SUR LE RETOUR DE PIE IX A ROME
çonSy et béDissoDS mille fois le Diea qui, en nous les donnant, les couronne par des événements si merveilleux et si consolants I Oui , en voyant les desseins de Dieu se développer si miséricordiensement, l'Église ralimer son espérance, la souveraineté pontificale s'af- 'ermir miraculeusement, l'Europe en augurer instinctiremeot l'ordre et la paix, et notre France, l'antique lation très-chrétienne, appelée de nouveau aujourd'hui Il l'honneur incomparable d'être le premier et le plus >nissant instrument de ces merveilles, et, fidèle à sa nission providentielle, prêter encore une fois l'appui le sa force à la sainte et vénérable faiblesse des Pontifes romains : à ce spectacle, reconnaissons que le ioigt de Dieu est là : Digitus Dei est Me, et que lui seul I fait ce que nos yeux admirent : A Domino factum est fsiud, et e^ mirabile oculis nostris^.
Béni soit donc celai qui revient au nom du Seigneur! t>éDie soit la sainte Église romaine, mère et maîtresse le toutes les Églises ! Après tant de combats, elle chante SDCore une nouvelle victoire. Rendons-en à Dieu d'immortelles actions de grâces. Ces combats pourront se renouveler : de nouvelles victoires les couronneront ttogours ; et, au dernier jour du monde , l'Église, en ]aittant la terre pour s'envoler vers le Ciel , laissera, M>mme dernier adieu aux puissances ennemies, cette parole qu'elle ne cesse point de redire depuis dix-huit siècles : Ils m'ont livré de continuels assauts dès ma leonesse, et jamais ils n'ont rien pu contre moi : Sœpe Expugnaverunt me a juventute mea; etenim non potuerunt mihi *.
' Ps. civil, 23. — • Ps. cxxviii, 1 et 2.
Sie SDR LE RETOUR DE PIE IX A ROME.
0 Église romaine I 6 cité sainte 1 6 chère et commun^ patrie de tous les vrais chrétiens I Toot est fait un sec^ peuple dans votre sein. Tous sont citoyens de Rome, ^^ tout catholique est Romain. 0 Église, d'où Pierre co^ Armera à jamais ses frères ! que ma main droite s*»^. blie elle-même si je vous oublie jamais I que ma langue se dessèche en mon palais et qu'elle devienne immo. bile, si vous n'êtes pas, jusqu'au dernier soupir de n» vie, le principal objet de ma joie et de mes cantiques '/
A ces causes, après en avoir conféré avec nos vénérables frères les chanoines et chapitre de notre église cathédrale, nous avons ordonné et ordonnons ce qui soit:
Art. l*'. Le dimanche qui suivra immédiatement la réception du présent mandement, on chantera aprtsla grand'messe , dans toutes les ^lises et chapelles de notre diocèse, un Te Deum solennel, avec les versets et oraisons Pro gratiis agendis.
Art. 2. Tous les prêtres de notre diocèse réciteront à la sainte messe, pendant neuf jours , les oraison, se* crête, et postcommunion Pro gratiis agendis^ page ltui du Missel.
Art. 3. Nous exhortons les religieuses et les âmes pieuses de notre diocèse à faire une ou plusieurs communions à la même intention.
Art. U. Et sera notre présent mandement lu au prône de la messe paroissiale, dans toutes les églises et chapelles de notre diocèse, le dimanche qui suivra sa réception.
' Fénelon.
MANDEMENT
A l'occasion de TEncyclique de N. S. P. le Pape Pie IX ooncemani rimmacnlée Conception de la Très-Sainte Vierge
VoQS n'avez pas oublié, Nos Très-Chers Frères, la Lettre encyclique adressée, le 2 février de Tannée dernière , à tous les Évéques de l'univers catholique par N. T. -S. P. le Pape Pie IX, au sujet de Flmmaculée Conception de la Très- Sainte Vierge.
C'était , vous le savez , au milieu des plus violentes tempêtes qui eussent depuis longtemps agité le monde : le sol tremblait partout sous les pieds des nations consternées ; de toutes paiis les trônes tombaient ou chancelaient : les peuples, emportés par un esprit de ver- Uge, conspiraient à Tenvi le renversement de toutes les antiques lois ; une barbarie nouvelle, sortie soudainement, et toute armée, du sein de la civilisation épou- Tantée, menaçait de tout envahir, de tout dévaster; et déjà on la voyait attaquer avec une audace inouïe toute autorité, toute religion, tout droit, la propriété, la famille elle-même , ces institutions primitives et fondamentales, que l'humanité j- depuis soixante siècles, était accoutumée à respecter! Enfin, le Vicaire de Jésus- Christ lui-même, outragé dans sa triple majesté, comme
pontife, comme père, comme roi, par des enfants, par des sujets rebelles , était réduit à chercher, loin de Rome, la sûreté de sa personne sacrée, et à confier aoi armes catholiques la défense du siège de Pierre.
Ce fut dans ces circonstances si orageuses el si terribles , que N. S. P. le Pape Pie IX nous fit entendre sa voix et nous révéla toutes les pensées, tons les Teoide son cœur, relatiyement à la Conception Immaculée de Marie , et que parut cet acte incomparable d'une si tendre, si douce et si tranquille piété.
Ce fut, certes, un beau et touchant spectacle pour la chrétienté tout entière que celui qu'offrit alors à sod admiration et à son attendrissement, ce pieux Pontife, seul calme et serein au milieu de tous les conducteurs des nations éperdus et troublés, arrêtant au plus fort de la tempête un paisible regard sur Celle que l'Église appelle I'Étoile de la mer, et faisant planer, pour ainsi dire, sur le monde comme un signe d'espérance et de paix, comme un arc-en-ciel dans l'orage, la pore et douce figure de Marie conçue sans péché I
De toutes parts ia voix des pasteurs et des peuple* répondit à la voix du Pontife suprême : tous les cœurs s'épanchèrent à la gloire de la Vierge sans tâche 'tous les enfants de Marie se levèrent à l'envi, et h proclamèrent bienheureuse dans son Immaculée Conceptitm : Surreœerunt filii ejus, et beatissimam ff^ dicaverunt
L'Église d'Orléans, veuve alors de son Pasteur, et livrée à tous les regrets de sa douleur, ne put joindre sa voix à ce concert de pieuses acclamations, et elleneré* pondit qu'en secret, el comme en silence, à TinvitatioD du Souverain-Punlife.
SUR L'IMMACULËE CONCEPTION. 219
Hais aujourd'hui, N. T.-C. F., notre voix à tous doit On se faire entendre. Nous pouvons enfin faire con- Itre à Pie IX les vœux de notre piété envers Marie, et rcsser à Dieu les prières que ce saint Pape demande lotre Foi. L'accomplissement de ce double devoir fut 16 des premières pensées de notre esprit, lorsque la rïne Providence nous appela , quoique indigne, au uvernement de l'Église d'Orléans, et c'est avec bonur que nous nous empressons d'y satisfaire. Nous devons d'abord , N. T.-C. F., mettre sous vos ux le texte même de l'Encyclique de Notre Saint-Père Pape :