J.-T. DE S.-G
L'excellent poète lyonnais, JosépMn Soulary, écrivait aussi ces vers sur un exemplaire des Diables bleuSy 1870 :
A MON CHER MAITRE JuLES JaNIN.
Par ce vent qui souffle les haines, Semons la semence d'amour ; Dieu garde aux épreuves humaines Le secret des heures prochaines, Et chaque grain lève à son tour.
Le critique des Débats n'était pas bonapartiste ; c'était là son moindre défaut. Il poussait si loin son mépris pour le monde des Tuileries, qu'il évitait même d'en prononcer le nom. C'est ainsi que dans une lettre au docteur Ménière, il appelait l'Avenue de l'Impératrice, Avenue de la femme du chef de VÉtat. Ses dédicaces devaient naturellement se ressentir de cette aversion. Il envoya donc un exemplaire à' Ovide , ou le poète en exil, avec ces lignes :
Offert à mon ami d'Ortigue, si bon camarade, si brave
homme... un peu bonapartiste, hélas !
Passy, juillet 1858.
J. Janin.
Ayant promis un exemplaire de son Horace^ sur grand papier, à M. H. Ghevreul, et n'en ayant plus, il lui fit parvenir V Interné avec ce quatrain :
Hélas ! le grand papier d'Horace est épuisé.
N'allons pas plus avant, contentons-nous du pire :
Voici mon Interné sur la fin de TEmpire, Le monde sur le maître était déjà blasé.
Ces vers sont écrits par Madame Jules Janin.
En les signant, le critique effaça le mot maître et le remplaça par traître ; de sorte qu'il faut lire :
Le monde sur le traître était déjà blasé.
Un jour Rachel apporte triomphalement à Janin rin-4° manuscrit sur lequel M. Laurent, inspecteur de la Comédie Française, avait mentionné, jour par jour, tous les rôles joués ou créés par la tragédienne depuis son début, le 12 juin 1838, jusqu'au 23 mars 1885, ainsi que le cldflfre détaillé des recettes, dont le total s'élevait à 4,394,231 francs 10 centimes. Jules Janin transcrit ainsi le dialogue échangé entre « la Grande » et lui :