‹ DédicacesChapitre 62 sur 69 · A PH · texte numérisé non relu

A PH

Le petit chien est mort. Quel dommage ! il était

Si gentil ! Blanc pur que du jaune tachetait,

Dim jaune on eût dit d'or brunissant. Sa gueugueule

Et son ncncz, roses tous deux, semblaient la seule

Chose vivante en lui ; car son corps trop dodu

Ne rendait pas le mouvement qui semblait dû

A cet être qu'un charme spécial décore ;

Quant à sa queue, elle était bien trop jeune encore

Pour rire ou pour pleurer, pour frétiller, enfin,

De joie ou de chagrin, ou de soif ou de faim.

Il piaulait, j'allais dire miaulait, même

Piaillait, tant son cri formait la voix suprême

De l'animal dans son innocence, oiseau, chat ;

Mais du chien proprement, rien qui s'en rapprochât

Qu'un grêle, si l'on veut aboiement plus semblable

Au chant du colibri dans la forêt d'érable.

Il nous léchait, le pauvre aveugle encore un peu,

De sa langue imperceptible, quand, d'instinct, comme

D'une flèche soudaine, il roula, le chétif être,

Ses yeux tournés vers sa maîtresse et vers son maître,

Etmourut, nous presque pleurant, toutblancs,toutsots,

Ses pattes frêles en l'air, comme les oiseaux.

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