‹ Défense de la liberté de l'égliseChapitre 58 sur 75 · SUR LE RETOUR DE PIE IX Â ROME · texte numérisé non relu

SUR LE RETOUR DE PIE IX Â ROME

cabo Ecclesiam meam, et partœ inferi non prœvaUbunI adversus eam ^

Il est donc vrai qae les peuples, aassi bien que les rois, se liguent et s'arment en vain contre le Seigneur et contre son Christ : Qtiare fremuerent gente$\.. Ils ont beau frémir dans leur rage impuissante ; ils ne formeront que de vains complots : MeditaH sunt imnial Celui qui habite dans les cieux se moquera d'eax,et le Seigneur les livrera k la dérision des siècles : (M habitat in cœlis irridebit eos, et Dominus subsanMbit eos. Il prononcera contre eux des jugements de colère, et il les dispersera dans sa fureur : Loquetur ad eos in ira sua^ et in furore Sfju> conturbabit eos. Et toujours il sera vrai qu'il n'y a ni sagesse , ni conseil , ni force contre le Seigneur ! Et cette immobilité divine, donnée par Dieu lui-même à son Église, bravera à jamais la méchanceté des hommes, la violence des persécutions et la mobilité des siècles : Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consummationem sœculi '.

Vit-on jamais, en effet, plus clairement démontrée et plus hautement confondue l'inanité des droits que s'arroge la force brutale et la vanité de l'orgueil bamain 7 Et, tout à la fois, vit-on jamais plus manifestement déclarée la protection immortelle de Gelai qui commande aux vents et aux tempêtes, soutient d*aoe main douce et forte le prince des Apôtres sur les flots irrités, et le dépose vainqueur et tranquille sur le forme rivage contre lequel les fureurs de l'enfer viendront éternellement se briser î

Us se sont donc trompés, ces esprits téméraires qui,

^ Matli., XVI, 18. ~ * Psal. 2. ~ ' Math., xxyiu, 20.

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prophétisant sans que le Seigneur leur eût parle, annonçaient, comme s'ils l'eussent vu dans les décrets divins, que la souveraineté du Saint-Siège allait disparaître. A les entendre, le dessein de Dieu sur la Papauté était changé. Vaines pensées ! folles conjectures I auxquelles la Providence, aujourd'hui, donne encore une fois le plus éclatant démenti. Le dessein divin est donc toujours le même : tous doivent aujourd'hui reconnaître que la souveraineté temporelle du Saint-Si^ demeure toujours intimement liée, dans la pensée manifestée de Dieu, à la souveraineté spirituelle. Tous doivent reconnaître que la sécurité de l'Église et l'indépendance de son divin gouvernement demeurent providentiellement unies à la liberté et à l'indépendance du Vicaire de Jésus-Christ Et c'est ainsi que le Chef suprême de l'Église universelle continuera, comme lui-même le disait naguère, à posséder sa pleine liberté dans r exercice de sa puissance souveraine S et que o tenant en main la balance droite au milieu de tant d'empires souvent ennemis, il entretiendra l'unité dans tout le corps, tantôt par d'inflexibles décrets, et tantôt par de sages tempéraments ^ »

U est donc vrai que la souveraineté providentielle des Pontifes romains continuera sa mission bienfaisante, et qu'après avoir une première fois sauvé l'Europe des flots tumultueux de la barbarie, elle la sauvera de l'invasion plus redoutable encore de ces nouveaux barbares qui la menacent aujourd'hui I

En ces temps si mauvais, et au milieu de la conster-

^ Paroles de Pie IX, dans sa protestation du 27 novembre 1848. * Bossuet, Discours sur VUnité de VÉglise,

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nation gdnërale, quel esprit attentif et chrétien D*aime k Toîr, dans le rëtabKssemetit mer? eiileox de cette soa- Teraineté pacifique , nn nouTeaa et puissant seeoon donné par Diea à Tordre social, l*aorore et le présage d*nn dessein réparateur, et le gage de la paix enropéenne? Certes cette paix ne parut jamais plus menacée qu'en ces jours de douloureuse m<teoire où le Saint- Père, abreuvé d'outrages et poursum par la Tiokaoe des impies, fat obligé d^aller demander à l'exil la sûreté de sa personne et l'iodépendance de son autorité sacrée. (Tétait là , aux yeux des hommes de sens et de foi, no des signes les |rius certains de la colère du Se^aeor contre les peuples et la menace terrible d'un renrasement imminent et universel I

Ah ! que les nations chrétiennes, tristement égarées, profitent donc enfin de cette nouvelle et éclatante expérience I Elles savent aujourd'hui ce qu'elles deviennent quand elles brisent les liens sacrés du respect et de l'autorité; elles ont vu quelles calamités tombent suran peuple, quand, au milieu des ruines et de l'effroi delà société tout entière, ébranlée jusqu'en ses fondements, il vient à porter une main sacrilège jusque sur ce pouvoir vénérable, qui est la personnification la plus auguste de Tautorité et du droit panni les hommes !

Grande et instructive leçon, tout à la fois pour les peuples et pour ceux qui les gouvernent I enseigneinent mémorable pour nos sociétés, si profondément trafaillées du mal de l'indiscipline et de l'orgueil, livrées à l'oubli de toute loi divine, au mépris de tout frein religieux et social, et par cela même en proie à ces convulsious efi'royables qui ressemblent à une suprême agonie-

Méditons, N. T.-C. F., ces grandes et solennelles le-

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