‹ DédicacesChapitre 6 sur 69 · A GERMAIN NOUVEAU · texte numérisé non relu

A GERMAIN NOUVEAU

Ce fut à Londres, ville où l'Anglaise domine, Que nous nous sommes vus pour la première fois, Et, dans King's Cross mêlant ferrailles, pas et voix, Reconnus dès l'abord sur notre bonne mine.

Puis, la soif nous creusant à fond comme une mine, De nous précipiter, dès libres des convois. Vers des bars attractifs comme les vieilles fois. Où de longues misses plus blanches que l'hermine

Font couler l'aie et le biller dans l'élain clair Et le cristal chanteur et léger comme l'air, — Et de boire sans soif à l'amitié future !

Notre toast a tenu sa promesse. Voici

Que, vieillis quelque peu depuis cette aventure,

Nous n'avons ni le cœur ni le coude transi.

MAURICE BOUGHOR

Il s'appelle Maurice ainsi que ce soldat Et se nomme Bouchor comme Saint Bouche d'or, Soldat du rire franc, saint, sinon point encor, Du moins religieux d'esprit sinon d'état.

Chaque effort de son œuvre acclame bien sa date Et, sous ses deux patrons, ce qu'en outre elle arbore C'est bien la bonne foi sortant par chaque porc Et l'amour du métier que chaque heure constate.

Jeunesse folle bien, extravagante au point :

Tel un page sa dame au cœur, sa dague au poing,

Bondissant, comme hennissant, s'il meurt, tant pis

Age d'homme pensif et profond dont témoigne On dirait, l'on dirait, sonnée à pleine poigne, La tour changée en nourrice de Saint Sulpice.

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