AU GERANT DU MULLER
Vous êtes naiicéieii et moi je suis messin :
Vive donc à jamais cette vieille Lorraine
Qui nous vit naître et nous réchauffa dans son sein
Et dont, fds pieux, nous baisons le front de reine
Captive, en attendant l'heure où le dur tocsin, Le pur tocsin à la voix terrible et sereine. Apre cri de gorgone et doux chant de sirène, Dictera le devoir messin et nancéien.
— En attendant encor, hôtes de la grand'ville, Malgré ton délice, ô bon « cru » de Tantonville Et tout ce que Munich vend de nectar trop clair
Et tout ce que Dublin et tout ce que Bruxelles Brassent à Tintention de nos escarcelles. L'heure de savourer la bière de Millier.
EN LUI OFFRANT a MES PRISONS »
Je suis prisonnier de tes yeux Toujours, — et parfois de tes bras.
Mais ne plains pas ces embarras Qui ne sont guère qu'ocieux.
L'odieux, ù mais, là c'est dur.
C'est que mon cœur est en prison En même temps que ma raison Dans ton amitié, cachot pur !
Et bien que trop intelligents, Mes désirs, quoique diligents S'en ressentent jusqu'à parfois
Ressembler à d'atlreux courroux.
Mais tu les mets sous les verroux De ta bonté, ca:îur, geste et voix.
Le 8 mai 1893.
XGIX