‹ Défense de Dantzig en 1813. Journal de siège. Journal personnel et notes du général de division de Campredon, commandant le génie du 10e corps. Lettres diverses. Annotés et publiésChapitre 23 sur 47 · Capitaines Valart et Aubrj · texte numérisé non relu

Capitaines Valart et Aubrj

la communication avec Fahrwasser par cette rive; il pouvait d'ailleurs, en cas que l'ennemi parvînt à s'en emparer, lui offrir un abri favorable pour faire le coup de fusil sur la batterie Liédot, placée sur la rive opposée; on se détermina en conséquence à y mettre le feu dans la nuit suivante et à se contenter de la communication par la rive droite delaVistule.

L'ennemi, étant incommodé par les coups fichans de Montbrun, a placé deux obusiers sur le revers du coteau en avant de Langfuhr, pour tirer par plongée sur Montbrun. Nous battons cette batterie du Holm, surtout depuis lapertedeKabrun, n'ayant plus la préoccupation de tirer sur nos postes. Dès que nous lâchons deux coups ils cessent le feu.

Nuit du i8 au 19 et journée du 19. — L'ennemi perfectionne son établissement à Kabrun et à Scliellmûlile et prolonge sa tranchée allant de Kabrun à l'allée de Langfuhr.

On met le feu dans la nuit à la deuxième Legau et on continue avec une nouvelle activité les travaux de la batterie Liédot et de celle de la Briqueterie, nommée batterie Gudin.

Nuit du 19 au W et journée du 20. — L'ennemi a fait, pendant la nuit, une batterie en arrière de Schellmûhle, ainsi que trois communications; la première allant de cette nouvelle batterie à la maison de Strieshof, la deuxième de Kabrun à Schellmûhle et la troisième partant du ravin de la montagne du Dragon, traversant la grande allée et aboutissant à la maison Kabrun.

Pendant le jour, l'ennemi a fait feu de la batterie (lu Belvéder, de celle de Johannisberg et de celle près du bois de Pitzkendorf.

On pousse avec vigueur les travaux des batteries Liédot et Gudin.

Xuit du 20 au 21 et journée du2L — Il a fait une nouvelle batterie à Schellmûhle, près de la rive jiauclie de la Vistule, dans l'emplacement de la i^range brûlée.

Il a continué de tirer avec ses trois batteries de 24; quelques boulets sont arrivées à la lunette d'Istrie.

On a ajouté deux flancs à la coupure de l'allée qui forme batterie et continué les travaux entrepris.

Juit du 21 au 22 et journée du 22. — L'ennemi a perfectionné ses ouvrages et particulièrement ses deux nouvelles batteries de Schellmûhle. Il a continué son feu des trois mêmes batteries.

L'on a continué les travaux des batteries Liédot, Gudin et de l'Allée. L'on trace au Holm une nouvelle batterie près du moulin à épuisement, et une communication en glacis coupé pour aller de la batterie Gudin à celle de l'Allée.

Nuit du 22 au 23 et journée du 23. — Dans la nuit, l'ennemi a attaqué nos avant-postes d'Ohra il a cherché à les faire déployer, mais son entreprise n'a pas réussi... Il tire assez constamment de ses -batteries de Pitzkendorf, Johannisberg et du Belvéder.

L'on a continué les mêmes travaux et l'on a com-

mencé les batteries près du moulin à épuisement du Holm et la communication entre les batteries Gudin et de l'Allée.

Nuit du 23 au 24 et journée du 24. — L'ennemi ayant abattu la clôture du jardin de la maison Betker a, par là, démasqué une batterie de 5 embrasures dirigée contre la batterie Grudin.

Il continue ses autres ouvrages. Continuation des travaux précédens. L'on commence à couper les arbres de l'Aller-Kngel.

Nuit du 24 au 25 et journée du 25. — Dans la matinée, il fit feu de cette nouvelle batterie et les deux de Schellmûlile tirèrent en même tems sur le Holm, le fort Napoléon et la batterie Liédot, qui lui répondent ainsi que la lunette Gorbineau, la lunette Tardivelle, les redoutes Gudin et Montbrun, le cavalier Jacob.

La batterie du Johannisberg continue à tirer comme les jours précédens. Un de ses boulets emporta un travailleur bourgeois placé sur le parapet de la lunette d'Ohra. L'ennemi ayant cessé de tirer sur nos travaux depuis plusieurs jours, on avait cessé les travaux de nuit et le travail de jour se faisait entièrement à découvert : mais le feu qu'il fit obligea de reprendre les travaux de nuit et de ne travailler de jour qu'avec beaucoup de prudence. . .

Nous eûmes un obusier de démonté à la batterie Liédot; il paraît qne nous avons également démonté une pièce à l'ennemi. Du reste point de blessés. La batterie Liédot qui n'est qu'à 350 toises de celle de

LE ï>IÈGE 133

r^nnemi a tiré avec beaucoup de justesse. Presque tous ses coups portaient dans les embrasures. Les ol us éclataient en grande partie dans la batterie ennemie, d'autres s'enfonçaient dans les parapets où ils faisaient, en éclatant, l'effet de fougasses.

Continuation des mêmes travaux et de la coupure d'Aller-Engel.

Nuit du 25 au 26 et journée du 26. — L'ennemi n'a point tiré... Il était occupé de réparer ses batteries qui ont dû beaucoup souffrir hier de nos feux du fort Napoléon et de la redoute Liédot.

On a travaillé la nuit à Aller-Engel à la batterie de l'Allée, la batterie Gudin, leur communication, à la batterie Liédot et à celle du moulin ; mais la difficulté du travail sur ce dernier point s'oppose à l' ivancementde l'ouvrage... On commence le transt des planches pour le baraquement des troupes u c camp retranché.

yuit du 26 au 27 et journée du 27. — Il fait feu de nouveau de ses deux batteries de Schellmùhle et de celle de Betker. La canonnade fut très vive et dura 5 heures. Pendant ce même tems la batterie du Johannisberg tira surle camp retranché.

A la redoute Liédot, un affût a été mis hors de service et un canonnier tué; l'épaalement souffre beaucoup.

A la batterie Gudin, dix palissades furent brisées \jiv un boulet. Une embrasure de cette batterie est presque entièrement à refaire.

L'on a continué le travail de nuit pour les ou-

loi DEFENSE DE DANTZIG

Yrages de la rive gauche, mais on l'a suspendu au \ Holm à raison des difficultés. |

Sur les 8 ou 9 heures du matin, la batterie Lié- | dot tira deux coups de canon auxquels l'ennemi j répondit et de là s'engagea une canonnade à j laquelle prirent part le fort Napoléon, la redoute j Liédot, la lunette Gorbineau, le bastion Meunier, 1 la lunette Tardivelle, le bastion Jacob, les batte- i ries Gudin et Montbrun. Notre feu a dû être très | efficace et nous avons dû démonter des pièces à | l'ennemi et endommager considérablement ses | épaulemens. I

Nuit du 27 au 28 et journée du 28. — L'ennemi a [ réparé dans la nuit les dégâts de ses batteries. Des i rapports de déserteurs disent qu'il y a eu 4 pièces j de démontées. |

Réparé pendant la nuit les dégradations faites \ par le feu d'hier... On continue le palissadement \ des batteries Gudin, et de l'Allée... Les logemens \ des ouvrages du camp retranché sont presqu'ache- | vés... On s'occupe du baraquement. \

La batterie Delzon est presqu'achevée, on fait son j logement. \

Nuit du 28 au 29 et journée du 59.— L'ennemi a été occupé à la réparation de ses batteries de Schellmûhle. Il a ouvert une communication de Strieshoff ! à Lauenthal. i

On a continué les travaux de nos batteries et { réparé la redoute Liédot, épaissi ultérieurement son parapet et donné à ses embrasures une nouvelle

direction afin de pouvoir battre les nouveaux établissemens de l'ennemi.

Le travail des ouvrages de campagne et des baraques se poursuit.

Nuit du 29 au 30 et journée du 30. — Rien de nouveau. L'ennemi a fait une salve de 101 coups de canon.

Le mauvais tems et l'état respectable dans lequel se trouvent les ouvrages ont fait supprimer le travail de nuit, on travaille pendant le jour aux points précités.

Dès le commencement de septembre les boutiques de boulangers ont été fermées et l'on n'a plus trouvé à acheter du pain, dans la ville.

Dans le courant de septembre près d'un millier d'habitans sortis ou expulsés de la place (du côté d'Ohra) et repoussés par l'ennemi, sont restés entre les avant-postes, exposés à toutes les horreurs de la famine (dans le village de Niderfeld). Ils ont mangé jusqu'aux feuilles des arbres, et brouté l'herbe. Plusieurs personnes d'assez bonne famille sont mortes de faim. Les malheureux se battaient quelquefois entre eux pour se disputer de misérables alimens. Vers la fin du même mois, le Gouverneur, touché de compassion, les a fait rentrer et leur a donné quelque peu de nourriture.

On assure que plusieurs habitans sont morts de faim dans la ville dans le courant de septembre.

Nuit du 30 septembre au 1"' octobre et journée du I". — Rien delà part de l'ennemi. •

Le tems s'est mis tout à coup au froid, il a gelé un peu. La journée a été très belle. J'ai visité le camp retranché du Hagelsberg et d'Ohra et le front de l'Inondation, le moulin près de l'écluse de pierre et tout le Burgerwald.

Il ne s'est rien passé de nouveau. Depuis hier le tems est devenu beau et la Vistule commence à baisser.

Au premier octobre, l'effectif de la garnison, non compris les employés, étaitencore de 19.000 hommes. Au 15 janvier, commencement du blocus, il était d'environ 38,000 hommes c'est-à-dire le double.

Nuit du 1" au 2 octobre et journée du 2. — L'ennemi a tiré de ses batteries de Schellmûhle quelques coups de canon sur nos travailleurs de la batterie du Moulin. Les batteries du Belvéder et de Johannisberg ont aussi fait feu sur le camp retranché.

On travaille à tous les nouveaux ouvrages savoir : la batterie du Moulin, redoute Liédot, leur communication, batterie Gudin, batterie de l'Allée, leur communication, enfin le camp retranché et les baraquemens. Ces travaux consistent en perfectionnemens et réparations.

Belle journée, un peu froide, point de pluye non plus que dans la précédente.

Visité le Holm et les batteries de la Vistule.

Nuit du 2 et journée du 3. — L'ennemi a tiré sur nos travailleurs du Holm et nous avons tiré sur les siens. On aperçoit beaucoup de monde et même

(les officiers généraux dans la tranchée en avant deLangfuhr. On Attirer quelques obus de Montbrun; l'un d'eux a éclaté si à propos dans la tranchée que tous les travailleurs ont disparu.

Continuation des mêmes travaux .

Belle journée, un peu froide, point de pluye.

Visité les travaux du camp des baraques sur le Hagelsberg et les postes avancés vers Schidlitz. Observé les nouveaux travaux de l'ennemi en avai:t de ces postes.

Nuit du 3 au 4 et journée du 4. — L'ennemi a fait paraître 12 bateaux armés dans le poidre d'Ohra. b ont fait feu avec du canon. Rien de nouveau sur les ateliers. Les travailleurs de la batterie du Moulin essuyèrent quelques coups de canon tirés de la deuxième batterie de Schellmûhle.

Très beau tems , un grain de pluye dans la soirée.

Visité, avec les généraux Heudelet et Grandjean, les avant-postes de Schidlitz et du Hagelsberg. Tracé quelques nouveaux ouvrages à ces derniers.

Les boutiques de bouchers ont été fermées, on ne trouvait plus à acheter de viande d'aucune espèce, pas même du cheval. Depuis le 5 je n'ai plus vécu que de cheval et de poisson dont le prix n'était pas encore excessif.

L'argent a commencé à manquer dès le début de juillet, époque à laquelle on a cessé de paj-er la solde à la garnison ; on a cependant donne le mois de juillet aux capitaines et aux lieutenans.

188 DÉFENSE DE J)ANTZIG

Nuit du 4 au 5 et journée du 5. — Quelques coups de canoQ sur nos travailleurs. L'ennemi abat quelques arbres dans le jardin de la maison Kabrun et démasque un ouvrage dont on ne peut connaître la nature ; son relief fait présumer que ce peut être une batterie de mortiers; l'enfoncement du terrain confirme cette opinion.

Le feu de l'ennemi n'interrompt pas nos travaux que nous continuons comme de coutume avec la précaution de ne pas les mettre en masse à découvert.

Très belle journée.

Visité, avec M. le Gouverneur, le commandant de l'artillerie et celui de la marine, le Holm, le fort Napoléon, la redoute d'Hautpoul, Weichselmùnde et Fahrwasser; ensuite la batterie Montbrun, où l'on tirait beaucoup contre un nouvel ouvrage que l'ennemi venait de démasquer en abattant des arbres du bosquet de Kabrun où cet ouvrage est situé. Dans le tems que nous étions occupés à l'observer parles embrasures, un des obus lancés de la batterie ennemie, située sur le penchant de la colline en face de celle de Montbrun, est tombé devant nous sur la plongée du parapet et a éclaté immédiatement en couvrant de terre toute notre batterie.

Nuit du 5 au 6 et journée du 6. — L'ennemi fit une tranchée de 100 à 150 toises de longueur en avant de Zigankenberg, sur la droite et environ à 300 toises de ce village; rien n'indique qu'il y établisse des batteries.

Les ouvrages se poursuivent; ceux du côté de l'ennemi sont avancés, ceux entrepris pour réparer les dégâts de l'Inondation ne vont que lentement à cause de leur difficulté.

Les batteries Kirgener et Caulaincourt, ainsi que la redoute d'Istrie, font 'un feu vif sur le travail que l'ennemi entreprend devant elles.

Très beau tems, un peu froid, un peu de pluyede 3 à il heures du soir.

Visité, avec Monsieur le Gouverneur, les fronts de l'Inondation et les nouveaux ouvrages en avant du Bischofsberg.

Nuit du 6 au 7 et journée du 7.— L'ennemi fait feu de ses batteries du Johannisberg sur les ouvrages de la tête du camp retranché. Les batteries de la tête du camp retranché tirent sur les travaux de l'ennemi. Un homme est tué dans le corps de garde à la gorge de la batterie d'Istrie. On s'occupe à couvrir le logement d'un blindage incliné.

Journée superbe, un peu froide. Depuis le 1^' du mois, il a gelé un peu tous les matins.

Examiné le plateau de Schidlitz et tous les nouveaux ouvrages, depuis ce point jusqu'à la Vistule.

Nuit du 7 au 8 et journée du 8. — Pas de nouveaux travaux. L'ennemi commence à tirer avec deux mortiers des petites bombes et des obus de 7 pouces et demi. Ses mortiers étaient placés derrière un épaulement construit dans le jardin de la maison Kabrun. Les bombes arrivent en grande partie à la

place Napoléon , quelques-unes atteignent l'enceinte.

L'ennemi, retenu par nos dispositions à une très grande distance de la place et obligé , par conséquent, à un développement de tranchée beaucoup plus considérable pour pouvoir embrasser les fronts, objets de ses attaques, voyant sa marche retardée depuis plus d'un mois, paraît déterminé à joindre le bombardement à la marche progressive de ses attaques.

Nos travaux ont continué. Le feu des mortiers de la batterie Kabrun a obligé les troupes casernées près de la porte d'Oliva de changer de quartier; partie est dans les blockhaus, partie est rentrée dans les quartiers éloignés.

Visité les fronts de l'Inondation.

Le tems s'est mis à la pluye et il est devenu beaucoup moins froid.

C'était le prélude d'un nouveau genre d'attaque. L'armée de siège, qui comptait cependant un corps d'armée allemand, ne craignait pas de bombarder une ville en quelque sorte allemande, réduisant les habitants, bien plus que la garnison, au plus triste sort. C'est que la situation de l'assiégeant dans la parallèle, dont il devait maintenant sortir pour cheminer contre le front d'Ohra, était des plus difficiles. 11 s'y garantissait mal des feux du camp retranché et ses communications elles-mêmes étaient enfilées par les ouvrages construits dans le Holm. L'influence de nos nouvelles batteries devait se faire sentit- plus encore lorsqu'il voudrait déboucher de sa seconde parallèle et péné-

trer davantage au fond de l'entonnoir ouvert devant lui. II eût fallu éteindre leur feu ou les enlever. Or, le grand relief de nos redoutes du camp retranché laissait, d'un côté, peu de chances de succès à une attaque de vive force, tandis que la Vistule s'opposait, de l'autre, à toute entreprise contre le Holm.

Après un mois de travaux et de cheminements, l'ennemi se rendit compte qu'il s'était engagé dans une impasse et modifia sa marche. Les travaux de Kabrun ne lui servirent plus qu'à attirer l'attention vers ce point, et à chercher à incendier la ville, tandis qu'il prononçait son attaque vers le front du Bischofsberg, en cherchant à enlever d'abord les ouvrages d'Ohra.

Nuit du 8 au 9 et journée du 9.— Sur les 10 heures, i'ennemi fit feu de toutes ses batteries, mais celle de Kabrun fut la seule qui lança des bombes. Elles ne firent pas plus d'efl'et que la veille.

Toutes nos batteries ayant vue sur celles de l'ennemi répondirent à son feu. Cet engagement d'artillerie dura environ une heure. Quelques bombes sont entrées en ville; elles étaient partie incendiaires, partie éclatantes.

Journée très pluvieuse, le froid cesse.

Conférences pour les nouveaux travaux, particulièrement sur les fronts de l'Inondation et de la Yistule.

Nuit du 9 au 10 et journée du W. — Grande tranquillité.

Nos travaux continuent sans être inquiétés. On enlève tout l'intérieur d'un moulin à mouture de Plônendorf afin d'en construire un sur les bastions

des fronts de l'Inondation. Cette opération était hasardeuse, le moulin n'étant qu'à 300 toises de la digue de la Vistule, vis-à-vis un endroit où l'ennemi avait fait une coupure à cette digue, par où il pouvait déboucher dans l'Inondation avec ses bateaux. Le moulin se trouvait à plus d'une demi-heure du fort Lacoste.

Tems couvert, peu de pluye.

Grand diner de 50 couverts chez le commandant de la place.

La nuit s'annonce belle, claire et pas froide.

Nuit du iO au 11 et journée du ii. — A 7 heures du soir l'ennemi commença un feu très vif de bombes. Elles étaient tirées de Kabrun ; un grand nombre parvint dans la ville et tomba sur la partie d'Alt-Stadt qui avoisine le rempart, mais le plus grand nombre de ces projectiles resta dans les fossés de l'enceinte et dans le jardin Napoléon. Dans le même tems, il lançait beaucoup de fusées incendiaires d'un grand nombre de ses avant-postes ; elle tombaient presque toutes dans le même quartier que les bombes. Une seule parvint beaucoup plus loin que les autres, tomba dans le grenier de l'hôpital n° 2 renfermant 150 Russes et des munitions ; ce fut la seule qui causa un incendie, qui malheureusement ne fut aperçu que trois quarts d'heure après son commencement. La négligence et la mauvaise volonté*que montrèrentles bourgeois dans les secours qu'ils portèrent furent cause que le bâtiment fut entièrement consumé ; l'église des

moines noirs, qui était attenante, n'eut qu'une fenêtre et une partie de son toit brûlées.

Pendant cet incendie, c'est-à-dire à 9ou 10 heures du soir, l'ennemi attaqua avec des forces supérieures les postes de l'Étoile et du Capitaine, sur les hauteurs d'Olira, ainsi que celui en avant des batteries Frioul. Nos postes furent obligés de se retirer et l'ennemi resta maître de ces positions. On fit aussitôt des dispositions pour reprendre ces postes dont la perte ne permettait plus de tenir la coupure d'Ohra. Le Gouverneur s'y porta avec des renforts. Lorsque les troupes furent réunies on en fit deux colonnes. La première passa par le ravin de l'église de Schottland et monta en avant des batteries Frioul; et la deuxième déboucha de la maison crénelée et monta sur les hauteurs d'Ohra. Malgré une vive résistance, les postes furent repris et l'on s'y maintint sous le feu continuel de l'ennemi... Il avait eu nos postes de 9 heures du soir à 1 heure du matin, pendant lequel tems il avait commencé ur.e tranchée couronnant les hauteurs d'Ohra et qui devait se rejoindre à nos positions; mais la reprise obligea l'ennemi à faire un retour pour se couvrir de nos feux.

Nos troupes montrèrent beaucoup de vigueur et se portèrent franchement à l'attaque ^. Cette action doit avoir coûté beaucoup de monde à l'ennemi. Toutes nos batteries avant vue sur celles de l'en-

i. Général Husson, major Legros.

164 DEFENSE DE OANTZIG

nemi répondirent à son feu avec baucoup de vigueur. La canonnade fut, de part et d'autre, très vive et dura toute la nuit.

Dans la grande rue d'Alt-Schottland, revenant des redoutes de Frioul, où il y avait un feu très vif, je reçus une balle dans le milieu du front, qui fît sauter par terre mon bonnet heureusement assez épais pour me parer le coup. Gène fut qu'une légère contusion. Cette pluye de balles qui tourmentaitles batteries du Frioul venait de ce que les tirailleurs ennemis s'étaient établis dans le poste retranché, à 150 toises en avant de ces batteries. Cachés dans les fossés, ils faisaient un feu continuel.

Tems couvert, mais doux et assez beau; un peu de pluye vers le soir.

Depuis le 28 août, le poste de l'Étoile, simple retranchement sans artillerie, que les rapports des Russes traitaient de redoute, avait arrêté leurs efforts ; ils y avaient laissé nombre des leurs dans plusieurs assauts. La résistance de ce poste était due à ce qu'il était soutenu par les maisons d'Ohra. Lennemi comprit enfin, le 11, que c'était cet appui qu'il fallait supprimer. Il incendia les maisons du faubourg, ce qui nous força à évacuer.

Journée du il et nuit du 11 au 12. — Environ à 10 heures du matin, l'ennemi ayant menacé avec des forces considérables le poste de l'Étoile, on l'a évacué. Les troupes qui l'occupaient étaient dépassées par les postes et les tranchées de l'ennemi, il n'y avait plus moyen d'y tenir. Nous conservions le poste en arrière, dit du Capitaine, mais, le soir,

LE SrEGE 16S

l'ennemi s'y porta en force, environ 2.000 hommes, l't nous l'abandonnâmes de même. Il réunit par une tranchée ce poste avec le boyau couronnant la crête 'le la hauteur qu'il avait exécuté dans la nuit pré-

'dente, mais, au jour, ce nouveau travail n'étant pas assez avancé, il ne put s'y maintenir et se retira derrière l'épaulement du poste du Capitaine.

Il ne s'est rien passé ailleurs.

Journée du 12. — Nos travaux ont continué partout comme à l'ordinaire. En quittant l'Étoile, on a 1 endul'occupation de la coupure très précaire. On y ït dominé à portée de pistolet. Les canonniers - lUt criblés de balles. On fait mettre des portières

)ur les garantir. Les chevaux, constamment attelés, sont blessés à chaque instant. Les canonniers montrent beaucoup de valeur.

La matinée a été tranquille.

J'ai visité avec M. le Grouverneur les batteries de Frioul et lui ai montre les ouvrages projetés en avant.

Ou pour brûler la ville, ou pour faire diversion à son attaque sur Ohra, l'ennemi commença à midi à lancer des bombes de sa batterie de Kabrun. Un petit nombre a pénétré en ville, entr'autres une bombe incendiaire qu'on a éteinte tout de suite.

Le soir, on traça un ouvrage en avant de Frioul ; il doit se poursuivre pendant la nuit, il fait partie des travaux de la 2™^ ligne de défense à Alt-Schottland. On l'entame au poste n' 2, en avant de Frioul.

Journée pluvieuse, tems assez doux.

166 DÉFENSE DK DANTZIG J

Nuit du i2 au i8 et journée du i3. — L'ennemi * perfectionne ses travaux. Pendant toute la nuit et { tout le jour, ses sentinelles avancées échangeaient j continuellement des coups de fusil avec nos défen- | seurs de la coupure. \

Les batteries Frioul firent un feu suivi qui dut \ beaucoup inquiéter l'ennemi. i

Pendant la nuit, l'ouvrage en avant du Frioul fut ^ poussé ; mais ses fossés n'ayant pas encore assez '^ de profondeur, on ne put y mettre, de jour, des ; travailleurs. Ils eussent été trop exposés. |

Le 13, à 2 heures après midi, on commença une I deuxième coupure en arrière dans la rue du Fau- 1 bourg; elle appuyait sa droite à lamaison attenante i à l'église ; elle traversait le village et appuyait sa | gauche à une maison dans l'Inondation. Ces deux | maisons doivent être crénelées et barricadées. Les. | maisons qui masquent les feux seront démolies. |

Cette coupure est à la hauteur du petit ouvrage en \ avant de Frioul commencé cette nuit; elle s'y trouve réunie par le ravin de l'église en avant duquel il y aura une ligne d'abattis que l'on obtiendra en coupant les arbres des jardins.

Très belle journée. A l'entrée de la nuit, il pleut un peu.

Nuit du i3 au 44 et journée du d4. — Vers les 7 heures du soir, l'ennemi fait du côté d'Ohra unhoura de pied ferme, probablement dans l'intention de déranger nos travaux de la seconde ligne défensive entreprise à Alt-Schottland ; il sort de ses tranchées

des hauteurs en poussant des cris affreux et faisant une fusillade des plus vives et des plus soutenues. Cette attaque parait assez vive pour que l'on batte la générale ; toute la garnison prend les armes et se rend aux postes de combat ; mais à peine lestroupes furent-elles rassemblées que l'ennemi, voyant que ni ses cris, ni son feu ne nous avaient ébranlés, rentra dans ses tranchées et n'en ressortit plus.

La garnison rentre à 40 heures.

L'ennemi s'est contenté de tirailler le reste de la nuit.

Lefeudel'ennemidérangeanostravailleursdenuit du petit poste et de la coupure. Ils reprirent leur travail à 10 heures du soir et on le continua malgré un tems affreux qui avait déjà duré toute la journée. On aperçut le matin deux batteries que l'ennemi avait démasquées pendant la nuit; une de 4 embrasures dirigée sur la coupure, et l'autre, de 7, dirigée sur la coupure, et 5 sur Frioul et son avancée.

Dans la journée du 14, l'ennemi a peu tiré. Quelques boulets et obus sur les travailleurs seulement. Il paraissait fort occupé à préparer ses nouvelles batteries du côté d'Ohra.

Notre artillerie du Bischofsberg a commencé à faire un feu assez vif sur ces batteries; il a continué la nuit suivante.

De la pluye jusqu'à 10 heures du matin, le reste de la journée tems assez beau .

Nuit du 14 au 15 et journée du 15. — Pendant la nuit, l'ennemi a perfectionné ses deux batteries aperçues

la veille, l'une de 7 pièces, la plus à notre droite, l'autre de 4 pièces. Ses 3 lignes de tranchées sur le plateau paraissent achevées. Il fait une batterie qui sera probablement armée de mortiers sur le revers du côté d'Ohra. Du reste son feu de mousqueterie se réduit à très peu de chose actuellement, au lieu de la fusillade continuelle qui avait lieu précédemment.

Nous commençâmes à travailler de jour à l'avancée de Frioul. L'ennemi, l'ayant remarqué, amena quelques obusiers dans sa batterie de 4 embrasures et tira des obus sur nos travailleurs. Quelques-uns tombèrent dans l'ouvrage^ mais ne blessèrent personne Le feu des batteries de Frioul et

du Bischofsberg força bientôt l'ennemi à se taire.

L'on pousse avec la plus grande activité l'avancée de Frioul et la 2"* coupure afin d'être en mesure lorsqu'on sera forcé d'abandonner la 1''* coupure...

Les travailleurs de nuit n'ont pas été inquiétés

300 hommes, travailleurs de jour pour l'avancée, reçurent des obus, mais on les éparpilla. Il n'y eut aucun accident et l'ouvrage alla toujours son train.

Le feu des batteries Frioul et du Bischofsberg ne se ralentit pas. Ce dernier dirige aussi des bombes sur les travaux du plateau d'Ohra. j

Assez belle journée, un peu froide. '

Nous avons examiné les travaux de l'ennemi de dessus le Bischofsberg avec M. le Gouverneur et le général de l'artillerie. On a commencé à tirer sur ses travaux non seulement du Bischofsberg, mais des bastions Gertrude et Medlock.

Nuit du io au 16 et journée du 16. — L'ennemi, pendant la nuit, perfectionna ses deux batteries et en fit une troisième de 3 embrasures à mi-côte sur les pentes du côté d'Olira, à 250 toises de la première coupure. Il arma ses batteries à 4 et à 7 embrasures avec du canon de 24 et des obusiers, et fit un feu qui fut presque sans efifet ; du moins, il ne nous empêcha pas d'avancer nos ouvrages.

Pendanttoute la nuit nous travaillâmes h l'avancée deFriotil et à la coupure de Schottland: au jour les travailleurs furent placés dans l'intérieur afin d'être

moins exposés au feu de l'ennemi Le Biscliofs-

berg et les batteries Frioul ont fait un feu réglé et suivi sur les travaux de l'ennemi. On juge à propos de répaissir intérieurement les batteries Frioul.

Assez belle journée, tems couvert, point de pluye.

J'ai visité les travaux d'Ohra avec le général Devilliers et les majors Schneider et Legros.

Nuit du 46 au 47 et journée du 47. — L'ennemi a continué l'armement de ces deux batteries de droite du poste du Capitaine, desquelles il fait un feu assez vif. Il a tiré aussi des bombes de 8 pouces dont quelques-unes sont tombées dans l'intérieur de l'enceinte, entre autre sur le magasin du génie, qui se trouve fort endommagé... Sa batterie des 3 embrasures à mi-côte n'a pas encore tiré et ne paraît pas être armée...

Il lance peu de bombes et point d'incendiaires. Il xcmmence à tirer contre la première coupure, de sa nouvelle batterie, de même que contre la longue pa-

lissade qui est dans le prolongement de cette cou-| pure, mais sans l'entamer. l

On a poursuivi le travail de la coupure et celui dej l'avancée dont la face gauche est massée. Les batte-^ ries Frioul sont épaissies de 6 pieds, le parapet a| maintenant 15 pieds... On a pris les dispositions! pour mettre le feu aux maisons entre les deuxj coupures dans le cas où l'ennemi forcerait lai première avant la construction de la deuxième. '

Tems couvert, assez doux, vers le soir de la pluj'el et du vent. I

Nuit du d7 au 48 et journée du i8. — Dans la nuit,^ l'ennemi a paru très tranquille, mais sur les 9 heures| du matin, il commença à lancer des fusées et desl bombes, des obus, des boulets rouges de sa batteriel des hauteurs d'Ohra, ainsi que de celles de Kabrunjjj et Schellmûhle,surles quartiers de Lang-garten,Ni-| derstadt,VorstadtetSpeicher-InseI... L'effet despre-' mièresaété plusà craindre; beaucoup sont arrivées à: treize ou quatorze cents toises et sont tombées dans les quartiers de Pogen-fuhl et de Lange-Gasse, des fusées sont arrivées jusqu'à la Lange-Gasse où le feu prit trois fois, mais on s'y porta à tems pour l'éteindre. Avant onze heures du matin, on avait compté environ 15 a 1000 fusées incendiaires dont une bonne partie éclatait en l'air... Dans les magasins au Speicher, il n'y eut aucun incendie ; du reste le feu de l'ennemi embrassait toute la partie de la ville comprise entre le Bischofsberg et le Langgarten et limité par la Lange-Gasse.

LE SIÈGE 17i

Le feu fut très vif jusqu'à 11 heures et continua faiblement jusqu'au soir.

Malgré le feu de l'ennemi, nos travaux ont continué nuit et jour sans interruption, soit à l'avancée,

soit à la deuxième coupure L'ennemi a fait feu

de sa batterie à mi-côte sur la première coupure et sur nos travailleurs de la deuxième.

Très beau tems, beaucoup de vent.

J'ai visité le Bischofsberg, Frioul et tous les ouvrages vers Ohra.

Nuit du 18 au 19 et journée du 49. — Nos travaux ont continué comme de coutume On a été

assez heureux pour prévenir tout incendie. La première batterie flottante poursuit l'ennemi à coups de canon. Capitaine Gauthier.

Belle journée, tems doux.

L'ennemi paraît avoir 6 mortiers, 3 obusiers, quelques pièces tirant à boulets rouges et les autres à boulets creux. 11 continue toujours son feu.

[1 nous accable (sans un moment d'interruption) d'une grêle de bombes, tant incendiaires qu'éclatantes, d'obus et de boulets rouges, dont une bonne partie tombe sur la grande place d'armes de Lang- Marktou dans les environs.

A 7 heures et demie, une bombe tombe sur la maison de M. Muhl, au Lang-Markt, dans laquelle logeaient mes deux aides de camp et que je devais occuper moi-même. Deux jours auparavant, j'avais été au moment de m'y installer et, la veille, 18, j'y avais fait porter la majeure partie de mes malles et

papiers, au milieu desquels la bombe est tombée. 1 Vers midi le feu devient très vif; plusieurs per- ^ sonnes sont tuées ou blessées sur la place du Lang- p Markt. Entre autres un grenadier de la garde im- | périale en faction à la porte du payeur, au moment | même où j'entrais sur cette place avec Monsieur le | Gouverneur, avec qui je revenais de parcourir toute | la ligne des avant-postes. ^

Nuit du iO au W et journée du 20. — A 6 heures ^j du soir, un incendie se manifeste dans le magasin i de bois situé dans Speicher-Insel ou Ile des gre- 'i niers.vers la partie méridionale. Le Gouverneur s'y 1 transporte avec presque tous les généraux et l'état- 3 major. On fait de vains efforts pour concentrer le feu dans le magasin, il gagne ceux du voisinage ainsi que d'immenses chantiers qui les environnent. Vers 10 heures, un grand nombre d'édifices étaient enflammés et le vent soufflait avec violence. A onze heures, l'incendie commence à menacer nos magasins d'approvisionnemens. Il se communique à 5 casernes voisines et à 3 qui leur faisaient face. Le danger était d'autant plus imminent que, par malheur, la première maison à brûler était un magasin de chandelles et de suif. On parvint avec beaucoup de peine à isoler ce bâtiment. C'est après avoir battu la générale, réuni beaucoup de moyens et fait d'énormes efforts qu'on est parvenu à arrêter les progrès du feu. Vers 3 heures du matin, on commençait à être sans inquiétude sur ce point et le danger cessa vers 5 heures du matin. On doit

LE SIKGE 173

cit heureux résultat au dévouement des troupes et surtout à celui du corps du génie. On assure que le feu a été mis par un boulet rouge.

Vers 10 heures du soir de cette même nuit, un second incendie a éclaté avec violence dans une maison sur le Butter-Markt et a menacé d'embraser toute la portion de la ville dite Vorstadt. Deux ou trois maisons, avec leurs dépendances, y ont été consumées. M, le sénateur Eggert, chargé de la directiondes pompes de la ville, y a été blessé grièvement d'éclats de bombe ou d'obus.

Le bombardement continue avec vivacité, l'ennemi lance beaucoup de boulets rouges, dont un entre dans le palais du gouverneur.

A midi, le feu prit dans un magasin de bois près du Valhoff; la réverbération l'aurait enflammé sans de prompts secours qui 'prévinrent les accidens. Alors l'incendie se dirigea sur Pogen-fuhl et Pleicher- Gasse, menaçant à la fois les magasins du génie et l'arsenal neuf. On parvint à le couper du côté de ces deux établissemens . L'on craignait que le feu n'atteignît les blindages de la poterne Weilben qui renfermaient 200 milliers de poudre. L'explosion eût été afl"reuse et eût pu faire brèche aux corps de garde. Le général Lepin y fit arriver sur-le-champ un détachement de canonniers et d'ouvriers, on détruisit toutes les clôtures et maisons voisines, on revêtit le blindage de briques et on parvint à isoler le magasin à tems.

Dans cet incendie et dans les précédens, l'ennemi

i74 DEFENSE DE DANTZIG

n'a cessé de tirer sur les points où il voyait le feu; les Lombes et les obusyarrivaientà chaque instant.

D'autres incendies éclatent dans Vorstadt; on parvient à les contenir.

Pendant 30 heures, le feu n'a pas cessé.

Très belle journée, tems doux, point de vent.

Nuit du 20 au 2i et journée du 2L —L'ennemi a continué son feu. Il a percé des embrasures dans une batterie qui se trouve sur sa gauche, entre Wonneberg et le vallon de Schônfeld.

Point d'incendie pendant la nuit.

Dans la matinée, plusieurs maisons de Vorstadt- Scher-Graben sont la proie des flammes. On parvint à arrêter l'incendie. Jusqu'au 21 il n'y a pas eu de i magasins de l'armée atteints ; mais, dans le grand incendie du 19, il y a eu de consumés 18 locaux employés au logement des troupes.

On a établi dans la Mottlau deux batteries flot- ^ tantes, qui prennent des revers sur le plateau d'Ohra. | Deux obusiers et une pièce de 12 ont fait feu. Ils | ont étonné l'ennemi et produit un bon effet. |

Ce même jour, le Comité de Défense, assisté du ; chef d'état-major et du commandant supérieur de ^ la place, ainsi que des magistrats chargés de la j police des incendies, a tenu une longue séance | dans laquelle on a posé les bases d'une nouvelle | organisation du service relatif à cet objet. ^

A 4 heures du soir, une dizaine de soldats russes | se sont avancés sans armes vers la batterie d'Istrie, | cherchant à exciter les sentinelles à déserter. On j

leur tira un coup de canon à mitraille et ils n'y revinrent plus.

Belle journée, tems doux.

Nuit du 21 au 22 et journée du 22. — L'ennemi continue son feu, mais moins vivement.

Nos travaux et palissademens continuent. L'incendie mal éteint de Vorstadt-Scher-Graben, s'est rallumé et menaçait de gagner l'église de Pogenfuhl : une coupure a borné ses progrès. Le feu prend "souvent en divers endroits de l'isle des magasins, mais on l'éteint tout de suite.

Le soir, le Comité de Défense s'occupe de nouveau des moyens à préparer contre les incendies. 11 arrête la formation d'un corps de pompiers et propose de nommer pour chef de ce corps le chef de bataillon du génie Répécaud.

Le même jour, on aperçoit une nouvelle batterie très longue à 4 embrasures en face du Bischofsberg.

Beau tems, un peu froid.

Nuit du 22 au 23 et journée du 23. — L'ennemi a ouvert une batterie de 4 pièces à son boyau du Zigankendorf. Il tire de la redoute en face de la barrière de Schidlitz, pour la première fois. Il continue à tirer sur la ville à bombes et boulets rouges. Il a 5 batteries à notre gauche sur le plateau d'Ohra, et une à notre droite entre Wonneberg et Schônfeld.

Il a tiré jusqu'à ce jour plus de 10.000 bombes.

Nos travaux se continuent. On palissade l'avancée

176 DÉKENSE DE OANTZIG

de Frioul, le travail de la 2^ coupure s'avance et l'on ne travaille plus de nuit à Schottland.

Organisation du bataillon pour les incendies. M. le chef de bataillon Répécaud le commande.

J'ai visité, ce jour-là, Weichselmunde et Falirwasser avec Monsieur le Gouverneur et le général Lepin.

Tems froid, mais assez beau.

Nuit du 23 au 24 et journée du 24. — Malgré la vivacité du feu de l'ennemi, aucun incendie ne s'est manifesté ; il n'y a que celui de Yorstadt-Sclier- Graben qui s'entretient, mais sans progrès ni danger.

Vers midi, heure de la parade, l'ennemi écrase de bombes le quartier de Lang-Markt où elle déflle ordinairement, mais il n'y en avait pas ce jour-là. Jusqu'à cette époque tous les incendies ont été contenus ou éteints.

Nos travaux sont les mêmes.

Je vais reconnaître avec le colonel de Richement l'emplacement d'un nouvel ouvrage à faire sur le plateau du Zigankenberg et dominant Schidlitz, près du poste appelé poste du Chef de bataillon.

Tems humide, mais un peu froid.

Nuit du 24 au 25 et journée du 25. — Vers le soir le tems se met à la pluye, qui devient abondante vers 10 heures et dure toute la nuit, ce qui faitcesser le feu de l'ennemi.

Son feu recommence avec vivacité vers 11 heures du matin. Vers 2 heures après-midi, la pluje augmente et dure presque toute la nuit, en sorte que le feu de l'ennemi est peu considérable.

Nos travaux comme les jours précédons.

Le tems est mauvais et pluvieux.

Nuit du 25 au 26 et journée du 26. — Le feu de l'ennemi s'est beaucoup ralenti. Il travaille à réparer les dégâts que la vivacité de son feu a causés à ses batteries. Il monte une autre batterie sur le Zigankenberg.

Le feu se ranime un peu vers 4 heures.

Le tems est extrêmement mauvais. On a été forcé d'abandonner le travail de nuit, ce qui est sans inconvénient, vu l'avancement des travaux.

On a commencé cette nuit l'ouvrage au-dessus et à droite de Schidlitz, à gauche du Zigankenberg, mais le tems oblige de suspendre les travaux vers 2 heures du matin. Le baraquement des troupes au camp retranché est près d'être achevé. On loge les troupes dans le Bischofsberg et le Hagelsberg.

Journée froide et pluvieuse. Il tombe de la grêle et même de la neige.

Nuit du 26 au 27 et journée du 27. — Dans la nuit, l'ennemi a commencé une redoute à 50 toises de notre poste le plus avancé, à gauche du Stolzenberg. Il a beaucoup avancé son ouvrage pendant la nuit. De l'autre côté du ravin, derrière cette redoute, il a travaillé à une tranchée et une batterie pour soutenir cette redoute en avant.

178 DEFENSE DE DANÏZIG

Ce nouvel ouvrage semble particulièrement des- ^ tiné pour ses mortiers d'Ohra dont il ne fait presque ^ plus d'ouvrage depuis quelques jours. On a aperçu 'i sur sa droite des piquets indiquant la direction de ! la tranchée qu'il doit exécuter dans cette partie, en i suivant la crête du petit contrefort. l

La deuxième batterie de Schidlitz a été attaquée, i L'ennemi a brûlé deux maisons et s'est retiré. J

Vers midi, il fait une salve de réjouissance de 50 \ coups de canon. s

Le travail de nuit à l'ouvrage au-dessus de Schid- i litz ne donnant pas un résultat assez prompt, on y • travaille pendant le jour. •

Nos autres travaux se poursuivent; celui de la -j coupure d'Olira a un peu souffert par le feu de l'en- | nemi qui tirait, sur la coupure et dans le village, des boulets rouges, des bombes, obus, etc., particulièrement sur le couvent des Jésuites. Il a mis le feu, mais on l'a éteint. Un paysan travailleur est tué et ': une femme grièvement blessée. Les batteries du Bischofsberg ont tiré toute la nuit sur les travaux de l'ennemi. Celles de Kirgener et d'Istrie ont aussi fait feu sur ceux de la hauteur de Schidlitz.

J'ai visité tous les travaux d'Ohra et le Bischofsberg.

Journée froide, mais belle. Beau soleil.

Nuit du 27 au 28 et journée du 28. — La redoute commencée la nuit d'hier par l'ennemi ainsi que sa 2« batterie du Zigankenberg ont été armées pendant lanuitet, aujour, elles ont tiré, l'une sur les batteries

Frioul et l'autre sur la tèto du camp retranché et sur notre nouvel ouvrage. Un coup de boulet atteignit la bouche d'une pièce de 12, placée dans la redoute Kirgener. Le boulet se brisa et refoula le métal, mais la pièce, qui était chargée, pai-tit sans que personne y mit le feu, et le boulet, en sortant, rétablit le métal *.

On a beaucoup tiré sur le Frioul et sur Schottland, mais seulement quelques boulets rouges et bombes sur la ville. On a travaillé de nuit à la nouvelle batterie de Schidlitz, mais à une heure du matin le travail a été interrompu par une attaque de l'ennemi. Elle a eu lieu sur la tète du village de Schidlitz, sur le poste qui est à sa droite et sur celui du Stolzenberg. Il a perdu une trentaine d'hommes à l'attaque des deux premiers et n'a conservé que la deuxième.

On a également réparé pendant la nuit les batteries Frioul, qui souffrent beaucoup des 4 batteries dirigées contre elles.

Dans la journée, il y a eu quatre hommes de blessés au nouvel ouvrage de Schidlitz. L'ennemi a envoyé trois parlementaires qui n'ont point été reçus.

Les batteries flottantes continuent leurs feux. Le feu de l'ennemi sur la coupure d'Ohra a été si fort qu'il afallususpendreletravail pendant quelque tems.

Je visite les hauteurs du Stolzenberg et de Schidlitz pour chercher les emplacemens de quelques nouveaux ouvrages.

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