Bande de schistes argileux i sphéroides calcaires g
A la suite de la description de g 1 , que nous venons de citer, nous avons aussi décrit, en 1862, la formation schisteuse g 2 dans les termes que nous reproduisons:
,,Des couches de schistes argileux très-feuilletés séparent ordinairement les strates calcaires et deviennent sensiblement plus épaisses vers la partie supérieure de l'étage. A mesure que cet élément argUeux devient plus abondant, les couches de Carbonate de chaux diminuent d'épaisseur, et vers la limite supérieure nous voyons reparaître au milieu des schistes des sphéroides calcaires analogues à ceux qui caractérisent la base de l'étage E. On peut voir une formation de ce genre daxks le vallon de St Procop , derrière les dernières maisons du village de Hluboéep , aux environs de Prague. Ainsi, aux deux extrémités opposées de notre massif calcaire, dans le sens vertical, la formation de ces sphéroides paraît une conséquence de la rareté relative de la chaux carbonatée.
„L'horîzoii où nous voyons disparaître rélément eal« caîre, est celui que nous avons adopté comme limite su^ périeure de notre étage G et comme base de notre étage H^ qui couronne notre division supérieure." (Ibid» p. 79.)
Ce passage définit notre bande schisteuse g 2 ansm nettement que le comportait le cadre de notre Esquisse Géologique publiée en 18Ô2. Nous y ajoutercms aujoiu*d'hui diverses observations destinées à étendre , si non à compléter la description de cette formation remarquable par son interposition entre deux grandes masses de calcaire.
Les profils qui accompagnent cette publication montrent que la bande g 2 est intercalée en stratification parfaitement concordante ^ entre les assises calcaires de g 1 et celles de g 3.
Cette concordance de g 2 avec la bande inférieure g 1 , évidente dans toutes les localités^ est encore coiifinnée dans quelques unes par les alternances qu'on observe près de leur limite. En effet y on voit d'abord apparaître des couches schisteuses très^minces entre les bancs calcaires, dont Tépaisseur diminue peu à peu, à mesujce que celle des schistes augmente. Les schistes deviennent prédominans à leur tour, et les calcaires se réduisent à des lits minces, ou a des rangées sub-régulières de sphéroidea aplatitff Ces sphéroides disparaissent même totalement en certaines localités, et alors g 2 offre dans sa partie moyenne une masse purement schisteuse, dont les couches tràs-fissiles et peu résistantes sont facilement désagrégées par les agens atmosphériques.
Les sphéroides intercalés dans les schistes de g 2 offrent des apparences caractéristiques, que nous retrouvons sur toute Tétendue de cette bande. Le calcaire dont ils sont composés présente une nuance particulière, d'un blond foncé, avec des taches noires, irrégulières. Nous ne connaissons point de couches calcaires avec cette teinte et
ces taches y ni dans les bandas gl et g S, ni' dans auicuj» de nos étages. La plupart de ces sphéroides nec ontîennent aucun fossile. Cependant quelques uns nous ont fourni des Braefaiopoâes et des fragmens d' Orthocères. Quelqu^e^is ils sont remplis de Tentaculites. ^
Sur l'horizon chargé de ces sphéroides, les schistes de fç2, le plus souvent veipdâtres, ont une tendance à se décomposer en petits prismes, très-allongés, contrastant avec les feuillets miiaces et plats qu'ils ofirent eux mêmes lorsque l'élément calcaire devient rare ou disparait entièrement.
Les couches schisteuses de g 2 affectent des nuances très- variées et souvent pijononcées, noires, grises, verteei, jaunes, rouges &c., qui permettent de les reconnaître, même de loin. Ces nuances peuvent aussi servir utUement mais non constamment, à distinguer cet horizon de ceux où il existe également des masses schisteuses dans notre étage H.
Les dépôts qui constituent la partie la plus élevée de la bande g 2 et par lesquels s'opère le passage entre cette masse schisteuse et La masse calcaire superposée g 3, méritent une attention particulière, parce qu'ils caractérisent un horizon très-prononcé et facilement reconnaissable sur pres^ que toute l'étendue de notre bassin calcaire. Ces dépota offirant l'avantage d'attirer partout l'attention par leurs cou* leurs vives et tranchées, nous les dés^erons par le nom de co/uchM bigarrées.
Couches bigarrées de la bande g 2.
Au dessus de l'horizon où les schistes- de g 2 paraissent purs et exempts de sphéroides calcaires, on voit paraître dans leuro couches le carbonate de , chaux sous la forme de petits nodules ou de disques très-minces^ tantôt jaunes, tantôt rouges, qu'on pourrait comparer à des
amandes très-plates on à des médailles. Ces nodules, d'abord rares, se multiplient rapidement dans les couches superposées. Us se reproduisent par des alternances innombrables avec les lits de nature purement schisteuse, qui offirent ordinairement des couleurs vives , vertes , rouges, noires &c., surtout quand ils sont mouillés. A mesure qu'on s'élève , les nodules calcaires se montrent plus volumineux et plus serrés. Enfin , de l'accumulation progressive de ces nodules accolés résultent de véritables couches calcaires continues, qui , d'abord subordonnées aux couches de schistes, arrivent à prédominer sur celles-ci et finissent même par les exclure complètement
L' horizon où les calcaires deviennent prédominans sur les schistes nous paraît être la limite entre les bandes g 2 et g 3. Evidemment, une limite de cette nature n'est pas absolue, mais elle suffit parfaitement pour toutes nos considérations dans cette étude.
Les couches bigarrées occupent une hauteur verticale variable suivant les localités, mais qui peut atteindre plus de 20 mètres.
La formation bigarrée, partout où elle est exposée au jour, attire de loin l'attention des observateurs à cause des couleurs vives que nous venons de signaler dans ses diverses roches. Le plus souvent c'est le rouge foncé et presque sanguin qui domine , avec des zones jaunâtres. En outre , dans les localités où ces roches sont recouvertes par la terre végétale, on peut encore suivre aisément leur direction, parce qu'elles communiquent à la surface une teinte rouge très-prononcée , et qui contraste avec la nuance des terres voisines.
A cette occasion, nous devons faire remarquer, que des zones de calcaire rouge et jaune existent aussi dans les bandes calcaires g 1 et g 3. Mais si l'on observe que ces zones sont constamment intercalées entre d'autres
couches purement calcaires, il sera impossible de les confondre avec la formation bigarrée , toujours superposée aux couches schisteuses de g 2.
Le retour semi-périodique de ces zones rouges, à partir de notre étage F jusqu'au sommet de notre étage G, indique des causes intermittentes, parfaitement en harmonie avec les alternances paléontologiques admises dans notre doctrine coloniale.
Les principales localités où la formation bigarrée peut être observée sont les suivantes:
1. Hluboôep, sur la rive gauche du ruisseau à Feutrée du village , en venant de Prague par la chaussée , et , ensuite au-delà du village , dans diverses carrières en allant vers St Procop, sur la même rive.
2. Sur le coteau droit du même vallon, dans le grand ravin qui descend du plateau de Slivenetz vers le vallon de St. Procop, à environ lôOO mètres à l'Ouest de Holin, à peu près vis-à-yis Vohrada situé sur le coteau opposé.
3. Triebotov , à la sortie du village sur le chemin qui conduit à Chotecz.