‹ Défense de la Discussion amicale, en réponse aux Difficultés du romanisme de m. Stanley-FaberChapitre 1 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Vous m'avez , Monsieur , demandé avec tant d'instance une réponse à l'ouvrage récemment publié par M. Faber, contre ma Discussion amicale y que je me serois fait un vrai reproche de vous la refuser. Le seul embarras que m'ait causé votre demande est venu de l'impossibilité où je me suiô trouvé de concilier le travail qu'elle exigeoit avec les occupations que me donne l'administration d'un diocèse. J'ai dû me résoudre à faire trêve avec les dernières pendant un temps, en réfléchissant, d'une part, que la réfutation vous avoit paru concluante et péremptoire, et de l'autre, en apprenant que mon silence seroit interprété par vos compatriotes comme l'aveu tacite d'une défaite. Vous m'assurez que l'attaque portée dans ma personne à la doctrine que je professe est partie d'une plume renommée, du premier de vos controversistes. Eh bien, Monsieur, je m'en félicite avec vous : la réputation et les talents d'un tel antagoniste n'en donneront que plus d'éclat à la vérité. J'espère qu'avant peu vous verrez les raisonnements^ de votre célèbre théologien tomber devant vous l'un après l'autre sans force et sans effet, et les preuves que j'ai développées dans mon ouvrage demeurer encore intactes après le sien.

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3'espère qu'alors vous concluerez vous-même que la croyance catholique est impénétrable aux traits de sefi adversaires.

Dans la première lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire , vous m'annonçâtes que votre savant ami s'étoit engagé à réfuter mon ouvrage, qu'il se proposoit de m'y suivre pas à pas et de montrer sur chaque article que je m'étois constamment bercé d'une vaine illusion ^ en me croyant toujours appuyé de l'Ëcriture-Sainte et de la primitive Église. Cette marche assurément étoit la seule méthodique , la plus franche en même temps et la plus propre à mettre la vérité en évidence. Cétoit, m'assurâtes- VOU&, celle qu'alloit prendre mon antagoniste. Figurez-vous donc , Monsieur y ma surprise, lorsqu'en parcourant sa réfutation , j'ai vu qu'au lieu de procéder pied à pied sur mes traces , au lieu de s'attacher à l'arrangement que j'avois mis dans les questions, il avoit préféré n'en tenir compte, les déplacer ^ mettre en avant celles qui n'auroient dû venir qu'à la suite. Un écrivain de la pénétration que vous lui connoissez aura bien senti sans doute ce que les preuves acquièrent de force par leur enchaînement entre elles, ce qu'elles perdenlTpar leur isolement l'une de l'autre.

Quoique très-divisés d'opinion, M. le bachelier Faber et moi, un même motif nous a mis la plume à la main , celui de convaincre vos compatriotes. Notre grande opposition est dans notre objet. J'ai voulu leur faire sentir les raisons qui doivent les ramener à l'unité i le bachelier, au contraire , celles qui pou-

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voient davantage les eu tenir éloignés. Je tends à persuader la réunion , lui à perpétuer la dissidence. Je crois qu'il y a tout à gagner pour vous en rede* venant ce que vous fûtes; lui, au contraire, que vous n'avez qu'à perdre en ne restant point ce que vous êtes. Lequel de nous deux a plus solidement plaidé sa cause , ou plutôt la vôtre ? Nos juges sont ceux-là mêmes pour lesquels nous avons écrit ; nos livres sont les pièces du procès ; que Ton veuilld bien mettre les auteurs de côté et peser leurs rai« sons.

Dans le parallèle que je demande , je reconnois à mon antagoniste un terrible avantage sur moi : il s'exprime dans la langue des intéressés, et moi dans une langue étrangère au grand nombre. Je supplie du moins ceux qui nous comprennent de comparer Isi Discussion amicale avec les Difficultés du Romor nisme^ et de balancer impartialement nos preuves. Ce travail leur coûtera sans doute de l'application et exigera de la patience. Je le sollicite de leur part pour l'honneur de la vérité, au i^pm de leurs plus chers intérêts, de leur bonheur dans l'un et dans l'autre monde. ^

N'attendez pas de moi , Monsieur , que je m'étende

ici sur toutes les questions qui nous divisent, sur les

motifs qui établissent la vérité de la foi catholique,

sa conformité, soit avec les lumières naturelles de la

raison humaine , soit avec le texte de l'Écriture-

Sainte, ou l'enseignement et la pratique de l'Église

primitive, conséquemment la nécessité de l'adopter;

celle de renoncer à une réformation prétendue^

ITTTRODUCnOïf.

aussiniille dans son établissement qu'erronée dans sa doctrine. Ce travail excéderoit le loisir que me laissent mes occupations habituelles. Ce seroit aussi recommencer celui que j'ai déjà publié , et transcrire la Discussion amicale presque entière. Il est plus simple de vous y renvoyer en vous indiquant le volume et les pages (i). Vous y trouverez les preuves que j'ai développées sur les dogmes contestés. J'ose vous assurer qu'elles sont restées jusqu'ici dans leur force , et que les Difficultés du Romanisme ^ quelque spécieuses qu'elles aient pu vous paroître, ne leur ont porté aucune atteinte réelle.

Je vais donc me borner à replacer sous vos yeux quelques articles des plus importants , avec l'analyse de mes preuves et celle des objections que M. Faber leur oppose. J'y consacrerai les deux premières parties de ma réponse. Elles suffiront, j'espère, pour justifier mes assertions , rectifier le jugement que vous en avez porté d'après M. Faber , et affermir le triomphe de la croyance catholique. Dans la troisième partie , je passerai entrevue les fausses suppositionsi les malentendus, les méprises , et les reproches, les dispositions chagrines et les tournures hostiles que je n'ai malheureusement que trop souvent rencontrés dans les Difficultés du Romanisme.

(i) Elles seront indiquées sur rédition de Pariî , plus correcte, par Potey , libraire , rue du Bac, n® i6.

DE

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