PRÉFACE
L'heure semble passée d'écrire l'histoire en périodes sonores qui, plus d'une fois, peignent les événements sous un jour d'emprunt, les (léHiriirent inconsciemment et les montrent à la postérité tout autres qu'ils n'étaient aux yeux des contemporains. Un public d'élite recherche, en toutes choses, les sources. Dans tous les ordres d'idées. ^lettres, notes, journaux, mémoires sont mis au Jour et rectifient mille notions fausses rerues avec le temps comme vraies. En matière d'histoire militaire surtout, l'on tend à exhumer tout ce qui se rapporte aux époques de nos grandes guerres, tout ce qui concerne le temps où nous enseignions aux autres à se battre.
Le chercheur y trouve de quoi satisfaire sa légitime curiosité, l'écrivain de quoi fixer certains points d'histoire, tandis que le soldat puise dans le passé un enseignement pour l'avenir. C'est ainsi que la correspondance de plusieurs généraux du premier Empire vient de voir le jour : à ce même ordre de documents se rattachent les pages
que nous présentons au public. Ce sont, en majeure partie, les notes mêmes, prises un jour de combat, à bâtons rompus, ou les appréciations écrites au lendemain des faits, par le lieutenant général du génie de Campredon, pair de France, qui, de 1790 à 1837, fut sans interruption mèh'; aux grands événements de l'époque.
C'est donc à ceux-là seuls qui ne craignent pas d'aller trouver le fait, malgré la forme un peu abrupte, à ceux qui demandent aux documents originaux de quoi réédilier certains épisodes oubliés, à ceux enfin qui reclierclient dans le passé l'analogie avec le présent pour se faire une expérience, que nous entendons nous adresser*.
Les épisodes de l'bistoire, comme toutes les
1. Le fond do cette publication est constitué par le journal de siège et par le journal personnel que tenait au jour le jour le commandant on chef du génie do la défense. Nous y avons ajouté des notes ou appréciations écrites de sa main à la fin dos opérations. Ce dernier ordre de documents tient une plus grande place dans le c'iapilre relatif au blocus, pai'ce cjue le journal fut en partie brûlé pendant le bombardement et no fut refais que dans ses grandes lignes.
Quelques lettres de l'Empereur, du major général Berthier prince de Neufcliàtol, du général Rapp, gouverneur do Dantzig, ot du duc de Wurtemberg, commandant l'armée russe, complètent, avec quelques renseignements empruntés aux rapports do différentes armes ou aux témoins oculaires, l'ensemble de la relation du siège.
La retraite do la Dwina sur Dantzig, que nous avons cru devoir donner comme prologue, est surtout racontée par les lettres du maréchal Macdonald .
actions de riiomnie, ont, à l'égard de la postérité, ItHir mauvaise chance. Quelques-uns, riches en résultats en même temps que glorieux, attirent tous les regards, tandis que d'autres, plus héroï- (jues souvent, restent dans l'ombre.
Chacun se plaît à lire et à relire le récit des ijatailles de Marengo, d'Austerlitzou d'Iéna; combien peu s'attardent volontiers aux efforts plus ('tonnants encore des dernières années de l'Empire. L'esprit se complaît au récit de nos triomphes et se dérobe là où le mallieiir vient marquer de S(in sceau la victoire elle-même.
Parmi les brillants faits d'prmes qui se pressent •Ml 1813 et 1814, la longue défense de Dantzig par le 10° corps de l'armée française n'est pas un dt's moins remarquables. Souvent cité par les historiens, il est cependant peu connu dans ses détails.
Ressusciter un ensemble de documents de nature à en reconstituer l'historique ne nous a ])as paru sans intérêt et même sans utilité. N'estil pas bon, par ce temps de vie facile, de faire revivre les vertus guerrières, qui sont l'honneur de notre race, de mesurer, à ce que furent nos pères, ce que nous devrons, l'heure venue, savoir être nous-mêmes ?
En recherchant ce qui concernait le sièg^i de
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Dantzig, nous avons mis la main sur un cnsoniblo i
(le documents inédits qui racontent avec assez de î
suite la marche du 10' corps de la Grande-armée, \
(le la Dwina sur Dantzig. Nous les donnons comme \