Défense de l'enseignement des écoles catholiques
La secte dont Je me suis declar(> l'adversaire a pris iin. L'Eglise est purgée de ce mauvais levain , qui teudoit à corrompre de plus eu plus toute îa masse. Celte partie de la jeunesse cléricale, qui avoit bu à la coupe empoisonnée de l'erreur, a rejeté le venin dont eile etoit infectée; elle a rendu au jugement du Chef de l'Eglise toute la soumission qu'on devoit attendre de sa pieté et de la })urete de sa- foi. La religion en a souOert un dommage moindre que celui qu'on avoit d'abord craint; car, il faut le dire, celte erreur a eu sesmomens, où elle a paru redoutable à la ve'rile'. Son agence^ ses associations secrètes, l'audace de ses journaux, leur st\ le de feu , le prosélytisme ardent de ses disciples, ses progrès invisibles et toujours croissans parmides jeunes gens d'élite; toutes ces choses ont ëtè un moment pour les gens de bien un sujet de terreur et d'alarmes. Enlin le secours d'en haut nous est venu au moment oii il n'ètoit guère attendu. Dieu a en quelque sorte loimo du haut des cieux.
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l\)uL à coup ce parti tranquille el plein (lY's • perance a entendu le bruit du tonnerre; la première Enc\ clique a éclate contre lui , comme une bombe au milieu d'une ville endormie au sein de la paix. Les Brefs de Sa Sainteté aux e'vèques ont frappe de nouveaux coups. Dès ce moment, le parti place sur la défensive a vu ses presses se briser, ses associations se dissoudre, ses émissaires rentrer dans l'obscurité.
Profondément blessé, il a commencé à languir, à s'aiFoiblir; il en étoit presque à son dernier soupir, quand l'Encyclique du 25 juin lui a donné le coup de la mort. Et si nos conjectures ne sont pas vaines, si nous ne sommes pas abusés par de fausses espérances, nous pouvons ajouter avec vérité, qu'il n'y a pas d'exemple dans l'Eglise, d'une secte qui ait si peu vécu, et qu'on puisse appeler à meilleur droit , un avorton mort presque aussitôt que né. Le torrent sorti de ce court orage, a fait plus de bruit que de mal, sur le sol de la France; espérons que l'exemple d'une justice si terrible de Dieu sur l'orgueil, sera pour la jeunesse une leçon utile. A la vue decettebrillanleétoile tombée
du ciel , elle apprendra que les dons e'mineiis de l'esprit ne sont pas moins redoutables à un chrétien , que les biens de la fortune ; que la malédiction de Dieu pèse sur les superbes, encore plus que siu' les riches du siècle; et que ce sont les humbles de cœur et d'esprit, que le Fils de Dieu a canonises, encore plus que les indigens des biens (kl corps. Plusieurs avoient peut-être prête l'oreille à ces discours faux et trompeurs, que le siècle pre'sent marche vers la perlectibilitë; qu'il y a du vrai dans ce qu'on affirme du progrès de ses lumières ; que les anciens , entêtes de leurs prèjuge's , sont de vieilles têtes ferme'es hermétiquement à toute idée bonne, par cela seul qu'elle est nou- \elle; et que le jeune clergé, riche de tant de découvertes anciennes et modernes, arrive aujourd'hui de bonne heure à la maturité de l'âge et de l'homme fait, à qui il appartient de donner le branle aux affaires. A présent que le charme est tombé, la jeunesse ne regarde pas sansfréjnir le profond abîme oii la menoit ce guide infidèle.
C'est un ami qui parle ; et le devoir de ranjiti<^', c'est la franchise qui ne dissinude
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rien: et puis ces fautes réparées par une humble soumissioQ de l'esprit sont heureuses, puisqu'elles lui vaudiont plus de défiance d'elle-même, plus de soumission à Fautoritë. Le vieillard qui réfléchit, les trouve plus dignes d'indulgence, que de rigueur. Les prêtres sont, comme tous les autres hommes, les enfans de leur siècle. L'esprit du siècle où nous vivons nous modifie de mille manières j c'est un air qui filtre, qui pénètre partout; et quand il souille du vent de la présomption, ce vent ne peut qu'enller un peu les esprits, jusque dans le sanctuaire. Or, que le caractère do l'esprit de notre siècle soit trop de certitude dans ses jugemens, de confiance dans ses moyens, d'amour pour la nouveauté', la vérité ne permet pas de dire le contraire.
Je le répète; la secte a passé, mais elle a laissé des traces de son passage , qui ne s'effaceront pas de si tôt? Qui sont-elles? Je ne dois pas les nommer toutes, mais je ne puis me dispenser de signaler ici ce triste effet qu'on lui attribue, et qui va faire le sujet de cet écrit. On a parlé de quelques opinions politiques scandaleuses que les oreilles chré-
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lieniies n'etoieot pas accoutumées à entendre; (^lles dévoient germer dans les esprits: ce n'est pas impunément que les jeunes clercs de ce parti ont lu pendant plusieurs années le journal de r Avenir; l'arbre de la liberté' de la presse portera toujours de mauvais fruits. L'examen de cette politique antisociale pourra faire la matière d'un autre écrit. J'examine dans cet opuscule une erreur d'un autre genre, que ces mauvaises lectures ont créée dans les esprits. Je parle du mépris qu'elles ont inspiré à la jeunesse cléricale pour la ihéologie enseignée dans nos écoles, pour les questions qu'on y traite, et la méthode qu'on y suit. Toutes ces choses, sous le nom de scholastique, sont, pour les novateurs du jour, le but de leur dérision, un lieu commun où ils vont puiser la matière de leurs déclamations. Ce mal est profond, désastreux même. Ce préjugé meurtrier vajusqu'à ravager dans leur semence, et détruire jusque dans leur racine, tous les fruits de notre éducation ecclésiastique. Il en résulte que les élèves du sanctuaire écoutent avec prévention les leçons de leurs maîtres, lisent avec dégoût les livres classiques qui leur
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servent Je texte, ne les étudient plus que pour échapper à la vigilance de leurs supérieurs, ou pour fournir aux preuves de science exige'es pour l'admission aux ordres. Ils emploient une grande partie d'un temps si précieux , et irréparable dans sa perte, à des lectures profanes, plus capables d'enfler de vent leur esprit, que de le nourrir de raison et de sagesse.
Cet opuscule, destiné à combattre ce travers, aura troisparties. Dansla première, j'expose l'histoire de Forigine et des progrès de la théologie scholastique. Dans la seconde, je développe ses nombreux avantages. Dans la troisième, je réponds aux reproches qu'on lui fait. Là, je me vois engagé avec peine dans unelutte corps à corps avec un adversaire qui a des titres mérités à l'estime publique. Son élocution aisée, sa parole noble, élégante et facile, son beau talent pour écrire, sa piété . même avoient inspiré tant de confiance à son évéque, qu'il a cru pouvoir sans danger l'ordonner prêtre , encore néophyte dans la foi. Pourquoi iaut-il qu'il ait trompé de si belles espérances, et mêlé tant d'amertumes danslesderniersjours d'un prélat, son père à
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bien des titres, puisqu'il ravoiteleve'avectant (le honte, après Fa voir engendre ausacerdoce? Son 8} stème erroné, sceptique, subversif des fonderoens delà foi, a etë de'noncë à l'Eglise par M. l'ëvéque de Strasbourg. Le scandale des oreilles catholiques en a déjà fait justice. Sa réfutation est étrangère à mon sujet. Je n'ai à choisir dans ses e'crits, que cette tirade, ou sur un ton badin et léger, qui n'est pas sans fiel et sans aigreur, il verse tant de ridicule et de mépris sur la scholas- . tique, me'thode d'enseignementconsacre'e par le suffrage de l'Eglise, et par six cents ans de pratique dans ses écoles. Ces plaisanteries, si hardies et si dèplace'es au milieu de tant de licence et de dévergondage dans les idées, ne seroient, aux yeux de plusieurs, que des bagatelles dans la bouche d'un séculier: dans celle d'un prêtre et d'un instituteur de la jeunesse eccle'siastique, elles sont, je n'ose ciire après saint Bernard (i), des blasphèmes, mais du moins des assertions scandaleuses, dignes d'être relevées avec force. J'offre cet écrit aux jeunes élèves de nos
^[) Dr (Jonsld. lil). Tî . v:\p. xm , ii. 2^.
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séminaires ; je les piie de le lire avec l'esprit qui l'a dicte, qui est un grand zèle pour la borme doctrine, un grand désir de les préserver du venin de l'erreur, laquelle est pour eux aujourd'lnii comme un air où ils respirent. Je l'offre encore aux prétresengage's dans le saint ministère, pour qui la théologie doit être l'étude de toute la vie. Enfin pourquoi ne l'off'rirois-je pas aussi à taut d'hommes recommandables de l'ordre séculier, qui sont pour l'Eglise comme le petit troupeau qu'elle a sauvé du naufrage de la foi? Plusieurs d'entre eux, par Fémiuence du savoir, du rang, de la gravité des mœurs, font autorité dans le monde chrétien, et mettent encore par leur jugement uu graud poids dans la balauce de l'opinion publique.
DISSERTAïTON