PREFACE
Pourquoi, nous a-t-on demandé souvent, ne pas présenter, sous une forme concise, un tableau des principales découvertes modernes?
Tout le monde, maintenant, soit par nécessité, soit par goût, désirerait se rendre un compte exact des inventions qui font la gloire de notre époque.
La science s'est glissée un peu partout dans la vie privée, comme dans l'industrie. De toutes parts, la curiosité est éveillée par les merveilles contemporaines. Tout est sujet à interrogation. En chemin de fer, en mer, dans nos usines, dans nos appartements, les questions abondent. L'homme du monde n'a pas le temps d'aller puiser dans les livres techniques des renseignements, d'ailleurs écrits pour les hommes spé-
VILLE DE LYON IUwUqUl du Calais desArfe
il PIlfiFACE.
ciaux. Il ne comprend pas et passe outre. Ce qu'il voudrait, c'est une réponse rapide, un éclaircissement immédiat.
La locomotive qui l'entraîne, ces accessoires que Ton aperçoit le long de la voie, la télégraphie, les puissants moteurs qui entraînent nos vaisseaux sur l'Océan, l'artillerie moderne, l'éclairage avec tous ses progrès, ces couleurs éclatantes que l'on tire d'un morceau de charbon sale et noir, les tissus que des machines fabriquent si délicatement, les portraits que dessine le soleil, en un mot, toutes ces curiosités dues au génie humain réclament l'attention. On désirerait savoir, mais où apprendre vite et sûrement?
Depuis que, chaque année, nous résumons, dans nos Causeries scientifiques, Découvertes et Inventions 9 Progrès de la Science et de l'Industrie, le mouvement scientifique et industriel, on nous a constamment demandé un livre conçu sur le même plan, une histoire rapide des grandes inventions.
Il nous semblait que c'était déjà fait, ou à peu près, et bien fait.
Nos bienveillants correspondants nous ont constamment répondu par la négative. « Il existe bien, en effet, disent-ils, des traités très-complets sur chaque branche de l'industrie, ou encore des ouvrages didactiques de longue haleine, où l'esprit du lecteur se perd dans les menus détails historiques. La précision manque. Le point principal n'a pas été mis assez nettement en relief. Il faut que le lecteur procède lui-même à un
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travail d'élaboration, qu'il élague le superflu, pour conserver seulement l'essentiel dans sa mémoire. Le livre de documents et d'étude existe. Le livre de vul-, garisation est à écrire. »
Peut-être, en effet, y avait-il dans cette voie, tout au moins, un essai à tenter. Fortement encouragé, nous l'avons tenté.
On ne trouvera dans nos Découvertes et Inventions ni discussions historiques, ni assauts d'érudition avec les auteurs contemporains. Le fait, puis encore le fait, la découverte aux prises avec l'application, l'invention dans tout son essor.
Une part assez large a du être réservée à l'histoire. Il convient qu'on sache d'où vient l'idée qui'a germé, pour mieux juger de la distance franchie; mais nous avons conservé le développement pour le côté pratique de chaque question.
C'est l'ouvrier à l'œuvre que l'on tient surtout à voir, l'outil au milieu de l'atelier, le travail et le produit, l'invention et le résultat. On est toujours plus curieux de ce qui est que de ce qui a été.
Ce premier volume commence une série qui sera continuée.
Le public y trouvera, nous l'espérons, les notions » les plus essentielles sur les conquêtes de la science et de l'industrie.
Les jeunes gens de nos lycées y puiseront une somme de connaissances qui font partie maintenant de toute instruction réellement complète. Nous sommes entrés
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souvent dans assez de détails, pour que ceux d'entre eux qui se destinent aux écoles professionnelles puissent considérer cet ouvrage comme une introduction à leurs études spéciales.
Des dessins ont été ajoutés au texte, chaque fois qu'il l'a paru nécessaire, pour rendre plus facile l'intelligence des appareils et des machines. Ces dessins ont été généralement copiés dans les ateliers et reproduits à l'échelle.
L'idée appelle l'idée. Peut-être plus d'un lecteur, en parcourant ce petit livre, y trouvera-t-il le germe de quelque invention utile.
Dans tous les cas, nous aurons ohtenu tout ce que nous pouvons désirer, si, en essayant de tracer ici une esquisse des travaux du passé, des merveilles du présent, nous avions contribué, pour une part aussi faible que ce soit, à féconder l'œuvre de l'avenir.
IIenim de Pau ville.
ET