XI
de dissiper les erreurs que je voyais avec tant de peine s'accréditer de plus en plus dans le jugement de mes contemporains, tant nationaux qu étrangers. Il se peut que l'on soit encore quelque temps à refuser de reconnaître la justesse de mes observations ; mais pour ce qui est de moi, ma conviction sur les trois points capitaux que j'ai traités est maintenant complète, et j'ai foi dans l'avenir. En plaçant mon livre dans les bibliothèques des principales sociétés savantes de l'Europe, je ne doute plus du succçs qui lui est réservé. Les opinions que j'ai soutenues touchant la position de Troie, l'identité du tombeau . d'Achille et la nature du métal qui servait dans l'âge héroïque, chez les Grecs, pour la confection des armes et armures, ces opinions prévaudront un jour , j'en ai la persuasion intime. Un peu plus tôt, un peu plus tard, on leur rendra justice, et déjà par anticipation je jouis de cette justice, car je suis de ceux qui croient au triomphe plus ou moins tardif, mais immanquable, de la raison et de la vérité.
J'ai l'honneur, etc.
Lettre adressée^ en réponse, à l'auteur par S. E. M. le duc de Serracapriola , ambassadeur de S. M. Sicilienne.
Monsieur ,
Je me suis empressé de faire parvenir au roi mon maître votre lettre et l'exemplaire relié de la nouvelle édition de l'ouvrage sur la Grèce que vous venez de faire paraître , et je me suis fait un devoir en même temps de donner les éloges qui sont dus aux découvertes importantes pour la littérature
classique qu'il contient , et au noble désintéressement avec lequel vous en avez bien voulu faire hommage à Sa Majesté Sicilienne.
Le roi , ainsi qu'il était à prévoir^ appréciant le mérite des recherches savantes auxquelles vous avez consacvé vos études et les honorables sentiments qui vous animent, a daigné agréer l'offre du livre que vous lui avez faite pour sa bibliothèque particulière^ en m'ordonnant de vous donner l'assurance la plus complète de sa satisfaction royale.
Je suis charmé , Monsieur , de pouvoir être l'organe de cette communication qui rend justice à vos lumières ainsi qu'à votre estimable caractère, et je vous prie d'agréer les sentiments d'amitié et de considération très-distingués avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monsieur,
Paris, Le 2 avril 1642.
Votre très-dévoué serviteur ,
Duc DE SERRAGAPRIOLA,