‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 24 sur 60 · PROUVEE PAR LA FOI DC GENRE HUMAI · texte numérisé non relu

PROUVEE PAR LA FOI DC GENRE HUMAI

D'abord, Messieurs, on pourroit demander aux athées des preuves positives de cet état primitif d'athéisme , dans lequel ils supposent que les hommes étoient plongés. Où sont les monumens incontestables de cet état ancien d'incrédulité absolue . et du passage à cet état de croyance la plus intime qui fut jamais. On connoit, du moins jusqu'à un certain point, l'origine de beaucoup de peuples, les fondateurs des empires, les législateurs des nations, les inventeurs des arts ; je voudrais bien savoir si , dans les annales des peuples les plus antiques, des Phéniciens, des Egyptiens, des Chinois', il existe quelque fragment historique échappé aux ruines du temps, qui nous parle du genre humain encore athée , et recevant enfin des leçons sur l'existence de Dieu , qu'il a voit ignorée auparavant. On sait que rien de semblable n'existe : mais venons aux détails des difficultés qu'on oppose.

Si l'on nous disoit que la crainte peut contribuer à éveiller l'attention de l'homme, l'inviter à se recueillir pour mieux ('coûter en s'il, in -e la vnix de la vi'i ité , et qu'ainsi i lie a fté un des moyens qui l'ont a dans la pensée de la Divinité, je pourrais en convenu . dans bien des choses, la crainte, comme le malheur, est le commencement delà sagesse. Mais y voir h motif déterminant , la cause première et fonili ■!• li croyance de tout le genre humain, c'est une dérision; et il faut être aussi crédule que ■ - ithéc , pour croire un moment ane telle ab-

surdil :. La peur, dit-on, a fait les dieux ; primat in

JlV) I EXISTENCE r>E BIBC

orbe deos fcn't lîmor 'I : cette pensée étoil bii

île se trouvi i dans le plus infime poèt à I antiquité

païenne. Mai . i cela est, 01 n'auroil <lù imaginer

que des dieux malfaisans et cruel rel ce] adant on

adora des dieux tutélaires, ''< I ^n ir>—

voqu.i Jupiter sous le nom du Dieu tri -

bon: on trouva même si naturel d'attribuer i Dieu la

bonté, que, ne sachant comi I concilier ave» elle

les maux • | • i î nous affligent, on imagina 1>' primipc a (ait les dieux . Il s hommes auroient dû ne se lesrappelei qu'avec des sentiment de tristesse et d terreur;et cependanl combien de (êtes, chez les anciens, qui ne respiroient que le plaisir, el ni consistoient qu'en réjouissances ! I aujourd'hui I attestent que les sauvages

d'Amérique font éclate! leur joie, dans leurs i lîgieus ■ . p u des danses et des conceri de musique. C'est un étrançi i1 qu'un sentiment de

qui . malgré tous I s i DFoi ts d l'athéisme pour n<>n> en délivrer, domine l'espèce humaine. Qu Démocrite jusqu'à l'auteur

du s tiéme de la Nature, de vaillans athées auront employé tous leurs efforts pour relever le courage abattu des timides humains, et : esprits

1rs plus sublimes, les hommes les plus vertueux de tout* les nations et de tous I •■ ■ iècles, les u plus cl, v :es, les plus capables de secouer 1< ji

populaires, n'auront cessé de i. émuler,

(i) Pitr. u Sah/r. fraij.

Page 1