PS DONC
Non, non : je ne cesserai de dire et de redire la vérité ^^r tout cela; tout ce système va droit à la ruine ou au ^oins à rhumiliation du sacerdoce, en forçant tous les ï^res honnêtes, toutes les familles respectables à écar- ^^r leurs enfants des petits séminaires. Encore une fois, ^t-ce ce que vous voulez ?
Où trouver, en effet, un père ayant quelque bon sens, ^oi se regarde comme assez sûr de la vocation d*un enfant de dix à quinze ans, pour le placer entre la nécessité d'embrasser forcément, à dix-huit ans, l'état ecclésiastique, ou de recommencer ses études après qu'il les a bien faites, ou enfin d'en perdre tout le fruit, 60 se voyant fermer toutes les carrières libérales?
Et TiDstitation des petits séminaires n'est-elle pasd lors frappée au cœur ; et l'Église elle-même , rédoite ne se recruter jamais que dans les rangs les moins él Tés de la société , n'est-elle pas menacée d'un abaisss ment continu ?
Mais ce n'est pas tout; l'Université n'ajoute-t-elle ^ ici envers nous injure sur injure? Ne suppose- t-elle x le clergé français incapable de former des citoyens o les, puisqu'elle déclare ceux de nos élèves qui rentra dans le monde inhabiles à tout, tant qu'ils n'auront p recommencé, sous des maîtres universitaires, les lepoi que l'Église leur a données?
Elle le suppose incapable, c'est trop peu dire : elIeJ proclame indigne de préparer à la patrie des citoyens puisque ceux de nos élèves qui , de notoriété publique, auraient pu subir avec honneur l'examen de bachelier es lettres, quoique reconnus capables sous le rapport littéraire, demeurent, sous le rapport légal, indignesiiù recevoir le diplôme qui seul peut leur donner le droi de servir leur pays.
Eh bien ! le magistrat éminent, l'ancien ministre de j'ai déjà cité la parole, pensait autrement lorsqu'il sait, avec l'assistance unanime de la Chambre pairs : n La société n'a rien à craindre si des j( « gens sortis des petits séminaires, après avoir sul c( preuve du baccalauréat, entrent dans les cw « civiles. Pourquoi ne dirais-je pas toute ma f « elle ne peut qu'y gagner. Les jeunes gens f (c par d'autres niains que celles des instituteur n élevés dans une autre discipline^ plus religiei 0 grave, plus désintéressée des choses de la ter, « raient-ils pas dans le moiule , dans certaine
entre l'ordre ecclésiasUque et Tordre civil, comme une sorte de classe intermédiaire, comme un moyen de rapprochement? Ne manquons-nous pas, quelquefois, dans les affaires, d'hommes suffisamment instruits des choses ecclésiastiques, et n'a-t-on pas souvent jugé ce genre spécial d'études utile pour Texer- K cice decertaines fonctions? Ainsi se trouvera complétée c: la représentation de toutes les croyances et de tous K les intérêts moraux ; par ce moyen la société française K De se trouvera privée d'aucun des éléments sociaux. K Le clergé cessera d'être isolé du reste des hommes DK par une séparation profonde; il aura ses analogues >K dans le siècle ; la société apprendra à le connaître «K mieux par ces hommes sortis, pour ainsi dire, de son «< sein, et qui seront au milieu d'elle. »
Vaines considérations! l'Université a d'autres soucis, ©t pour y satisfaire, elle a, par ses règlements, créé parmi nous un délit nouveau, un délit inconnu à la magistrature la plus sévère: celui de s'être cru appelé h ^n état respectable, d'avoir été formé dans une pieuse l'etraite à l'amour de la vertu ; puis, au moment décisif, d'avoir sondé assez rigoureusement sa conscience pour i^uler devant d'immenses obligations! Et, pour ce singulier délit, on a inventé une peine inouïe, une Mae dont je ne trouve de trace analogue que dans les lois des plus odieux persécuteurs de l'Église , à savoir : i^éloignement du coupable de toutes les professions hoi^orables, comme si désormais c'était un homme flétri Qt frappé d'une interdiction intellectuelle et sociale!
El voilà ce qu'on appelle une faible contrainte ! — A 1« bonne heure l —Eh bien I moi, c'est ce que j'appelle ^e énorme iniquité !
4t2 DES PETITS SEMINAIRES (1S47).
liais, laissons de côté la justice et parions u langage : Vous étes-vous demandé à Tous-mémc le pays pouvait gagner à une telle législation f
Conseillers de la couronne, législateurs de me au moment où vous allez étudier ces grandes qii permettez-moi de tous le dire : quand vous ann toyablement puni ces pauvres jeunes gens de ] tience consciencieuse à attendre une vocation q n'a pas décidée; quand vous leur aurez posé le dilemme d'entrer, malgré eux, dans le sanctoai le profaner, ou de se résigner à n'être que des dans leur patrie, sans place dans k société, n s'en faire une aux dépens de la société elle qu'aurez-vous gagné?
Je le déclare de nouveau : créer ainsi en Frai classe d'hommes flétris injustement par avanc violemment en dehors de toutes les voies légitin duits par l'iniquité des lois à demeurer en per] hostilité contre l'ordre social, voués par conséq Dieu ne les en garde, à devenir des pamphlets des conspirateurs, ce n'est pas seulement often glise, c'est blesser l'État, c'est une faute polit sociale immense, et sur laquelle uneinconcevabl cupaUon a pu seule aveugler jusqu'à ce jour!
Je le dis avec une conviction profonde, et je mon âme et conscience que je fais partager ma tion à d'autres : Non ! les règlements universita l'admission au baccalauréat ne peuvent subsist une société régulière I II y a certes trop de comb et de prévoyance dans ces règlements pour qu'on cuse d'être malhabiles; mais les conséquences si extrêmes, qu'au point de vue intellectuel etso
LA SIMPLE VÉRITÉ SUR CETTE QUESTION. 48t
ne peayent être acceptes et maintenus que par une société troublée, dont les réyolutions ne sont pas encore achevées I
Et quand on songe que ces règlements sont rigoureuseoient maintenus par les mêmes hommes qui ont limité le nombre des petits séminaires pour chaque diocèse et pour toute la France ;
Limité le nombre des élèves pour chaque école ; Limité le nombre des élèves pris d'ensemble ; qui ont par conséquent dit à Dieu et à TÉgiise : Vous n'aurez pas une vocation de plus que celles dont nous avons décidé le nombre I
Quand cette limitation, fixée à 20 000, en 1S2S, eu égard à la population de la France, qui était alors de M 000 000 d'habitants, devient aujourd'hui une manifeste injustice, puisqu'il y a en 1847, d'après M. le Ministre de l'instruction publique lui-même, en France, ^ 000 000 d'habitants de plus ;
Quand d'ailleurs on est obligé de reconnaître que nntérét évident de TÉpiscopal français est avant tout de former des prêtres, et de ne pas laisser envahir les petits séminaires par des laïques ;
Quand on est obligé de dire avec M. Portalis : « Mais ^'intérêt de V établissement, qui est celui du sacerdoce et itson recrutement^ le but de rinstitution, seraient éviornent compromis l Quelque ambition que vous puis- ^ supposer au clergéy quelque désir qu'on puisse lui Prtter de '8*emparer de l'éducation ciuite, son premier '^n, son vœu le plus ardent sera toujours de former ^ prêtres, de perpétuer le sacerdoce !
ttCe serait en vain qu'il s'emparerait de l'éducation, ^il i>enait lui^iême à défaillir^ s'il ne pouvait suffire ni
à ses premiers et à ses plus pressants devoirs^ ni à ses conquêtes ! »
Quand le sens commun, la raison, la justice, Téquité, la bonne foi la plus vulgaire, parlent si haut !
Quand Tayantage évident de l'État, quand les besoins les plus impérieux de la société, proclament d*une même voix les droits sacrés et imprescriptibles de Ja conscience, de la famille, de la jeunesse, de la liberté humaine et de la vocation sacerdotale ;
Quand tout cela est méconnu, méprisé, foulé aux pieds, ne faut- il pas s'écrier avec M. Portalis :
Sous QUELLES LOIS VIVONS-NOUS DONC I
Et n'y aura-t-il donc jamais pour nous ni paix, uWj trêve, ni liberté, ni justice !
Non, vous n'en aurez jamais d'autres, répondent nos^ adversaires ! Et c'est alors que, pour justifier la dureté de leurs paroles, ils ont cru devoir traiter à fond un^m question dont il faut quo je parle aussi, celle des Vocale tions ecclésiastiques.