‹ Défense de la Discussion amicale, en réponse aux Difficultés du romanisme de m. Stanley-FaberChapitre 17 sur 20 · ADDITION · texte numérisé non relu

ADDITION

M. Faber prend congé de moi et de mon ouvrage en me présentant un portrait tracé par le pinceau vigoureux de TertuUien. Bien loin de m'en ofFenser, comme il paroît le craindre , je l'en remercie. Je m'étonne seulement qu'il ait pu prendre assez sur luimême pour appeler mes regards sur ce tableau d'une ressemblance frappante avec l'Église Catholique, défectueuse au contraire avec l'Église d'Angleterre. Fixez-le avec attention, je vous prie; et dans tous les traits de ce monument antique vous nous retrouverez tels que nous sommes après seize siècles révolus, tels que vous étiez jusqu'aux temps de Henri VIII, et que vous avez tout-à-fait cessé d'être depuis Elisabeth.

Au reste, fidèle jusqu'à la fin à sa méthode accoutumée, M. Faber a tellement mutilé, bouleversé un des chefs-d'œuvre de celui que Saint Cyprièn nommoit le maître, qu'il rejette en arrière et au plus loin ce que TertuUien a placé sur le devant du tableau. Afin que vous puissiez vous en convaincre, je vous offre la copie fidèle de l'original ; la voici :

c< Eh bien ! voulez-vous satisfaire une louable cu- » riosité, dont l'objet est le salut? Parcourez les 2> Églises Apostoliques, où président encore et dans » les mêmes places les chaires des Apôtres, où vous » croiriez, à la lecture de leurs Épî très originales, en- » tendre le son de leurs voix et contempler leurs faces » augustes. Etes^ vous près de l'Achaïe? vous avez

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» Corinthe : de la Macédoine ? vous avez Philippes » et Thessalonique. Vous est-41 facile de pénétrer 3» en Asie? tous avez Éphese (i). Si vous êtes aux » portes de Tltalie , tous avez Rome » à t autorisé de i> qui nous sommes aussi àportée de recourir. Qu'elle » est heureuse cette Église (a) , dans le ^in de U* » (juelle les Apôtres ont répandu leur doctrine et leur » sang; cette Eglise où Pierre est assimilé à la Pa$« »$ion de aon Sauveur; où Paul (3) est couronné j> comme le Préairseur; et d'où Jean FApôtrei sorti D sain et sauf de Thuile bouillante, est relégué dam » une île !

» y oyons ^e qu'elle a appris, ce quelle enseigne » conjointement avec les Églises Africaines. Elle 9 croit en un seul Dieu Créateur de l'univers j^ en » Jésus-Christ son fils né de la Vierge Marie. £Ue

(i) « Habes Romam, undè nobis quoque aucioritcts prœsto est."» Je laisse à M. Faber le plaisir de vous confier pour (juelle raisou il a supprimé ces paroles. Yoilà trois siècles que son Eglise a rejeté rautorité de cette chaire éminente et principale, à laquelle h nâlre n'a cessé et ne cessera pas de recourir dans les occasions importanteft*

(a) n a plu à M. Faber de cominencer ici sa traducticn ; \^ magnificjue éloge de Rome est amené dans TertuUien par ce que; vous venez de lire.

(5) UbiPaulus Joanrds exitu coronatur, où Paul est couronné par la même fin que Jean. Jean-Baptiste et Paul furent décalâtes. Mais M. Faber a traduit : tkere Pautus wcis crown'd hy ike evcuùm ofjohn , ce qui ne présente pas de sens. Bt ces mots : Ubi Apoitoluft Joannes , ikere John himstlf, M. Fabtr ne voit que l'Ëvangélistc Jean | tandis que TertuUien distingue le pré^ curseur de l'Apotre.

DE LA DISCI7SSI0N AMICAUS. SSg

» confesse la résurrection de la chair ; elle associe » aux Prophètes et à la Loi les Évangiles et les Épî- » très des Apôtres ; elle puise sa foi dans ces sour- » ces ; elle consacre ses Fidèles par l'eau ; elle les » revêt du Saint-Esprit; elle les nourrit par l'Eucha- »ristie; elle les exhorte au martyre; et quiconque » ne professe pas cette doctrine ( qu'elle tient du » Dieu Sauveur) , elle ne le reçoit pas (i). C'est cette » doctrine , je ne dis plus qui nous apnonçoit des y> hérésies, mais de qui elles sont sorties ; au reste ces i> hérésies cessent 'de lui appartenir, du moment » qu'elles s'élèvent contre elle. »

(r) Vous remarquerez dans la primitive Église cette inflexî— bilité de principes , cette règle essentiellement exclusive , de laquelle il nous est impossible de nous départir. Tous les Protestants nous, en font un reproche d'intolérance , et vous avez vu avec quelle violence M. le bachelier s'en est courroucé. Il ne m'est point difficile d'en assigner la raison : les erreurs peuvent être indulgentes les unes envers les autres ; elles peuvent faire cause commune ensemble , tandis qu'il est dans l'essence de la vérité de ne pouvoir soufiPrir d'alliance avec ce qui n'est point elle.

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