‹ Défense des colonies (volume 2)Chapitre 68 sur 128 · Chapitre neiiTième · texte numérisé non relu

Chapitre neiiTième

Considérations générales dérivant de Tétnde snr Hlnbocep, en &Tenr de la doctrine des Colonies^

Hluboëep est une localité très-remarquable et qui^ souB tous les points de vue, présente les plus fi*uctueu:!c enseignements aux géologues de tfomu volonté*

1. Au point de vue purement stralÀgraphiqùe^ celui qui aperçoit pour la prenuère fois, le long des escarpe* mens de 2vahoT, les couches calcaires de |$3, qui ^emt hlent percer le sol et qui s'élèvent presque verticalement à près de 40 mètres de hauteur, peut difficilement se dé* fendre contre l'impression involontaire d'une violente dislocation du terrain, qui aurait pu intervertir Tordre primitif de superposition des masses stratifiées.

2. Au point de vue pétrographique. Celui qui retrouve de nombreux sphéroides calcaires au milieu des schistes de g 2, peut bien se croire, au prunier instant, sur la basQ de notre étage E, où de semblables sphéroides se mont trent entre les schistes à Graptolites.

Celui qui passe sur les calcaires noduleux de gSj sans étudier leurs fossiles, peut bien considérer ces roches comme une simple répétition du calcaire noduleux de g I, et comme confirmant l'idée de la dislocation supposée. "^

Celui qui parcourt, sans grande attention, la masse des schistes de H, peut bien les confondre avec les sohis* tes analogues de la bande g 2.

Celui qui, obsenront un peu mieux, remarque que les schistes de h 2 alternent par couches minces avec des lits de quartzite impur, pourrait encore plus aisément se croire sur la bande d 5 de notre étage D, dont il retrouye les apparences pétrographiques et même les fiicoides.

3. Au point de vue paléontologique^ celui qui recueille à Hluboëep, dans les couches de g 3, OoniatiUs plebekij Oon. vema et Oon. criapus associés avec Phncops feemdus Var. major , peut bien rêver qu'il est au milieu des calcaires de notre étage F, qui offrent les mêmes espèces.

Celui qui recueille, soit à Hluboëep, soit à Hostin, dans les schistes de h 1, des Tentaculites, .des Goniatites et des Trilobites, identiques avec ceux qui caractériseiit la bande schisteuse g 2, est bien excusable de supposer, au premier instant, .que ces formations g 2 et h 1 acmt aussi identiques, et dérivent Tune de l'autre^ par quelque dislocation du terrain.

Mais la discussion qui précède prouve, que ce sont là autant de pures illusions, que nous avons partagées en partie et que le temps et l'étude ont successivement disûpées. -Nous aimons à croire qu'il n'a manqué à nos contradicteurs qu'un temps assez long et des études suffisantes, pour rectifier comme nous leurs interprétations illusoires des apparences du terrain, dans cette remarquable localité. •

£n résumé, les environs de Hluboëep nous enseignent, qu'il existe:

1. D'apparentes dislocations sans aucun trouble réel dans la stratification;

2. des réapparitions très-éloignées de roches, que les géologues ne sauraient distinguer sûrement les unes des autres ;

3. des înterniitteiiceB répétées dans l'apparitioii de certaines fcmnes animales, sur -un même point, confirmant le principe de migration et retour.

Ces environs nous ofirent donc une série de phénomènes , stratigraphiques , pétrographiques et paléontologiquesy entièrement analogues à ceux qui ont produit les anomalies coloniales, sous des apparences particulières. Ainsi, la localité de Hluboëep, jusqu'ici invoquée contre nous avec une entière confiance par nos adversaires, se pitmonce hautement et définitivement aujourd'hui, en fa* ▼eur de notre doctrine des Colonies.

Fostscriptum.

Quelques mots sur les environs de Litten, en

attendant

Lorsque les savans pourront comparer à la carte offi-^ cieUe de M. Lipold, notre carte dressée d'après les feuilles du cadastre impérial, comme celle des environs de Hlubo- 5ep, ils retrouveront le bourg de Litten replacé sur ses fondemens, d'où il a été violemment enlevé sur la carte de notre contradicteur, pour être rejeté vers le Nord-Est, tandis que les rues, veuves de leurs maisons, gisent isolées vers le Sud-Ouest Nous ferons alors reconnaître le but pour lequel cette étrange transposition topographique a été pratiquée.

Lorsque les savans verront sur notre carte les forma* tiens libérées des annexions Illégitimes, des prolongemens sans mesure, des raccordemens malgré la différence des horizons et surtout, lorsqu'ils trouveront le terrain affranchi des courbes fantastiques de trapps, si hardiment tracées par M. Lipold, pour indiquer la prétendue continuité entre nos Colonies et notre étage E, ils seront frappés de

la discordance qui existe entre les combmaiBons arbitraires de ce géologue en chef et le tracé des affleuremena réels des formations.

En renouvelant aigourd'hui les protestations que nous avons déjà faites contre ces licences graphiques de M. Li* pold, dans notre \Défense IL 1862/ nous ajouterons quelques mots, que nous recommandons à l'attention des géologues.

Tandisque M. M. Krejôi et Lipold affirment, avec n^e singulière assurance, avoir vu nos colonies dérivant psr voie de continuité des formations semblables de notre étsge E, près Litten, nous constatons, au contraire, que cette continuité prétendue n'est réellement visible en aucun point du terrain. C'est un fait qui ne peut être infirmé par aacune assertion contraire, passée, présente ou future, quelle que soit la source d'où elle puisse éuianer^

Tout ce .qu'on peut dire, c'est que, d'après l'ensemble des apparences locales, le contact entre nos colonies et la base de notre iétage E, semble indubitable quoique invisible. Mais, comme ce contact peut également résulta: de diverses combinaisons stratigraphiques, on n'a pas le droit d'afBrmer, officiellement, sans Tavoir vu, qu'il est le résultat de la continuité supposée.

Or, lorsque nous aurons exposé , sur notre carte el sur nos profils, la disposition réelle des formations et levrs véritables relations slratigraphiques, défigurées par nos ad* versaires, ou bien plus mal comprises par eux que celles des environs de Hluboëep, il deviendra évident que, dans la contrée de Litten, il existe uniquement une expansion horizontale et locale de la base de l'étage E, en stratification transgressive, à peu près concordante, sur la surface de notre bande d ft, et par conséquent sur les colonies ren* fermées dans cette bande. Oette expansion est représentée par le massif du Mt. Mramor, dont les couches ont été déposées dans un golfe, formant saillie en dehors des oon-

tours généraux du bassin correspondant à notre étage E. 'De ce phénomène, souvent observé en géologie, dérive un contact, par voie de superposition immédiate, entre des formations d'âge très différent et que nous voyons partout ailleurs distinctement séparées par d'autres dépôts interjacens.

Ces relations de contact, par l'effet de la stratification transgressive ^ ont été complètement méconnues par nos contradicteurs et interprétées par eux comme résultant de la continuité de nos colonies avec l'étage E. D'après les mêmes apparences, ils auraient pu affirmer avec autant de raison, la^ continuité entre cet étage et les schistes et quartzites de d5, immédiatement recouverts par la base de notre division supérieure, comme les colonies intercalées dans leur masse.

En indiquant sommairement la solution simple et naturelle de l'énigme stratigraphique de Litten, nous sommes persuadé qu'elle se serait offerte d'elle même à nos contradicteurs comme à nous, s'ils avaient étudié dans tous ses détails et sans préoccupations, la surface ^entière de la zone coloniale dans notre bassin, cai" elle fournit amplement les élémens rationnels de notre explication. Nous nous réservons de faire connaître diverses localités importantes, qui présentent des phénomènes en parfaite harmonie avec ceux qui nous occupent et qui ont été également méconnus par M. M. Lipold et Krejéi. De telles études ne s'improvisent pas et, en géologie,, il faut peu compter sur le privilège d'un coup d'oeil d'aigle, en passant. Un grand poète a dit, pour les géologues de tous les rangs:

Patience et longueur de temps, Font plus que force ni que rage.

Prague, 1. mars 1865.

J. Barrande.

f^'.-y'OPmimta^

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