‹ DédicacesChapitre 25 sur 69 · CHANSON POUR L · texte numérisé non relu

CHANSON POUR L

« Enfin, après deux ans, je te revois » — et t'aime

Pour de bon cette fois, A cause de ton corps d'abord, et surtout même,

En raison de ta voix

Si bonne et si calmante et qui dicte des choses

Paisibles à mon cœur Un peu cruel mais doux au fond, telles aux roses

Les épines et, sœur

Presque aimée à cause de ta gente sagesse A travers tant et tant

De gaîté polissonne, et de cette largesse D'un cœur pourtant prudent,

Que ton cœur et mon cœur régnent donc sans conteste

Sur notre vie à tous Les deux — et dès ce soir (ô jour, je te déteste !)

Soyons-nous bons et doux !

Ton cœur est plus grand que le mien Mais le mien peut-être est plus tendre Qui ne sait que ne pas attendre, Tant il serait jaloux du tien,

Si je n'étais sûr de la loi Qu'il faut, chère, que (je te prête), pauvre, Et que riche, je donne en tout aloi Bon et meilleur ou pire, en vrai poète.

Mon cœur est moins grand que le tien Mais le tien peut-être est moins vaste Qui n'aime guère que le faste D'être aimé du mien, et fait bien.

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