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A LA MEME

Oui, soyons-nous poète et muse Mais dans le mode familier, Nous avons passé le milliei- Des heures jeunes où l'on ruse

Pour faire croire aux bonnes gens Dont on est le premier soi-même.

Qu'on n'aime en tout ça que l'extrême ! Fiers, paradoxaux, exigeants.

La vie avec sa vraie outrance A pris soin de nous corriger Du travers de nous rengorger, Ne nous laissant de l'espérance

Rien qae la simple illusion D'être un couple encore sensible Et ne livrant à notre cible Qu'un but, la résignation !

Ce lot est préférable en somme.

A des appétits qu'il est bon, Toi, veuve au fait, moi ce barbon.

De régler de sorte économe.

Profitons, puisqu'il en est temps De cette sagesse dont l'âge Qui vient dote notre ménage.

Pour faire œuvre de pénitents?

Que non pas ! Fîmes-nous des crimes ?

Pas mal de péchés, voilà tout.

De ces péchés légers qu'absout Le seul pardon de leurs victimes,

Et leurs victimes ce fut nous, De ces victimes sans rancune.

Toi, reste encor longtemps ma brune.

Toujours la bonne qu'à genoux

Invoquent mes instants de doute.

De tristesse ou de désespoir, Mon étoile dans le ciel noir, L'auberge fraîche en l'âpre route.

Moi devenu calme — ce n'est Pas malheureux, car tant de frasques, Et de rôles, sous que de masques ! — Je suis celui qui ne connaît

Et ne chante plus que les choses,

Et l'humanité qu'il convient.

La vérité seule me tient,

Soient ses aspects sombres ou roses.

Mes vers épris dorénavant, De la raison mais de la saine Ne déclameront plus en scène...

Ils vivront dans tout cœur vivant.

XGIII

A LA MKMK

Ah ! d'être heureux puisqu'on le peut, puisque la vie Tumultueuse nous a tué toute envie Autre que d'être calme en un lieu calme enfin ! Nous boirons quand nous aurons soif. Quant à la faim, Des repas frugaux mais nourris sauront l'éteindre. Que nous dussions jamais l'un ou bien l'autre atteindre Aux splendeurs, aux sommets, nous en désespérons. En nous aimant plus fort, nous nous consolerons.

Les dimanches et jours de fête, car tu goûtes

Ça, l'on ne verra plus que nous deux sur les roules

De Sèvres à Clamart et de Meudon au Pecq,

Avec des propos gais, mais retenus au bec.

Nous rentrerons vanés, fauches — l'or embarrasse

Parfois — et puis nous dormirons, chair lasse,

Après, hein? si tu veux, des manières à nous.

Et je commencerai la fête à tes genoux,

Puis sur ton cœur, et nous dormirons sans grand'rêve.

L'hiver, nous irons au théâtre ! je n'en crève

Plus de désir, mais toi tu raffoles de ça.

Et nous verrons de beaux décors qu'un tel brossa,

Et nous applaudirons tel calembour superbe.

Puis nous irons coucher, mieux encor que sur l'herbe,

Dans le grand lit de châtaignier qu'aura vu tant

De fois moi dans le paradis, sage et prudent,

Qu'est devenu le tien depuis nos durs passages

D'ailleurs c'est ça, restons toujours prudents et sages

Quelqu'un nous bénira qui déjà nous bénit.

Aimons-nous en époux apaisés dans leur nid.

La tendresse n'y perdra rien, tout au contraire.

— Rien d'exquis que d'être aux yeux des gens sœur et fr

Hôpital Broussais, 12 juillet 1894,

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