Chapitre huitième
Rétablissement de la vérité historique au sujet
, de Hlubocep.
Après avoir rétabli la vérité géologique, dans les pages qui précédent, nous sommes obligé, fort à contrecoeur, de rétablir également la vérité historique, au sujet de Targumént anti- colonial fondé sur les environs de Hluboiep.
En Usant dans le journal Bohême Ziva (IL 1862) le mémoire publié par M. Krejéi contre nos Colonies, nous avons été frappé par le passage suivant, que nous traduisons (p. 137).
„I)ès que j'ai reconnu à Hluboôep les schistes à Tentaculîtes (H) intercalés au milieu des calcaires de Braoik (G) par suite d'un grand glissement de bas en haut, je n'ai pas hésité à exprimer à mes élèves et à mes amis l'opinion, que les Colonies s'expliquent plus aisément par une perturbation dans la série stratigraphique ^ que par la théorie de Barrande, et j'ai cité comme analogie la disbcation observée à Hluboôep. J'ai publié cette manière de voir dans la Ziva, IV. 18Ô6."
Ce passage, conftonté avec les deux articles sur notre bassin silurien, insérés par M. Krejëi dans là Zivn en 18Ô6, nous a causé ime bien pénible surprise, et il non» oblige à démontrer, par les textes mêmes de M. Kfejfi, que ses assertions historiques sont dénuées de tout fon* dément.
Nous constatons en passant, que nous avons complètement ignoré jusqu'à ces derniers temps les publications faites par M. Erejéi en 1856, dans la Ziv<iy ainsi que l'attaque qu'elles renferment contre nos Colonies. Notre ignorance à ce sujet s'explique naturellement, par le système de non communication suivi par M* Krejôi envers nous, et diamétralement opposé à nos habitudes envers Im.
Voici les passages dans lesquels il est question soit des colonies, soit de Hluboôep, dans les deux articles publiés par la Ziva^ en 1856.
1. (p. 124) M. Krejôi reprodifit simplement, par \me traduction abrégée, ce que nous avons publié sur les Colonies, dans notre Esquisse géoloffiqw, en 1862 (Syd* 8iL de Boh.J, sans y ajouter aucune expression queloon^
que, qui puissô être considérée comme révoquant en doute notre interprétation de ce phénomène. D'ailleurs, Hfaibo* éep n'est pas mentionné dans ce passage. Ces circonstances nous dispensent donc de le traduire.
2. (p. 314) Après avoir indiqué l'existence de diver* ses dislocations à la base de l'étage E, M. Kr^éi con« tinue ainsi:
„Ce8 dislocations ont eu sans doute encore pour effet d'arracner de l'étage calcaire inférieur E quelques parties que nous voyons au milieu des schistes de l'étage D, par exemple près Motol et Grose Kuchel, et que Barrande a nommées Colonies. Ces colonies renferment exactement les mêmes schistes à graptolitcs et sphéroides calcaires^ les mêmes fossiles et les mêmes trapps, que les couches inlérieures de l'étage E, et il n'est pas aisé de comprendre comment elles se sont introduites avec leur fai^ne de» couches calcaires, au milieu des schistes de l'étage D. Métis ii seraU pl%i^ concevable d'admettre j qu'elles ont été arrachées par lesf trapps à la masse compacte des calcaires*
Ces dernières lignes expriment bien une interprétation des Colonies, différente de la nôtre, mais complètement indépendante de toute observation relative à Hlubo-^ éep, dont le nom n'est pas même mentionnée D'ailleurs, à Hiubodep, il n'existe pas de trapps, qu'on puisse invoquer pour arracher des lambeaux de calcaire et simuler des Colonies, en les enfonçant de haut ^ en bas, à travers les eouches de l'étage D; phénomène jusqu'ici inoui dans la science et dont notre bande 45 offrirait tant d'exemples, d'après cette explication dé M. Krej6i.
3. (p. 319) En définissant notre étage G, M. Krejèi décrit d'abord les calcaires qui en constituent la masse principale, et il traduit presque mot à mot notre Esquisse fféolopque p. 79. Ensuite, il nous emprunte de même la description des schistes à sphéroides calcaires (g 3), qui
jouent un rôle subordonné entre les masses calcaires de cet étage. Voici ses expressions au sujet de ces schistes:
^Entre les couches calcaires (G) se montrent ausai des couches d'un schiste feuilleté, qui devient plus puissant dans la partie supérieure et qui renferme des sphéroidei calcaires comme les schistes à Graptolites. Ce schiste, rempU de Tentaculites , s'observe entre les roches de Hluboèep , sur le chemin conduisant à Slichow^ (c. à d, dans le ravin blanc)»
Ce passage, faisant partie intégrante de la description de notre étage G, par M« Krejèi, constate de la manière la plus évidente, qu'en 1856, notre contradicteur considérait ces schistes à> sphéroides calcaires (g2)y comme régulièrement subordonnés aux calcaires de cet étage G et non comme introduits postérieurement entre ces calcaires, par une dislocation quelconque.
Remarquons que ce passage est le premier, où il est question des schistes de Hluboéep, et que M. Erej5i n'y fait aucune allusion aux Colonies.
4. (p. 320) Enfin, M. Krejèi continuant à reproduire en abrégé notre Esquisse géologique^ arrive à la description de notre étage H. 11 constate d'abord, que cet étage se compose de schistes et de quartzites impurs et que som aucune doute le calcaire y manque complètement* C'est on caractère que nous avons fait ressortir dès 1852, dans des termes presque identiques, reproduits ci-dessus (p. 16). M. Krejèi cite ensuite les principales localités où l'on observe les lambeaux de l'étage H et parmi elles JSlubocep, le long de la chaussée de SlivenetZj c. à d. au sud du village.
Le nom de Hluboiep reparait encore dans les lignes suivantes, parmi ceux des localités qui ont fourni les fossiles de H.
Dans ces derniers passages comme dai^s le précédent, il n'existe pas un seul mot qui rappelle, soit directement^ Boit indirectement les Colonies, ni qui indique des dislocations ou intercalatiôns quelconques des schistes de H dans les calcaires de G, aux environs de Hluboëep. Nous ne trouvons, lé nom de Hluboëep sur aucune autre page de ces deux publications de M. Erejëi, dans la Éwa^ en 1866.
n est donc bien constaté que, dans le seul passage où M. Erejëi exprime une opinion différente de la nôtre sur les Colonies, le nom de Hluboëep n^est 4>as même mentionné. Partout, au contraire, où M. Krejëi cite Hluboëep, il ne fait la moindre allusion, ni à nos Colonies, ni à une. dislocation, ni à une intercalation quelconque, dans cette localité.
Ainsi, les textes de M. Erejëi démontrent:
1. Qu'en 18Ô6, il n'a signalé aucune intercalation mécanique des schistes de H, entre les calcaires de Ci, aux environs de Hluboëep, et qu'il n'a point cité cette prétendue intercalation, comme une apparence analogue à nos Colonies. Les assertions de M. Krejëi en 1862, citées ci-dessus, sont donc totalement dénuées de fondement*
2. Les passages extraits de la Ziva démontrent en même temps, qu'en 1856, M. Krejëi avait appris de nous à bien établir la différence pétrographique entre les schistes g 2, subordonnés à l'étage G et les schistes de H, car il reproduit fidèlement, d'après nos textes, les caractères contrastans. de ces deux formations, savoir:
Schistes de G, renfermant des sphéroïdes calcaires, êonê quarùfUôê.
Schistes de Hi renfermant des quartzites, êana ccUeaireê.
M. Erejèi, muni de ces simples moyens 4e distinction, était donc dans Fimpop^ibilité de confondre, en 1856, les schistes de G h. sphéroides calcaires, régulièrement inter-* calés entre les masses calcaires de cet étage^ au Nord de Hluboëep, dans le* ravin blanc, avec les schistes à qnait* zites de H, qtd reposent distinctement sur Fétage C^ su Sud du même village, le long de la chaussée de Sliveneti. Les schistes de G étant reconnus différents des schistes de H par M. Krejèi, la série stratigraphiqué était régulière à ses ycDx comme aux nôtres, il n'y avait donb pour lui, pas plus que pour nous, «peun motif, ni oooasiun, pour imaginer, à cette époqne^ une dislocation ou intereslatioB mécanique quelconque à Hluboèep.
' Ainsi, l'argument anticolonial fondé sur la prétendue intercalation mécanique des schistes de H entre les cal-* caires de G, à Hlubocep, n'a pas pu naître dans Fesprit de notre contradicteur, en, 18ô6^ mais seulement phis tard, le jour où il a eu le malheur d'oublier la distinction pétrographique, si évidente, entre les formations schi^uses de ces deux étages; distinction qu'il' enseignait tràs-clairemeot dans le mémoire cité.
£n antidatant cet oubli , dans son travail de 1^2 contre nos Colonies, M. Krejèi Fa rendu entièrement in** concevable, car il Fa reporté a une époque, où il était absolument impossible de sa part. Par suitç de ce fatal oubli et de Finsuffisiuice de ses études, ci-dessus démoli trée, M. le Prof. Krejèi a été entraîné k enseigner à set élèves et à ses amis, qu'il existe à Hldboèep une intercalation accidentelle des schistes de H dans, les catçaô^ de G, reproduisant les apparences de nos colonies. Afnis avoir vérifié les faits que nous lui rappelons et ceux que nous lui révélons dans cette étude, nous- espéronis en toute confiance, qu'il s'empressera de rectifier ses enseignemesta erronnés sur cette localité. Nous croyons même que, cédant à l'impulsion des nobles seotimens qu^ a exprimés en diverses circonstances, il sera charmé de pouvoir saisût^
tine A beUe occasion, pour manifester sa loyauté dans ces débats, et pour donner à ses élèves une mémorable leçon de droiture et de géologie.