit de Vhomme de lettres ne dépendait pas nécessairement jadis du genre de ses travaux. — Ce qui a créé la lecture universelle n'est pas l'enseignement universel, mais le bon marché des imprimés. — Pourquoi les honoraires des auteurs dramatiques ont augmenté.