FEUX D'ARTIFICES
d'un cylindre de carton étranglé et ficelé à Tune de ses extrémités. L'axe de la fusée est creux et porte le nom iïâme : c'est là qu'on introduit la mèche ou étoiqiille. La cartouche
Fig. 21. — Houle à fus'n volante.
se charge au moyen d'un refouloir également creux suivant son axe, et pendant l'opération l'àme de la fusée est maintenue par un petit cylindre en bois de même diamètre. La poudre, quand elle prendra feu, produira une force de recul qui entraînera le système dans l'espace. On attache une baguette à la fusée pour déplacer le centre de gravité et amener l'ascension droite. On termine cette fusée motrice par les garnitures aux pièces brillantes auxquelles elle doit mettre le feu à l'extrémité de sa course.
L'emploi des baguettes n'est pas sans danger, souvent elles blessent les spectateurs en tombant perpendiculairement d'une grande hauteur. Pour obvier à cet inconvénient, M. Ruggieri fils a imaginé de les remplacer par des ailettes coniques, contenant des matières explosives qui éclatent au terme dè la course et les détruisent.
Les garnitures qui accompagnent les fusées sont généralement des étoiles et des pluies de feu. Les étoiles blanches se composent de 16 parties de salpêtre, 7 de soufre, 4 de poudre à tirer ; les étoiles avec pluie d'or de 8 parties de salpêtre, 4 de soufre, 4 de poudre à tirer, 1 de charbon, et autant de noir de fumée.
Au lieu d'une seule étoile, on voit des fusées qui en laissent échapper plusieurs ; on les connaît déjà de nom, ce sont les chandelles romaines. Dans ce cas les étoiles consistent en des rondelles de pâte d'environ un centimètre de rayon, peroées au centre et dont la compo-
Fi fnm'p7ta ( rd ,pes ^* on est ^ P art * es ^ e sa ^F trc » i d e soufre et 1 de poudre à tirer : une de ces rondelles est
introduite dans la cartouche au-dessus d'une couche de poudre à tirer; on met par-dessus un mélange spécial de 2 parties de salpêtre, 1 de soufre et 1 de charbon, qu'on recouvre d'une nouvelle rondelle, en observant la même marche jusqu'à ce que la cartouche soit pleine.
Fig.
Pétard tournant.
Fig. 24.
IVtard tournant.
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Saucisson volant.
Les serpenteaux consistent simplement en de petites fusées, dont la cartouche est faite le plus souvent avec des cartes à jouer et repliées plusieurs fois sur elles-mêmes. A chaque changement de direction, la force change de sens et fait serpenter la pièce.
FKlïX ir.MITIFir.K.
Le pétard est formé de poudre à tirer ordinaire, enfermée dans une cartouche étranglée aux deux bouts.
Le marron est une boîte ronde ou rectangulaire en carton
» Fig. 26. — Marrons.
solide, qu' on a chargée comme les pétards, mais avec de la grosse poudrejces deux pièces sont l'une et l'autre tout à fait accessoires.
Les gerbes de fusées sont produites à l'aide de pots à feu. Ce sont de grandes car touches jouant le rôle de petits canons que l'on bourre de fusées et de serpenteaux.
Quand on met le feu à la cartouche, la poudre envoie dans l'espace les fusées et les serpenteaux, qui éclatent en route Les saumons de loup sont construits sur les mêmes principes.
Le mouvement des artichauts est facile à saisir : la poudre est renfermée dans un cylindre plat; la base inférieure du cylindre porte 4 trous et la surface latérale deux trous opposés ; le jet, en s'échappant par les orifices inférieurs, donne à la cartouche U11 mouvement ascendant, et Saucissons volants.
par les orifices latéraux un mouvement de rotation horizontale.
A ces pièces aériennes succèdent bientôt des pièces fixes ou qui se meuvent sur place.
Pour produire des mosaïques, on fixe à des poteaux dis-
tancés d'un mètre environ des fusées dont les jets de couleurs différentes se croissent quatre par quatre.
Les soleils fixes sont composés de fusées divergentes dont les jets simulent des rayons ; les gloires en diffèrent en ce que les extrémités des fusées ne se trouvent pas sur la môme circonférence de cercle , mais sont disposées de manière à former des étoiles, des croix de Malte, etc. Les éventails, les pattes d'oie s'obtiennent par des procédés analogues.
11 existe deux sortes de soleils tour-
Fig. 28. — Mosaïque.
nants : les uns sont formés de fusées sécantes a la circonférence d'une roue mise en mouve.nent par un poids. Les autres consistent en une cartouche long ;e et étroite, roulée plusieurs fois sur elle-même : ces soleils, qu'on trouve même dans le commerce sous de petites dimensions, se fixent par le centre à un clou planté horizontalement dans un mur ou dans un poteau; il suffit d'enflammer l'extrémité extérieure de la cartouche pour que la pièce prenne un mouvement circulaire, dii au recul. Ces soleils communs renferment iG parties de poudre à tirer et 5 de charbon. La composition des soleils radiés est i6 parties de poudre, 1 de charbon, 2 de mica.
Les étoiles fixes, qui diffèrent peu des soleils, se construisent d'une manière fort simple. On ferme par les deux extrémités une cartouche cylindrique, et, après y avoir introduit la composition voulue 1 , ou perce dans un même plan per-
1 On peut adopter les formules suivantes :
Étoiles ordinaires. Salpêtre 8. soufre A, pulvérin 3, antimoine 1, cristal pilé 2. Étoiles brillâmes : Salpêtre 8. plus i partie de jjomme et 1 de limaille de zinc , Ou lûen : Salpêtre 12, soufre 6, pulvérin U, antimoine 1.
FEUX D'AI&TIFICE.
pendiculaire à l'axe de la cartouche cinq trous, qui laissent échapper autant de jets lumineux.
Fig. 29. — Soleil tournant. Fig. 50. — Fontaine finnoise.
En disposant horizontalement des fusées fixes on forme des cascades et des fontaines de feu.
Ce qui souvent étonne le plus dans les feux d'artifice, c'est la régularité avec laquelle on arrive à représenter des monuments, des lettres, des emblèmes, etc. Deux sortes de pièces concourent à produire ces décorations, ce sont les lances et les cordes de couleur.
Les lances sont de longues fusées en papier, très-minces et sans étranglement : elles portent une étoupillé ou mèche et sont composées de manière à brûler lentement, mais avec une vive lumière. On les fixe à des charpentes représentant des morceaux d'architecture ou des allégories, et d'autres tableaux variés selon le goût de l'artificier.
Les cordes de couleur, destinées à figurer les courbes corn-, pliquées, sont formées de coton légèrement tordu monté sur un fil de fer. Pour rendre ce coton très-combustible, on le
DÉf.or VERTES ET INVENTIONS.
plonge clans un mélange de 2 parties «le salpêtre, 16 de soufre, \ d'antimoine et i de gomme arabique.
Pour représenter un paysage, on en établit la carcasse en lil de fer ou en bois, puis on enroule autour des mèches trempées dans le mélange suivant: 4 parties de vert-de-gris, 2 de sulfate de cuivre, l de- sel ammoniac.
Ces trois substances, imbibées desprit-dc-vin, sont triturées ensemble et mêlées le plus intimement possible.
Le bouquet classique est produit par la combustion simultanée d'un grand nombre de fusées volantes, avec des garnitures de toutes sortes. Les fusées placées verticalement dans des caisses ouvertes par le haut, communiquent, grâce A une disposition spéciale, à la même étoupille.
Par suite de nombreux perfectionnements, on voit figurer aujourd'hui dans les feux d'artifice presque toutes les couleurs de l'nrc-en-ciel. Voici un tableau renfermant les plus usités.
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