IV. Bande d
La bande d 5, qui couronne notre étage des qnartzites D, of&e , à sa partie supérieure , lorsque elle n'a pas été dénudée, une formation d'environ 100 mètres d'épaisseur, compo* sée de schistes gris et de quartzites , alternant par couches minces. Cette formation est remarquable, parcequ'elle est entièrement dénuée de fossiles de nature animale. Elle ne présente que quelques fucoides. Ainsi, ce dépôt puissant correspond à une intermittence totale et prolongée des faunes siluriennes, dans le bassin de la Bohême.
La puissance de cette formation pourrait servir de mesure approximative, pour apprécier le temps qui s'est écoulé, entre la dernière apparition coloniale et l'apparition définitive de la faune troisième, dans notre bande e 1. Mais, dans certaines localités , que nous décrirons plus tard, cette masse sans fossiles parait avoir subi des dénudations partielles, avant le dépôt de la bande e 1, ce qui donne lien à des apparences stratigraphiques dignes d'attention.
An-dessous de cette formation , la bande d 5 se compose de masses de schistes argileux, de diverses nuances, principalement gris-jaun&tres , ou bleuâtres et quelquefois presque noirs. Tantôt ces schistes sont seuls ; tantôt, ils renferment des couches de quartzites subordonnées et plus ou moins rapprochées. Mais, dans tous les cas, ces formations successives, variables dans leur aspect et dans leur composition minéralogique , suivant les localités, semblent former des dépôts de forme lenticulaire, d'un grand diamètre.
Les colonies, à l'exception d'une seule, sont toutes intercalées entre les couches des formations schisteuses de d 5, que nous venons d'indiquer.
En harmonie avec les coulées de trapps, existant dans la plupart des enclaves coloniales, nous devons faire remarquer, que des coulées semblables et en grand nombre, sont intercalées isolément sur divers horizons , dans la hauteur de la bande d 5. î^ous avons déjà signalé leur existence dans le chapitre pré-
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cèdent (p. 101). Comme elles ne sont accompagnées par aucan dépôt de schistes à Graptolites, elles diffèrent essentiellement des colonies. Mais, leur présence fréquente dans la bande d 5, sur des niveaux variés , et en relation avec les horizons occupés par les colonies, indiquent les mêmes phénomènes plutoniques.
D'après la composition pétrographique , que nous venons d'indiquer, on voit, que les sources quelconques, qui ont introduit les dépôts sédimentaires , constituant les colonies et la bande d 5, 'étaient également intermittentes.
Il résulte aussi de ces documens, que la seule différence essentielle, qui caractérise exclusivement les enclaves coloniales, dans la bande d 5 , consiste dans la présence des schistes à Graptolites , parmi leurs élémens pétrographiques. Les autres élémens, savoir : les schistes argileux, les quartzites et les trapps se retrouvent également dans ces enclaves, comme dans la bande qui les renferme.
F. Bande d 4.
La bande d 4 est principalement composée de schistes impurs, habituellement très micacés et offrant des nuances foncées, tantôt brunes, tantôt grises et presque noires. Ces schistes, quoique fissiles, sont beaucoup moins homogènes et aussi moins feuilletés que ceux qui constituent la bande superposée d 5.
Dans certaines localités, les schistes de d 4 se montrent seuls, mais, le plus souvent, ils alternent avec des couches de quartzites, suivant des proportions très variables. On voit même quelquefois les quartzites prédominans sur les schistes.
Quelques coulées de Trapps sont intercalées entre les couches de la bande d 4 , et elles offrent les mêmes apparences pétrographiques que celles, dont nous avons signalé Texistence, soit dans la bande d5, soit dans les colonies. Mais, nous devons faire remarquer, que ces apparitions de Trapps sont beaucoup moins fréquentes dans la bande d 4 que dans la bande superposée.
Caractères généraux des Colonies. \\\
Nous avons déjà en l'occasion de constater, qu'il existe une seule colonie, à notre connaissance, dans la hauteur de la l>ande d 4. C'est la colonie Zippe , située dans l'enceinte de Prague, près des remparts, dans la partie qui se nomme Bruska.
Nous rappèlerons, que cette colonie se distingue de toutes les autres, parcequ'elle se compose uniquement d'une lentille calcaire, d'environ 25 centimètres d'épaisseur, intercalée entre des milliers de couches minces de schistes et de quartzites, alternant avec une parfaite régularité. Cette lentille est aujourd'hui cachée sous la chaussée. Nous avons exposé en 1860, dans notre communication à la Société Géologique de France les principales circonstances historiques relatives à la découverte de cette colonie. (Bull Sér, 2. t XVILp. 612—1860).
Ghap. 4. Relations stratigraphiqoes entre les
enclaves coloniales et les formations dans
lesquelles elles sont intercalées.
Nous venons de rappeler que, dans notre terrain, toutes les formations fossilifères, qui constituent la division supérieure, comme la division inférieure, sont généralement inclinées d'une manière symétrique vers l'axe longitudinal du hassin. Il s'en suit que, dans chacune des moitiés de la surface, séparées par cet axe, les inclinaisons sont opposées et synclinales. Cette disposition générale ne présente que de rares exceptions locales.
Par suite de cette régularité et symétrie stratigraphique, les colonies placées sur chacune des moitiés de la zone coloniale présentent également, les unes par rapport aux autres, une inclinaison synclinale, ou opposée.
Nous avons déjà constaté, que la direction des colonies était identique avec celle des couches, entre lesquelles elles sont intercalées et nous faisons remarquer maintenant, qu'elles offrent également la même inclinaison, que les couches ambiantes. Il serait même impossible de reconnaître entre les enclaves coloniales et les couches de la bande d 5, des diffé-
112 Caractères généranx des Colonies.
rences locales pins sensibles que celles qui existent entre les couches elles mêmes de cette bande, soit par Tefifet de quelque variation dans le niveau du sol durant leur dépôt, soit par les différences de compression, soit par suite d'un affaissement inégal, survenu durant leur redressement.
Cependant il faut remarquer, que les enclaves coloniales étant des lentilles plus ou moins convexes et plus ou moins alongées, leurs surfaces supérieure et inférieure ne sont point parallèles entre elles, comme les surfaces des couches régulières, déposées sur un fond horizontal. Nous rappelons aussi, que plusieurs de ces enclaves sont exposées suivant leur tranche ou section longitudinale, sur les escarpemens produits par la dénudation des bords de la bande d 5. Par suite de ces circonstances, si une lentille coloniale présente une grande longueur et une épaisseur relativement peu considérable, les dépôts, qui la composent, paraîtront sensiblement parallèles anx couches ambiantes de d 5. Au contraire, si une lentille coloniale est courte et plus épaisse, ses surfaces supérieure et inférieure ne paraîtront pas parallèles entre elles. Elles peuvent même permettre de reconnaître, qu'elles doivent se couper réciproquement, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur de la formation ambiante, suivant l'étendue de la dénudation éprouvée.
Dans le but d'élucider cette étude, nous citerons on exemple remarquable des relations stratigraphiques qui s'établissent entre une lentille et les couches d'une formation schisteuse, qui la renferme.
La lentille, à laquelle nous faisons allusion, est uniquement composé de quartzites, régulièrement stratifiés et très distincts par leur nuance presque blanche. Elle n'est donc pas une colonie. Elle représente, au contraire, l'une des formations normales de notre bande d 5. Sa tranche, ou section, est nettement exposée sur le talus presque vertical du chemin de fer, au point le plus voisin du village de Gross-Kuchel. L'épaisseur nMximi^i de cette section est d'environ 3 à 4 mètres et sa longueur visible dans le plan des couches, est à peu près de 12 mètres. On peut donc aisément observer tontes les circonstances relatives à cette enclave.
Caractères généraux des Colonies. 113
Elle est intercalée dans des schistes fenilletés, de couleur presque noire, et dont on reconnaît la stratification dans tons ses détails. On voit donc distinctement la base de la lentille, reposant sor les couches schisteuses, parallèles entre elles. Au contraire, les couches qui recouvrent la lentille, offrent une stratification plus ou moins tourmentée, sur une hauteur d'environ 2 à 3 mètres. Au-dessus de cette limite, elles reprennent leurs allures régulières et leur parallélisme par rapport aux couches placées au-dessous de la lentille.
Il est aisé de concevoir, que les sédimens déposés sur le talus de la lentiDe, que nous décrivons, ont été contrariés par des remous, ou qu'ils ont été déformés et troublés par des glissemens ou affaissemens inégaux, sur la surface inclinée des quartzites, qui leur sert de base. Mais, ces légères perturbations dans la régularité des couches schisteuses, immédiatement superposées à la lentille, n'empêchent pas de reconnaître la concordance parfaite, qui existe dans la stratification de cette formation, considérée dans son ensemble. Aucun géologue ne saurait avoir l'idée, que la lentille de quartzites, qui nous occupe, a été intercalée par une perturbation mécanique entre les schistes qui la renferment.
Au contraire, tous les stratigraphes exercés, qui ont consacré avec nous quelques momens à examiner cette section, ont aussi reconnu, comme nous, qu'elle fournit un précieux enseignement, pour expliquer les apparences de stratification tourmentée , qui peuvent se -manifester au contact de quelques lentilles coloniales, sans que la régularité générale de la formation ambiante ait subi aucun trouble.
De fréquens accidens de cette nature, dans la régularité des couches schisteuses, se voient aux environs du même village de Gross-Kuchel, dans les formations très puissantes, qui renferment les colonies Krejôf et Haidinger. Mais, nous ferons remarquer en même temps, que les yeux d'un géologue expérimenté ne poun-aient méconnaître la concordance remarquable, qui existe dans la stratification de ces grandes masses de schistes et de quartzites, alternant à plusieurs reprises, sur une hauteur de plus de 1,000 mètres.
114 Caractères généraux des Colonies.
Ghap. 5. Relations entre la Tanne coloniale et les faunes normales, seconde et troisième
de la Bohème.
Les connexions spécifiques entre la faune coloniale et U faune seconde ne peuvent être considérées que conune purement accidentelles , tandisque la faune coloniale, dans son ensemble, est liée par une intime consanguinité avec les premières phases de la faune troisième. Ce contraste devient tt^ apparent, d'après les documens qui suivent: