‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 13 sur 60 · DE · texte numérisé non relu

DE

les bommes seroi Ql •'.; dément instruit», pmsqo') Iles

sontcoiiiiiiinii - .1 tons, ■ t le g< an bum

dans une enfance éternelle. Lespremièn

i omme l< - rai ini s de lu! . qui li i ul-

ture fait croître, et d'où sortent un grand noml re de

rameaux qui sei barg nt de 11' urset de fruits. ! I

.!.• l'e i i ii humain , dans naturelles, dans la géométrie, dans la politique, m. me dans les matières religieuses i < moi il. s, que de qui in1 -i- présentent pas à - à l'es-

prit, dont If miiii ; pas évident, aux-

quelles on n'arrive que pai la réflexion! Mais avant d'aller pi u ^ loin . et d'indiquer les moyens de les di couvrir, il est une remarque importante à l'égard de tous les genres de connoissances sans es que toute vérité quelconque, considérée dans notie .une . i n tant qu'elle : ->t apei ■ ue , connue de m reliait au sentiment intérieur qui nous aven

La vérité est bien indépendante de la p< iception de mon esprit, comme la lumière du >■ >K il est indépendante de l'organe <!e la vue; mais, de même que la lumière n'existe pour moi que par suite

de l'impression qu'elle fait sur uns u\. h vérité

n'existe pour moi que |>ir le s. aliment d'elle-même, éveillé dans mon ame. < lui . que U philosophe m'entretienne de Dit u 1 1 i!.- -. s attributs, de l'ami < i «le liés , de la morali etdi ses préceptes, di lareli,;i"ii et de si s Fon 1. m ns . qu le savant m les lois de la nature . les phénomènes qu'elle pi ■ le fruit <1

tions; que le géomètre me développe ses théorèmes avec leurs corollaires; que l'homme de lettres me trace les régies de bien dire, et de persuader aux autres les choses dont on est persuadé soi-même ; que le critique mette sous mes veux les monumens des faits qu'il me raconte , et cherche à m'en faire voir toute la force : je leur prête une oreille attentive ; je tâche de suivre la chaîne de leurs raisonnemens. A ce sujet, des pensées, des réflexions s'élèvent dans mon esprit ; j'éprouve un sentiment de résistance ou d'adhésion ; et si je finis par donner à leurs théories un plein assentiment , c'est parce que j'y suis déterminé par un sentiment intérieur qui me force à dire, Cela est vrai.

On cherche une règle infaillible de nos jugemens , un principe immuable de certitude , ce qu'on appelle le critérium de la vérité : où le placera-t-on ? Est-ce dans la conformité parfaite delà conséquence avec la vérité première qui la renferme, ou bien, en d'autres ternies , dans l'identité 1 est-ce dans l'expérience ? est-ce dans l'autorité? qu'on choisisse. Le principe qu'on me présentera comme tel , il faut qu'il soit COnqa "■ mon esprit et apprécié par lui ; il faut que, par un sentiment intérieur, je sois averti, et de 1 exactitude de cette règle de vérité , et de la justesse de ses applications. Cherchcrcz-vous à subjuguer mon esprit par une révélation divine, ou par la foi universelle du genre htOBain ? "Mais il faut que cette révélation et cette croyance me soient connues , et que j'en sente le poids et l'irréfragable autorité; il faut que quelque chose me dise intérieurement : Cette révélation vient

4G rm u ' carré.

de Dieu , t< lie est la) etc'est une

folie de ne pas penser comme lui Me ferez-vi monter jusqu • Il but

donc que j'- connoisse Dieu . < t < j 1 n- j'éprouve < a moi tapei uasi ai linu ■■■ ■■ •■ d'ailleurs i ■•m-

u nui c ii i 1 1 ii In « 1 1 ■ li listeno 'V Dieu, si je n'étois de mon exisl ' I ne rais

de mon c xistent e indi\ i loi Ile , qu- pin e que je me i tmenés

au sentiment intérieur. Il faut être pour sentir et pourconnoître; le néant ne senl ri oïl rien :

sans doute, --i I) a n'étoil | pas, et je

ne puis expliquer mon existent e que pan ■ Ile de l'être qui me l'a donni e. Il ..( p is ici de

priorité d'existence, mais de priorité di connoissanec. Av. int de savoir que Dieu est . il faut que ji sache que je suis; le doute même sur mon existent ■ en serait La preuve, cat li >l utenep ut exister que dans un être t, le néant ne sanroil d< nter.

Oui , Rft - ..in ■ . quand on veut se dégager dt s illusions di vés quelquefois bien inutilement à grands frais . <>u trouve que tout porte sur le sentiment intime du moi et de ce qui se p.iss,- en moi ; après avoir épuisé toutes les réflexions 1 1 i^us les raâsonnemens, la raison ultérieure de t roire à une pro-

posil [ti lconqne,es1 li sentiment intérieur de s»

vente. Je n'ai pas 1 oîr commeni I

tiniens i les pensées sont éveillés dans mon ame ; je permets, pour le montent, d'embrasser le système que L'on voudra : ainsi, que dans nous tout commence par l.i si BSation ou par la parole, ou de toute autre

manière n'importe; il est impossible qu'une idée, qu'une vérité , qu'une chose quelconque , existe pour moi, autrement que par le sentiment que j'en ai. En ce sens, il est manifeste que le principe de ma croyance est dans moi , et non hors de moi : tout ce qui vient du dehors doit être senti et apprécié par moi ; et lorsque l'impression de vérité que j'éprouve est très lumineuse , profonde , irrésistible , lorsque je sens qu'il faut que j'y cède ; alors je suis arrivé à la conviction , à la certitude , qui n'est que l'adhésion imperturbable de l'esprit à la chose qui lui est présentée.

Mais ce sentiment intime de lumière que font éprouver les premières vérités, avons-nous des moyens de le faire naître dans les choses moins lumineuses par elles-mêmes? Oui, Messieurs. S'agit-il de choses intellectuelles , fondées sur des rapports invariables , comme lagéométrie? l'esprit peut en voir les premiers principes, ei tirer des « onséquences par voie de raisonnement. S'agit-il de choses matérielles et sensibles , telles que I< s phénomènes de la nature rorpon lie1 «lies nous sont connues parle rapport des sens. S'agit-il de choses de fait , telles que l'existence et la < îai ' nous l.s connoissons par le témoignage. Voyons donc si le raisonnement , les sens, le témoignage, dans des circonstances données, sont pour nous des guides siirs et fidèles qui nous conduisent jusqu'à la vérité.

le sais très-bien qu'on abuse du raisonnement con tre la raison même ; qu'il est de faux raisonnenicns . comme il est de faux poids et de busses mesures: que l'esprit humain s'égare, se précipite plus d'une

46 ni.

I qu'il est suji i à pi :rspour

la pure lmnièri aussi . dans on c iculier,

nouscherchi

naires de nos erreurs. Mais enfin 1 1 i m- détruit p-i> la véritable, il n'empêche ; celle-ci ne soit marquée à des traits <]n< Gnis

reconnoître , et la distinguent de ce qui n\ tt : il en est de même de bi< □ di raison chi rche à pénétrer. Dans beaucoup de circon-

. on peut remonter à des principes fiju contestés auxquels tout li reste si lie, arriver à ccî notions primitiv s et lumineuses paj elles-mêmes don) nous avi trié. Or, soit que je contemple cet

premii rs principes dans leur lumière . soit qui sidère les conséquent es qui en i eçoivi at une lumière réfléchie . je suis également frappé d'un é< l.it qui me subjugue et qui entraine mou esprit : 1 conséquence n'est autre chose que le principe développé. Oui . je rois que l'essence du cercle 'est d'être rond, que le diamètre Le partage en dem parties égales, que le rayon i t la moil du diamètre . que tous li - point) de l.i circonfi rence sont à une égale distance du centre; et si, de ces notions évidentes par elles-mêmes, les géomètres déduisent des proprii i qui en le résultat inévitable, je croirai que les unes >i ht autres sont également certaines Qu'on multiplie les Bophismes, qu'on cherche à ébranler u

ii toujours qu'un cercle est rond; je sentirai à ce sujet une impression de vérité dont il nu hti impossible de me défendre; même je me trouverai malgré moi pénétré de ta coin u lion la plus intime et

la plus profonde, non-seulement sur les qualités essentielles du cercle que je vois sans réfléchir, mais sur relies qui s'y trouvent renfermées et qui me sont manifestées. Ainsi , que la chaîne de nos raisonncniens soit suspendue à l'un de ces principes premiers et immuables ; qu'ils soient liés ensemble comme des anneaux dont le dernier tient à celui qui le précède, jusqu'à ce qu'on arrive au point fixe qui les soutient tous : c'est alors que même la dernière conséquence se trouvera inséparablement unie à son principe.

Sans doute il v a loin des premières notions de l'algèbre , aux plus hauts problèmes de l'analyse ; de ces propositions, j'exisle , je .sens , je. pense , aux spéculations les plus sublimes. Que de propositions , que de raisonnemens intermédiaires! C'est comme une route inconnue, et qu'il faudrait faire pendant la nuit. Mais si, depuis le point du départ , je (rouvois des flambeau] allumés de distance en distance, le premier me conduirait au second, le second au troisième, et j'ai ri\ crois enfin à celui qui me montrerait le ternie de mon voyage. Il en est de même d'une série de raisonnemens hien liés; chaque proposition imprime dans l'esprit sa trace de lumière, el dès lors je passe par une suite non interrompue de sentimens intérieur, de vérité , qui me conduisent enfin à la vérité que je cherche.

.le viens au rapport des sens : j'avOUC que les sens, l'oeil , l'oreille , peuvent devenir , pour l'esprit téméraire, irréfléchi, une occasion de préjugés. Combien de nouvelles découvertes n'ont-elles pas fait voir les choses sous un nouveau jour ! Des cxpéi ient. 3

DE t. \ VtRITl'.

ces , sur lesquelles on s Y-toit i É-posé avec trop de cononl été trouvées fautives. Do Là que doit-on conclun Cesl qu'il fuit être en garde contre lei jugemens précipites , et m prononcer qu' ; le pin-- réfléchi. Mais, quand le rappoi constant et' uniforme ; qua Ile fois

i i .Mil; its; lorsq

sous toutes !■ s form

de se n , etque li ob ets sont si pal]

si sensibles, qu'il sufiit d'avoir des yeux pour voir. it d( oreilles pour entendre ; alors peut-on se refoseT à croire au léi toignage des si ris? Ainsi, comment ne pas croire, d'après l'expérience, qne l'eau < st j'in-pesante que l'air, que l'air est plus élastique que L'eau, que les Guides cherchent i se mettre de niveau, que l'astronome connott le secret île calculer avec précision le retour des ècltp uis ont

des pior i'il('"i trës-bi • i but qu'ils

posent? Comment ni que le joui n'est pas

la nuit , qu'il y a du mouvement dans la natui 1 le doute m'est impossible ; j'aurais honte d même, si je me surprenois i bésitei ; et dussent tons

os ii ns ei modernes m'embarrassa pu

des subtilités contre le mouvema . auxqn< lies je ne serais pas en état île répondre, je me croirais le phu .les hommes de nier le mouvement ; je iuarcherois , et je dirais : Donc le mouvemoat est possible.

'> ■ lu témoîj N ivons que plus d'une

foisdesté ignages suspects ont passé pour irreca-

•".aliles; qu'ir. matière de faits historiques, fin

DE LA ViÏRITÉ. 51

d'un côté, la crédulité de l'autre, ont pu accréditer d s réi ils mensongers : mais nous savons aussi qu'il est des règles d'une saine critique pour la discussion des témoignages, et souvent telle est leur autorité, qu'il est impossible de la récuser. Sans développer ici cette matière, ce qui exige un discours à part, j'en appelle en ce moment à votre conscience ; je vous le demande. Messieurs, s'il venoit à l'esprit d'un sophiste de vous débiter qu'Àlexandre-lc-Grand est un héros fabuleux; que Charletnagne n'a jamais vécu que dans l'imagination de nos romanciers, on que la ville de Rome n'existe que sur les cartes géographiques : ce ridicule personnage troiivero'rt-il un seul partisan en Europe? ébranleroit-il la croyance universelle sur ci ^ f iiu ? eu plutôt ne passeroit-il pas pour un insensé? Et pourtant, ces faits , nous ne les connoissonsqu par le témoignage dis hommes. Oui, je crois I I ■ - isU nce de Rome, que je n'ai jamais vue, d'une manière aussi ferme que je crois à L'égalité des quatre cotés qui composent un carré. Qu'on énonce devant vous celle proposition : // existe en Italie une ville au nu appelle Rome, ou bien celte autre : Dan.t un carré, kâ quatre cotés <rml égaux, n'éprouverez-vous pas la mâme impression irrésistible de vérité? S'éle-

vi i i-t-il dans votre esprit aucun nuage à ce sujet? Si vous hésitiez, ne croiriez-vons pas résister à l'évidence, au cri le pbtt impérieux de voire conscience, encore que vous n'ayii pas vu Rome de vos yeux? C'est 1,1 pourtant une chose de fait , qui n'est pas soumise aux calculs, aux procédés géométriques. Ce que je dis de Rome, je le dirai de Conslanluiople , de Phi-

tadelphie . de Pékin , je le dirai '!.■ l'exisi

li m oi i ' i de ' .l'>* a, à I de Man -Au-

rèle , de Césai . j'' le dirai de faits plus particuliers

encore , de batailles de Fontenoj . à1\ rj , <lr Parie ,

de Pharsale, d'Aclium. Qui ni croiroil reaoncer au

sens commun en refusant d'ajoutei l"i b !..•■-- •

; , , qut dit i i e nijel un 'I. s plus bi

nies qui aient bonoré la magistrature française. « Je

» sens , a dit d'Aguessean dans si - Méditation* mcia-

n physique* (1), qu'il j a des faits qui ne n

■ connus 'i"1' I " '■' témoignage des hommes , dont n il m'csl aussi peu possible de < !■ -wi. i que di - véi ités n hs j>lii^ évidi ntas . i on me i elli s de la géi

» Puis-je douter, par exemple, de l'existeni e d( lî mi » où je liai jamais été? Puis-je seulement soup-

■ çonnerquel'bistorieo me trompe, p'il > -t lut-

» même trompe, qua I il m'a «j;' \

» le premier des empereurs Romains, qui Cbristoplie

• Colomb a (ait la découverte >l< ce qu'on appelle k

• Nouveau-Monde? Si les vérités de li géométrie » sont plus lumineuses, parce que |'en découvre le » principe, celles-ci ont l'avantage d'être a la portée - du commun des hommes . el 'le (aire dans leur aine

• Uni impression plus profonde il plus durable. On » dispute tous les jours sur les méthodes géométri-

• ques . on dispute sur l'et i«K ace même ; mais on ne «s'est jamais avisé de disputer sur l'existcnci •!. » Rome : et s'il s'est trouvé quelques» des nomma

■ qui ont révoqué en doute les laits Je cette nature.

g on les a regardés comme des fous , ou du moins ■ comme des sophistes méprisables qui abusoient de » la subtilité de leur esprit. »

Voilà donc , [Messieurs , comme le raisonnement, les sens, le témoignage , ou séparés ou réunis , peuvent être pour nous le fondement de divers genres de connoissances. Il ne s'agit pas de rendre l'homme infaillible, pas plus que de le rendre impeccable; la possession de la vérité en tout n'est pas plus faite pour ce monde , que la perfection dans la vertu. Si l'homme est intelligent , il est libre aussi ; et dans la recherche de la vérité , comme dans sa conduite, il peut faire un bon ou un mauvais usage de son libre arbitre. Vainement il aurait en main des instrumeus sûrs de vérité, s il refusoit de s'en servir, si la passion, si l'orgueil en dirigeoienl l'emploi. Ce scroit une grande et funeste illusion, de croire que tout est fait pour le triomphe de la vérité, parce qu'on a éclairé l'esprit : il faut bien comprendre que les plus grands ennemis de la vérité, ce sont nos passions : il y aura donc des erreurs, comme il v aura des vices, tant qu'il \ aura di s hommes. Mais enfin h - hommes ne savent-ils rien, parce qu'ils ne savent pas tout? N'y a-t-il point de vérité, parce qu il \ a beaucoup d'erreurs? Ces) comme si l'on disoit qu'il n'y a point <!.- vertu . parce que la terre est souillée de beaucoup de vices, ou que la lumière n'est rien , parce que nous Kmunes souvent dans les ténèbres. Voulons-nous reste] dans ce juste tempérament où se tiDuve la sagesse? disons a< eus apologistes , qui fut un

di n plus lu aux esprits de son siècle , disons avec Lac-

M DE LA VLBITL.

tain •: 'l , : i Pai mi li s philosophe s, les uns out pré- » tendu qu'on pouTi ■ iusen-

■ ses ; l<s autres, que l'on ne \

» ceu>.- pas plus sayts : le: preu .

• trop donné à l'homme, L s s condshuontdi » peu ; les uns el ! s autres i sont j< ti

■ Où i st Jonc la s;itl I

• que vous sailiii/. tout, ce qui n'appartient qu'à - Dieu ; età ne pas prétendre que vous ne savez rien, » ce qui est le pi opre de la brute : entre ■ es ':

■> irémités il y a un milieu qui convient à l'homme . » c'est une m ici ee mêlée t'.u ténèbres 1 1 " pciécjiai l'ignorance. »

(i) Divin. IhmHI. lil. III , i

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