‹ Défense de la liberté de l'Eglise (volume 2)Chapitre 2 sur 39 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Puisque la bienveillance du public continue à demander quelques-uns des écrits que j'ai publiés en divers temps, et qui sont maintenant épuisés, j'ai dû me résoudre à en ordonner la réimpression.

Ces écrits, sans y comprendre l'ouvrage de YÉducation et celui sur la Souveraineté Pontificale, formeront six volumes.

Le premier volume renfermera quelques discours, sous le titre à'Œuvres oratoires. Le deuxième et le troisième comprendront, sous le nom d'GEuvres pastorales, les mandements, les instructions, les circulaires et les règlements adressés aux fidèles et au clergé du diocèse d'Orléans, depuis que la divine Providence m'a chargé du gouvernement de ce diocèse. Le quatrième volume se composera des instructions et des règlements relatifs à l'Enseignement et aux Eludes ecclésiastiques; le cinquième et le

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sixième , contiendront les écrits polémiques que j'ai publiés pour la défense de l'Église et de ses libertés, soit avant la révolution de 1848, soit depuis.

On me permettra bien d'affirmer qu'un Évoque n'écrit pas pour écrire, mais pour être utile. Je ne consulterai donc que mon devoir, nullement mon goût, et je commencerai par offrir au public non pas ceux de mes écrits qu'une faveur accidentelle a pu recommander un' peu plus à ses souvenirs, mais d'abord ceux qui me semblent appelés à rendre en ce moment des services plus opportuns : je veux parler des controverses relatives à la Liberté de ï 'Église, à la Liberté de l'Enseignement, à la Liberté des Associations religieuses, depuis 1844 jusqu'en 1848, et dans ces dernières années.

Il fut un jour où ces grandes et nécessaires libertés commencèrent à prendre enfin dans la loi, ou au moins dans l'opinion, la place qui leur appartient légitimement. La loi du 15 mars 1850 fut un traité de paix équitable qui mit fin aux luttes du passé. Ce n'était pas tout ce que nous pouvions désirer, tout ce que nous avions demandé ; c'était tout ce que les temps permettaient. Depuis cette époque, aucune loi nouvelle n'est venue apporter à l'Église les libertés qui lui restaient à obtenir : aucune mesure n'a brisé un seul des anneaux de cette

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chaîne dîentraves, qui avail été forgée contre elle par l'injustice etparl'ingratitude des hommes, pendant le cours d'un sièclequi fut le dernier de l'ancien régime, en même temps que celui <\u jansénisme, des \ oltairiens, de la révolution, du despotisme et de la centralisation. On n'a pas cessé de maintenir contre l'Église seule des exclusions, des privilèges el des rigueurs que le niveau révolutionnaire avait, disaiton, effacés de nos institutions et de nos mœurs. Cependant rendons à qui de droit ce témoignage : comme les idées étaient en avant des lois, comme l'opinion et le pouvoir étaient d'accord pour ne pas marchander de trop près à l'Eglise des droits qu'elle ne réclame pas pour elle seule, et dont elle fait un usage évidemment utile et sincère, on a vu, pendanl dix ans, à la faveur du besoin de la paix, les rigueurs sommeiller, les réclamations s'éteindre, la reconnaissance égaler, dépasser peut-être les services, la liberté enfin s'établir graduellement dans les faits.

Nous n'avons point rompu cette paix. Ce n'est pas notre faute s'il nous a fallu nous souvenir que les bonnes intentions ue valent pas les bonnes institutions. Nous nous sommes vus menacés d'armes (pie nous supposions déposées à jamais dans quelque musée d'antiquités législatives. Mais ce sont surtout les journaux, et les plus répandus, qui se mettent de nouveau en campagne, et ressuscitent contre nos

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collèges, nos communaulés, nos écoles, nos séminaires, nos réunions, nos publications, nos droits, une guerre surannée. Si cette guerre éclate sur peu de points encore, si elle trouve l'opinion insensible, je ne me rassure pas : c'est quand l'opinion dort que la justice souffre. Telle est la rapidité et la mobilité de l'esprit français, telle est la pente de la situation actuelle, que nous pouvons craindre de voir nos éternels ennemis développer soudain leurs plans de campagne, et déployer bientôt contre nous toutes leurs forces. Il n'est donc pas inutile d'opposer les réponses d'hier aux objections et aux attaques de» demain. Il n'est pas inutile de redire à la France par quelles fermes et évidentes raisons nous avons reconquis les droits que l'on nous conteste, et par quelles grandes expériences le pays en est venu à nous accorder cette liberté, qui n'est, après tout, que la liberté de lui faire du bien.

En publiant les écrits consacrés autrefois à cette importante polémique, j'obéis donc à une nécessité ; mais en même temps, je dois l'ajouter, je fais violence à deux inclinations de mon âme.

J'aimerais à laisser la parole à ceux de mes vénérables collègues dont j'étais alors, de loin, l'auxiliaire, et qui ont, avant moi, plus que moi, démontré au pays et assuré à l'Église les avantages de la liberté. Leurs beaux livres méritent, et, si mes vœux sont

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