‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 12 sur 60 · DE LA VC.UTÉ. 3<J · texte numérisé non relu

DE LA VC.UTÉ. 3<J

vérités premières , telles que celle de notre existence individuelle , est d'être si évidentes , qu'elles ne puissent pas être prouvées par un principe plus évident ; et c'est précisément parce qu'elles sont la base de tous les raisonnenicns , qu'elles ne sont pas susceptibles d'être raisonnées.

Anciennes , elles sont nées avec le genre humain : si haut que vous remontiez , vous les trouvez répandues. Et comment pourrions-nous entrer en société avec l'antiquité , si nous n'avions pas de ces idées premières qui nous sont communes avec elle? L'homme lie les a pas inventées ; elles sont dans lui-même à sou insu, ou Lien elles sont actuellement aperçues, ou bien elles n'attendent qu'une occasion pour se révéler elles-mêmes. On peut dire, cjue toute vérité est ancienne ; il n'y a que sa manifestation qui soitnouvelie : elle ctoit en nous, du moins connue dans son germe. On ne goûte une vérité quelconque, que parce qu'on la trouve conforme à des senlimens qu'on avoildéjà : l'esprit n'invente pas plus la vérité , que Christophe Colomb n'a inventé l'Amérique ; il la découvre : il est en harmonie ave< elle, comme l'œil e s en rapport avec la lumière ; quand la vérité se présente, il la voit et s'en empare < omme de sou bien. L'intelligence conlicni m elle-même le principe de tout ce qu'elle acquiertpai L'expérience; et Fonlenelle disoit avec jus-

rilé la première fgit qu'elle i us t toit annoncée.

1 nivi donl je parle sont de tous

1 ' de tou ■ I' - li' lu , quelque part que

l'homme se transporte, il se tiouve en communauté

AO LL 11 VfcBITL.

et d'idées et d iv« ses semblables sur bien

il.-, choses, de manière à pouvoir se communiquer mutuellement ce qui se passe dans leui I

peuples soient même opposés de l'>is, de

mœurs, de coutumes, n'importe: ils s'entendent d'un bout du monde à l'autre sui certa Pour-

quoi le savant peut-il s'entretenir avec un igi pourquoi ans extrémités de L'Oric ni les él mens de la géométrie sont-ils les mêmes que dans notre Europe ? C'est que partout et dans toutes les conditions les hommes ^>nt hommes; ils puisent di > gentimens i ommuns dans L or i ommune nature. Tout raisonnement suppose un principe ; et, si le principe n'eu it pas commun, \< s hommes ne pourroient s'entendre surrien: et voila, Messieurs, l<- tau commun, ainsi appi lé pan e qu'il se i omposed'idées tu

Enfin elles sont immuables ; l'homme ne peut pas plus les détruire . qui les créer; i Iles sont 1 1 l'intelligence; elles sont i l'épreuve du temps; elles

résistent à l'igno e, aux préjugés, aux |

humaine ne peut existe) sans elles; il n'est

pas plus en son pouvoir d'arrêtei > jti'.i l'avenir il y

aura des effets sans cause, que d'arrêter qu'à l'avenir

mes vivront sans prendre ni boisson ni nom-

i iture

Tels sont les traits i iractéristiques de ces sentiment qui sont inhérens à la nature humaine ; ils peuvent être endormis . \U ne sont p.i< éteints . prêts à >'< v» iller,à répondre aupremier appel , poui nous servir de guide et de Qambeau. L'ame les tient i serve p"iir en faire usage au besoin; i'i>i pai eux

qu'elle voit , juge , raisonne. Tel est donc ce moi humain , qui a la conscience de lui-même, de ses sentimens , de ses idées , de ses opérations ; qui a des principes fixes de raisonnement, avec lesquels il va à la découverte de vérités encore cachées pour lui ; qui se modifie de mille manières différentes, mais qui , demeurant toujours au milieu du flux et du reflux perpétuel de ces modifications rapides et passagères, se rappelle le passé et le compare avec le présent : miroir immobile , dans lequel viennent se peindre sucment les représentations mobiles des objets;mais miroir animé , qui voit les objets qu'il produit , les écarte , les rappelle , les juge , et se voit en même temps lui-même; merveille toujours ancienne et toujours nouvelle , qu'on ne remarque pas , parce qu'elle est de tous les momens. Oui , pour peu qu'on veuille réfléchir sur les opérations de sou esprit, sur ses facultés, sa mémoire, on s'écrie , comme au sujet des plus hauts mystères du christianisme : O inexplicables, ô mystérieuses profondeurs ! oaliiiudo!

Il est donc des vérités premières qui régissent le monde inti liée tuel et moral, comme il est des règles générales du mouvement qui régissent le monde matériel; elles forment, pour les esprits, des lois qu'ils ne peuvent franchir : de même que , dans la nature Ile, les élémens confondus semblent quelmenacer l'univers d'un chaos éternel , il arrive que Un désordres, les rices el les erreurs semblent devoir quelquefois bouleverser et détruire le monde des intelligences. Mais les principes fondamentaux subsistent toujours ils prédominent et ré-

•12 de la vin m..

tablassent l'ordre j ce sont les |- iux sur

lesqui 1s roule le momie moi al. Disons .

vain éti ingei I . que le dernier effoi

n est de \"ii qu'il faut s' itl

nés vérités premières, <|m sont poui elle autant » do points d'arrêt qu'on m' prouve point pai le rai- • sonnement , mais qu'on saisit pour une i -j •> vue intérieure , et qui constituent en q p l'intelligeni

11 n'a pas été question î > ï d'expliquer ces notions primitives : il faueit constater ii fait même di leui i risteni e . en assigna lescai ai lères , et nous i l'avoir fait. Mous ferons seulement) sur leur origine, une réflexion.

Dieu est , il se voit , et voit tout ce qui est possible. Or, en nous créant, il nous a communi |ué quelque chose des trésors de sa science infinie ; notn est comme un rayon de la raison divine . la Lumière <le notre esprit est comme un reflet île cette lumière

in réée, Les notions de vérité et d'ordre qui sont en nous se trouvent aussi , de toute éternité, dans i. lui i[ui est la vérité même, mais d'une manière infiniment plus parfaite : c'est ainsi i|u'.:. jm m entendre les idées éternelles dont parle Platon, a Fénehtn après lui, dans un •' D 2). Voilà, M. v

sieurs, o qui nous ont révélé nos livres saints, en mais disant ; Dieu a fait l'homme à son image ; parole qui explique 1 homme, mil ;i\ .m. n'ont pu le faire loua

(i) Ai.

(a) Uial un PI \ ittota.

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les sages anciens et moderne». Admirons, en passant cette religion dont l'enseignement répond si bien à ce que la métaphysique peut avoir de plus élevé, comme sa inorale répond à ce que le sentiment a de nlus pur; ce qui a pu faire dire à un penseur allemand , qu'il n'y atvit d'autre philosophie que la religion chrétienne.

Mais , outre ces vérités premières ou d'évidence , n'est-il pas des vérités de discussion , de déduction , de conséquence , comme en voudra les appeler? et quels sont , pour nous , les moyens de les connoitre ? C'est ce qui nous reste à discuter.

Je viens d'établir, Messieurs, qu'on étoitforcé d'admettre des vérités premières, aussitôt senties et aperçues qu'eDoncées, et qu'on ne peut prouver, parce qu'elles sont la preuve de tout : premières par leur existence, elles piété lent l'usage réfléchi de la raison, comme le germe précède le développement de la plante qui doit en sortii ; premières par leur importance , elles servent de fondement à tous les travaux de l'esprit, à toutes les recherches, à toutes les découvertes ; premières par leur ascendant et leur empire , elles sont aussi an< iennes, aussi étendues , aussi durables que le genre humain. S'j atta< her , c'est sa- \ n écarter, <Vst (blie. Ces premiers principes sont l'ancre de salut pour l'intelligence : >:ms eux, die si mit oujours Bottante sur un océan d'incertitudes.

■fais, il fini en convenir, si tout se réduisoitpour nous à ces notions primitives, nos connoissances se-

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