‹ Défense de la liberté de l'égliseChapitre 14 sur 75 · ir · texte numérisé non relu

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loyalement produites. Peut -on s'étonner d'ailleurs, que les débats de si hauts intérêts produisent de profondes émotions? Ne nous en plaignons ni les ans ni les autres ; ces grandes luttes intellectuelles et morales révèlent les fortes intelligences, les nobles cœurs, les généreux caractères.

Je dois Tavoner cependant, M. Cousin seul, pendant le cours de cette grave discussion, m'a laissé de profonds regrets : j'ai gémi plus d'une fois en voyant «ne aussi belle intelligence si mal employer sa force : qu'il me soit permis de dire ici ma pensée tout entière.

Né au dix-septième siècle, ou catholique réel au dixneuvième siècle, M. Cousin eût peut-être marqué sa place aux premiers rangs, parmi les hommes illustres dont la grande école de philosophie chrétienne se glorifie : chrétien éclairé et sincère, il eût peut-être fait de grandes choses ; philosophe comme d'autres, l'œuvre qu'il a faite durera peu.

Monseigneur l'Archevêque de Paris vient de le démontrer invinciblement * avec la clarté et l'élévation de cette belle langue philosophique, qui ne se parle plus guère dans les écoles modernes : en dehors du christianisme. on ne peut que détruire; c'est ce que Voltaire a compris et fait autant que la Providence peut le souffrir ici-bas.

Mais édifier en dehors du christianisme, faire une école de philosophie sérieuse, au dix-neuvième siëctet en dehors de l'Évangile, c'est une œuvre impossible : personne n'y peut croire ; les hommes graves ne peuvent même s'empêcher d'en rire.

* Introduction philosophique à Vétudc du Christianisme,

Chose remarquable! M. Cousin, malgré son rare

esprit, malgré son incontestable talent, était le seul oraleur qu'à la Chambre des pairs on semblait ne pouToir se décider à prendre au sérieux ; on souriait derant les plus belles choses, devant les plus solennelles paroles; on ne respectait même pas toujours la gravité et Texpression de sa douleur.

C'est que M. (-ousin a le malheur de n'être qu'un philosophe, et il ne se lassait pas de le faire sentir. Tout révélait en lui le chef d'école : son geste, le ton de sa Toix, toute sa manière. Aussi, malgré ses efforts, malgré ses avantages sur iM. le Minisire de l'instruction publique, il a éprouvé qu'un philosophe, qui n'est que cela, et se pose au milieu d'une assemblée comme le représentant de la philosophie, ne compte plus guère : en présence d'hommes sérieux et pratiques, l'homme du monde philosophique, l'homme du monde idéal n'est plus rien ; ses plus vaillants efforts ne peuvent guère lui obtenir qae la compassion de ses amis.

Quoi qu'il en soit de M. Cousin et des réflexions plus ou moins justes que peut suggérer le rôle à part qu'il a cru devoir se réserver dans celte affaire, pour moi, s'il m'est permis de dire ici mes impressions personnelles, assistant pour la première fois aux délibéralions d'une assemblée politique, je rappelais à mon esprit, sans le vouloir, ces belles paroles de M. Royer- Collard :

• La pairie française est l'assemblage des supério- « rilés réelles de notre société. Quel pays en Europe, « sans excepter l'Angleterre et sa glorieuse aristocratie, « présenterait une élite d'hommes plus considérables à « toutes sortes de litres, la gloire des armes, les services

« politiques, l'éclat des talents , la propriété ou la ri- « chesse à ce point où elle est une force ?' J'ajoute les « illustrations de naissance; car, je veux le dire en ce « jour,un nom historiqueest une grandeur, et le respect « de la gloire passée prend sa source dans de nobles « sentiments. »

Je voyais une assemblée d'hommes qui savaient écouter; je voyais l'ascendant et la faveur de la raison, du bon sens et de la modération ; j'élais frappé de ia gravité, de l'élévation et de la convenance du langage ; j'éprouvais un plaisir extrême à entendre penser, parler les premiers magistrats de mon pays, tous ces anciens ministres, tous ces administrateurs habiles, tous ces bommes qui ont tour à tour gouverné ou défendu la France, que leur science des affaires humaines, leur expérience de la vie publique, leurs talents, ont rendus nécessaires à tant d'époques diverses. J'éprouvais un plaisir extrême aies voir traiter, approfondir, discuter, sous la haute et savante impartialité de leur président, cette grande question religieuse et sociale, cette question de justice et de liberté, cette question d'un si grand avenir.

Je me disais à moi-même: Pourquoi cette Chambre qui, selon la belle expression de M. Royer-Collard, est le rempart de la monarchie héréditaire et de la constitution de VÈtat, n'a-t-elle pas sur les affaires et sur le gouvernement du pays une influence plus forte, plus directe et plus présente? Le pays y gagnerait.

Et depuis, repassant sur mes impressions, relisant tout c« que j'avais entendu, mon admiration s'accroissait encore : un seul et profond regret m'est resté, c'est que la discussion de la Chambre des pairs ait dû

i'Ire suivie d*un vole auquel le temps n'avait pas donné sa maturité. Comme étude de la question, en effet, cette discussion a été très-belle; comme décision, il est impossible de ne pas faire ses réserves ; et le partage si remarquable des voii, au moment du vote définitif, joslififi assez les regrets que j'exprime.

Je ne viens pas ici toutefois accuser la noble Chambre : j'ai senti ses embarras : elle a cru devoir tenir compte des difficultés de la situation qu'il s'agissait de régler. Le régime universitaire a pris parmi nous des racines si profondes; les esprits sont si habitués à la souveraineté absolue qu'il exerce depuis trente-cinq ans sur l'ins- Iruction publique, qu'il n'a pas paru facile encore d'eu affranchir renseignement comme il doit l'être. Je le sais, dans nos sociétés imparfaites, il faut quelquefois se contenter d'à peu près. La Chambre des pairs se trouvait d'ailleurs en présence d'un projet déplorable ; il aurait fallu le renverser complètement et en faire un autre. \a noble Chambre a pu craindre que ce ne fût tout un ensenfjble d'institutions nouvelles à concevoir et à établir, et il n'en faut pas tant pour effrayer à notre époque le zèle le plus éclairé en matière d'organisation publique.

L'antagonisme vraiment singulier qui éclata alors entre M. Cousin el M. le Ministre de l'instruction publique pendant tout le cours delà discussion à la Chambre des pairs , contribua de plus en plus à démontrer évidemment que ce dernier n'était pas libre dans son action, mais dominé par les intérêts d'une corporation paissante qui, se sentant profondément ébranlée, se wanl menacée par les plus grands pouvoirs de l'État, d'wie réforme redoutée , tentait un effort désespéré , et

allait môme jusqu'à vouloir s'identifier à l'État, pour prévenir toute réforme et empêcher la ruine d'un monopole injuste.

Avant nous, les organes de l'opinion publique se sont exprimés sur tout cela sans délour et sans réserve. Un journal n'a pas craint de dire que le projet de loi n'avait pas d'autre but que de faire passer les établissements libres sous les fourches caudines universitaires.

Le 12 février i8/i/i, le Courrier Français écrivait :

Le vice radical de cette loi, son péché originel et indélébile, c'est qu'elle n'est pas l'œuvre de l'État, mais celle de l'Université ; c'est qu'à chaque article l'Université s'y proclame et dit : L'État, c'est moi ! C'est un acte de parti et non pas un acte de gouvernement.

M. Villemain est bien plut/it le grand maître de l'Université qu'il n'est ministre de l'instruction publique. Au lieu de se considérer comme le grand pontife de l'enseignement universel ; il est resté le général du corps enseignant laïque, le supérieur du couvent universitaire. Ainsi l'ont fait ses antécédents, ses habitudes d'esprit, la situation actuelle des choses et la difficulté de s'élever à la hauteur de son personnage. Il s'est minutieusement occupé de réglementer par l'obstacle les concessions que la Charte lui enjoignait de faire....

Nous avons donc eu raison de le dire : au contraire de M. Guizot, le ministre de 18U s'est laissé dominer et absorber par l'Université; non-seulement l'homme d'État , mais le ministre de l'instruction publique luimême a disparu , et s'est effacé complètement devant le grand maître.

'^1 — CONSPIRATION UNIVERSITAIRE. — PROGRÈS DE LA GUERRE CONTRE L'ÉGLISE. — COMMENT LES JÉSUITES SONT TENUS DANS LA QUESTION.

11 est temps maintenant de résamer tous ces faits , d'en tirer la conséquence qui en résulte manifestement et de la proclamer. Je le répèle , il n'y a rien qui jette une plus vive lumière sur toute cette controyerse.

Je ne sais ni le lieu , ni le jour, ni Theure où les passions universitaires se sont rencontrées et concertées : mais il est impossible de comparer le projet de 1836 et la discussion qui l'a suivi, avec les deux projets de 18/ii et i8&&, sans reconnaître qu'il y a eu évidemment, dans l'intervalle, conspiration de l'Université pour conserver son monopole, c'est-à-dire (qu'elle se l'avoue on ne se l'avoue pas), pour effacer la promesse de la Charte, déchirer l'art 69, et anéantir la liberté d'enseî- Snement. Oui, conspiration , je le redis, et conspiration flagrante : la conspiration d'un corps puissant qui ne ^eot pas se dessaisir, qui se déclare TÉtat , cherche à entraîner l'État dans sa querelle, s'aveugle sur les moyens, sacrifie tout à sa conservation, et, comme ï. Thiers lui-même le révèle, se défend avec ténacité, 4i\3tc cohésion; parla réalise exactement la pensée du iondateur, et , selon une expression qui appartient entore au célèbre rapporteur, ne veut pas être dépouillé. Une telle conspiration ne s'avoue pas au public ; tout au plus s'avoue-t-elle à elle-même.

lo pensée du fondateur, exactement réalisée^ c'est, on lésait, le monopole absolu, exclusif. Un tel but, pour ^tre atteint , ne doit pas être proclamé : les promesses ). «2

178 DE LA PACIFICATION RELIGIEUSiE.

delà Charte le condamneDt même à se revêtir du nom et des formes d'une liberté trompeuse; et longtemps, en effet , un art infini de tactique a été employé pour donner le change aux esprits étonnés, pour masquer rUniversité , détourner l'attention , et distraire le bon sens public.

Mais la plus profonde habileté ne pouvait toujours enchaîner un tel secret. Il se révéla donc au grand jour, d'abord par de visibles alternatives de ruse et de violence , puis par des faits éclatants , simultanés ; et les universitaires trahirent enlin leur concert manifeste de défense et d'attaque, par l'ensemble et l'éclat des hosti< lités.

Alors parurent les apologies successives de l'Université , destinées à effacer les impressions funestes de la discussion de 18S7, et à étouffer, sous le bruit d'une clameur concertée, Técho des voix puissantes, des voix nombreuses, et quelquefois trop vives, qui s'étaient élevées contre elle : apologies dans les rapports présentés au roi sur l'instruction secondaire; apologies dans l'exposé des motifs qui accompagnait les projets de loi; apologies du haut des tribunes législatives, et qui allèrent jusqu'à déclarer que l'Université était absolument irréprochable; enfin, apologies dans les chaires de l'enseignement public.

Je n'indique ici que les apologies descendues, par les organes universitaires, des hauteurs officielles du gouvernement. Je ne parle point des journaux, par lesquels l'Université redisait, dans un langage passionné, au public étourdi de ses cris , ce qu'elle proclamait ailleurs d'un ton plus solennel et plus grave devant le pays légal.

Pais bienlôt deux mots d'une grave portée furent choisis pour exercer sur les esprits la plus étrange fasdodtioo : on mit donc en avant Vintérét des études littéraires, et l'intérêt encore plus élevé d'une éducation Miûmale, Au nom du niveau des éludes, dont il ne fallait pas permettre l'abaissement , on inventa Vaceumulotion des grades : des grades furent donc exigés, si nombreux , si élevés , que tout établissement d'inslructioo doit tomber sous leur exigence , et que le professorat universitaire lui-même n'est plus possible.

Pois , au nom de Véducation nationale , le clei^é fut dédaré suspect ^ et les congrégations religieuses hostiles. L'un, disait-on , n'inspirera jamais pour nos institolioos que l'indifférence ; les autres , que la haine. Cette suspicion d'indignité , au temps où nous vivons , parut suQire contre eux.

Tel était le plan stratégique de l'Université ; plan , DOQs l'avons dit, d'abord timide et mitigé , quand elle engagea la campagne , mais qui s'étendit , se féconda an delà même de ses vues, à mesure que s'échauffait son ardeur. Le temps des apologies dura peu ; il embarrassait runiversité. Elle prit l'offensive. Il lui tardait de quitter le terrain apologétique, où elle se sentait mal à l'aise, et de se jeter résolument dans le camp ennemi pour transporter là les désastres de la guerre.

C'était une résolution désespérée, mais hardie ; aussi l'irritation fut-elle vive , et les attaques simultanées sur toute la ligne.

Tous les journaux universitaires éclatèrent le môme iour : je ne dirai pas ici leurs noms divers , ils sont connus. Il y a longtemps déjà que M. de Gormenin en a tait la remarque : ce sont les professeurs ^ les lettrés , les

savants j qui ont la rédaction des joumaxAX^ des mantfestes^ des notes secrètes^ des pamphlets

Le signal fut donné en plein Collège de France, par deux professeurs devenus célèbres, MM. Quinet et Michelet ; un troisième , M. Libri , les appuya de toute la Tiolence d'une attaque directe contre le clergé.

On attaqua directement aussi les petits séminaires, afin d'obliger le clergé à se replier sur ce point , et à battre en retraite. Sous le prétexte faux de la faiblesse de leurs études, on parla de sounlettre les petits séminaires aux grades universitaires ; on chercha à avilir leur professorat, et à décrier des hommes aussi capables que dévoués : calomnieuses erreurs , réfutées par les faits , et dont il n'est pas même resté la calomnie.

Des petits séminaires , on passa aux grands; et on peut se rappeler ici , en nous épargnant la peine de le redire , quel bourbier on fit de l'enseignement théologique : l'amphithéâtre de la morale soi-disant ecclésiastique fut ouvert aux yeux d'un public stupéfait; notre rôle y présentait toutes les extrémités de l'infamie; le faux et l'absurde n'y étaient surpassés que par la hideuse énormité du scandale.

Il faut le dire h l'honneur de notre siècle, le scandale qu'on cherchait n'a point été obtenu : c'était trop fort. La conscience publique a fait justice de cette lâcheté impie, de cette incroyable bassesse, qui, spéculant sur ce qu'il y a de plus ignoble dans la curiosité humaine, prétendait défendre T Université par de pareils moyens,

Les choses arrivées â ce point, on démasqua une dernière batterie, le VoUairianisme ! Ce mort célèbre ressuscita I M. Cousin le premier l'invoque à l'Académie ; M. Thiers le prophétise ; le Journal des Débats le

proclame, H. Mîcheict le personnifie. Avec cet esprit un et sagace qui le caractérise, M. Thiers avait dit (dans an des bureaux de la Chambre) : S'il vient un nouveau Voltaire , je souhaite qu'il ait autant de bon sens que le premier.

Voltaire! s'écrie le Journal des Débats j désormais c'est notre épée^ c'est notre bouclier ! Et, se prêtant à ce double personnage de génie et de héros , répondant à la fois à M. Thiers et au Journal des Débats j H. Hichelet parait sur la scène !

Mais ce n'est pas tout : quoique considérable , toat cela ne suffisait pas à TUniversité ; il fallait quelque chose de plus décisif encore; il fallait un signe de ralliemeat; il fallait un cri de guerre; il fallait un mot qui eût la puissance myslérieuse de remplacer, aux yeux des indifférents et des tiëdes, la liberté et la justice; aoiyciix de la multitude, la vérité et le bon sens : ce mol fut trouvé.

U. le comte Beugnot nous a révélé ce secret.

Voua vous rappelez^ Messieurs^ la croisade que nous fimes alors contre les jésuites ; je ne sais si mes souvenirs ^t trompent^ mais il me semble qu'en 4828, nous poursuitùms tout autre chose que les jésuites. Je rappellerai aux personnes qui étaient alors dans Topposition, que si les jésuites nous avaient manqué, nous aurions trouvé d'autres motifs pour justifier et affermir notre opposition, parce qu'elle était en effet légitime et nationale.

Aujourd'hui que veut-on dire par jésuites? Prétend-on indiquer les 206 jésuites qui, au dire de quelques écrivains, existent en France? Non, Messieurs : par jésuites on entend la concurrence au monopole de rUniversité. J'admire lUnitersité : elle a choisi le mot le plus propre à échauffer

les esprits, à les irriter, à les enflammer pour sa cause, (/est un trait d'habileté sublime. Mais enfin souvenonsnous de ce qu'il y a au fond de tout cela : c'est l'Université qui s'est fort ingénieusement rappelé 1828 en 1844.

Et avant que M. Beugnot s'exprimât ainsi, déjà la voix de la vérité s'était fait entendre sur ce point, et les organes de l'opinion publique avaient proclamé que la peur des jésuites n*avait été qu\ine comédie.

Enfin, à la date du U janvier 1839, le Journal des Débats écrivait encore :

Est-ce bien sérieusement que l'on redoute aujourd'hui les empiétements religieux et le retour de la domination ecclésiastique ? Quoi ! nous sommes les disciples du siècle qui a donné Voltaire au monde , et nous craignons l^s jésuites !

Nous sommes les héritiers d'une révolution qui a brisé la domination politique et civile du clergé, et nous craignons les jésuites !

Nous vivons dans un pays où la liberté de la presse met le pouvoir ecclésiastique à la merci du premier Luther venu qui sait tenir une plume, et nous craignons les jésuites !

Nous vivons dans un siècle où l'incrédulité et le scepticisme coulent à pleins bords, et nous craignons les jésuites !

Nous sommes catholiques à peine, catholiques de nom, catholiques sans foi, sans pratiquer, et l'on nous crie que nous allons tomber sous le joug des congrégations ultramontaines !

En vérité, regardons-nous mieux nous-mêmes et sachons mieux qui nous sommes ; croyons à la force, à la vertu de ces libertés dont nous sommes si fiers. Grands philosophes que nous sommes^ croyons au moins à notre philosophie. Non, le danger n'est pas où le signalent nos imaginatiOBS

f^ï^coccupées. Vous calomniez le siècle par vos alarmes et ^*Os clameurs pusillanimes.

Voilà où Ton en était alors : le bon sens public voyait

^lair sur un état de société où certes tout n'est pas fait

Pour réjouir un prêtre catholique, mais où du moins

tout est fait pour rassurer le siècle contre les (erreurs

îmaginaires d'un passé qui n'est plus. On avait la bonne

toi d'avouer que cette peur était un piège usé, un jeu

Oîisérable , une comédie honteuse , à laquelle il fallait •

renoncer désormais de surprendre la loyauté française.

C'est assez : nous achèverons ici cette histoire des

résistances du monopole universitaire; aussi bien il ne

s'agit pas en ce moment de le combattre. Je signale

seulement les causes et l'esprit de la lutte dans ceux

qui se sont faits les adversaires de l'Église : on le sait,

leur arme la plus puissante est la stupide frayeur

qu'inspire le nom de jésuite. — Toute leur raison est

là : c'est le dernier mot de leur habileté : c'est le grand

effort de leur esprit. Il y a heureusement quelque chose

en ce monde de plus fort à la longue que tout cela :

c'est le bon sens.

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