‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 31 sur 60 · PROUVÉE TAB L ORDRE DE LA NATURE · texte numérisé non relu

PROUVÉE TAB L ORDRE DE LA NATURE

de scs espérances : mais un peu d'écume n'a rien de régulier; c'est quelque cliosc de vague et de confus ; le hasard, si l'on veut, peut en avoir l'honneur; encore même falloit-il une toile préparée pour cela , des couleurs mêlées à dessein , un pinceau analogue , et une main qui le jetât sur la toile.

Nous ne pouvons juger des choses , que d'après notre manière de concevoir, d'après ces idées premières qui constituent en quelque sorte notre entendement, et qui sont la base nécessaire de nos raisonnemens. Or l'esprit humain est fait de manière qu'il a toujours raisonné sur ce principe , que l'ordre dans un effet suppose de l'intelligence dans sa cause. C'est d'après cette règle lumineuse, invariable, universelle, qu'un homme sensé ne se persuadera jamais qu'en prenant au hasard et sans choix des caractères d'imprimerie, on peut rencontrer un poème comme Àlhilic; celte opération machinale, faite sans discernement , dût-elle recommencer sans cesse pendant des millions de siècles. Oui, dans notre intelligence, l'ordre et le désordre diffèrent, comme la sagesse et la folie, comme la lumière it les ténèbres. L'agent doué d'intelligence et de raison est séparé par un inimmense, de l'agent aveugle et brute; rt notre bon sens ne nous permet pas plus de les confondre dans leurs effets, que dans leur nature. S'il faut une intelligence pour composer une sphère artificii He qui f • > i ut'- I<ï mouvemens célestes, nous ne Concevons pas qu'il n'ait pas fallu une intelligence pour disposer les sphères réelles qui roulent dans les

ririi.x.

120 i i xisn

I! semble que li - athé - <l d j >ui onl d'atti ibuei la foi mation du monde au li *- ird. Il- ont senti que dans li réalité le hasard n'< >i dans le monde physique comme dans 1 1 rii humaine, tout a ' eau réelli . quoique exprimer une rencontre qui n'étoil pas ■ résultat qu'on n'avoit pas en vue, el dont pourtant on est la i ause . il falloit un mot , et ce mot est i elui

de hasard, mot qui ne sauroit êl I agent, une

cause. Nos athées, cessant de l'invoquer, ont fait grand bruit de ce qu'Us appellent la nalun .

.- voilà 1 ■ m- dieux, qui ne sont pas moins

chimériqui s cpi i du paganisme ; et en vérité les

athées se montrent si crédules , si déraisonnabli dans leur manière d'expliquer cet univers, qui . rapport, ils sont bien les plus superstitieux

les hommes El d'al 1 nous leur dii

tendez-vous p a la i - une na-

inte . disposant tout d' i] plan concerté d'avance, vous changez le mot en conservant 1 1 » 1 , • . - . - ; cette naturi . c'est la cause Dtelligente que nous cherchons, c'est Dieu, Mais non, pour être i onséquens, vous devez désignei par le mol nature l'universalité des êtres, la collection de tout ce qui existe, le grand loul . l'univers, en un moi, le monde. Maintenant, dir< que le monde est l'auteur de l'ordre du monde, c'est vi iblement m rien dire. Vous aurez beau me parler de l'énergie de la nature, d'atti iction . d'impulsion . de répulsion . d'affinité . je vois bien la des règles, mais je demande où est le régulateur; je vois là des moyens d'ordre, mai*

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qui, loin de l'exclure, supposent un ordonnateur. Ce n'est pas plus heureusement que vous invoquerez la nécessité : tâchons de bien nous entendre , et de ne pas mettre des mots à la place des choses. Prétendez-vous que l'ordre actuel du monde existe nécessairement, par lui-même, de toute éternité1 Mais alors la voix de la terre entière s'élève contre vous : anciens et modernes , philosophes et peuples , athées et croyans , tous s'accordent à dire que le monde n'a pas toujours été ce qu'il est ; et la tradition du chaos primitif, d'où est enfin sorti l'univers avec ses merveilles, s'est conservée chez tous les peuples. Prétendrez-vous que du moins l'ordre actuel des choses est le résultat nécessaire des lois mécaniques de ce inonde visible ? Mais je demande qui a établi les lois primordiales, si fécondes en résultats merveilleux; je demande qui a présidé à leurs combinaisons, et d'où viennent ces principes d'ordre, qui, en se développant, ont formé et conservent encore l'univers. Je vois une aiguille foire le tour d'un cercle tracé sous mes veux, et marquer exactement les heures qui divisi nt le jour, et je demande quelle est la cause d'un mouvement m régulier; vous me répondez qu'il est If résultat d'un mécanisme qui se dérobe à mes regard t j'y consens ; mais ne faut-il pas remonter à un ouvrier intelligent, qui ait mis en jeu et en action les ressorts divers de cette machine? Je vois une armée exécuter avec précision les évolutions les plus gavantes et les plus difficiles; j'en demande la - nie , et l'on me répond que ce que j'admire est le résultat de la t m tique et du long exercice du soldat • '• 6

j'y con-i i ! de re-

coin il 11 !■• 10115

■ beau supr* la natm mens el di s i ombio

s'n.., d'où ortenl 1< $ phénomènes que nous avons

BOUS les \> u\ . il qui QOUS ir, llion ;

il faudra que nous arrivions i u mière ,

«■llic iente . de ci 1" I oreb e qui i. ippc nos I

l'ai déjà «lit . là on se trouve unité, il me faut an principe autrui et conservateur île cette unité. Vous voudriez explique! le monde présent pai des

changeraeo e( des transi talions indépendantes de

l'ai don primitive d'une cause intelligente: pour vous faire apen evoir en< ore d i

tème, faisons-en l'application au n K ial. Je

suppose que \>- vous >l^' sérieusement: >.tpourquoi la France subsiste en corps «le nation, et d'où est venu pour elle le régime politique qui lie a maintenant ? Le voici : en remontant d' trouve des lois, des usages; des l imilles se sa lis unes aux lutres ; uni ., aération est passée . une autre i -t arrivée; le temps a apporté divers cl mens dans les mœurs et les l"i~ : le gouvernement a subi bien des variations, el nous tommes enfin parvenus à l'ordre actuel des choses Seriex-vous sst-

ti>l.iiis île cette tl ii ' m ne diriez-vous ]

raison? Y ous me parlt de l"i-> . d'usage», de changemens, de révolutions, |">m m'expliqua l'état aitu.i de la France : mais enfin, en remontant d'âge en âge. ili- générations en générations, ne faudra % il n iboutii au berceau de la nation frai aise,àda

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individus, à des êtres pensans , intelligcns , ptévoyans , qui aient fondé , policé , gouverné la nation ? Oui, sans doute. De même, Messieurs, dans le monde physique, supposez, tant que vous voudrez, des soleils qui s'éteignent et des soleils qui s'allument, des chocs et des bouleverse mens dans la nature, des mondes nouveaux sortant des débris de mondes anciens; bâtissez des systèmes sur les liaisons et les progrès de tran formations successives: il faudra toujoiirs, d'effets en effets, de phénomènes en phénomènes, remonter à un régulateur antérieur à toutes ces combinaisons. Qu'on prolonge indéfiniment la chaîne des êtres, il faudra enfin arriver au point fixe qui la tient suspendue. Dans la nature, comme dans la société, il existe bien des lois d'après lesquelles tout marche et se soutient; mais dans la nature, comme dans la société, la législation suppose un Législateur!

Poui • passe] di l'intervention de h cause intel- I voudroit-on se prévaloir de cette paroi, cé-

lèbre île h- s< arti s : " Donnez-moi de 1 1 matière et du i> mouvement, et je ferai un monde! » Mais depuis quand l'hyperbole d'un esprit qui s'exalte, doit-elle une vi rite rig >ureuse? Mais Descartes oie 1 . pje le monde se feroit de lui-même; il

disoit: «Je forai un monde; il se proposoit pour i mi du mouvement el de la matière, et par-là

il Intervenir un être intelligent ; mais il est bien ri i onnu que !). i art( - étoil d'ailleurs un tièsicui I la Divinité ; mais Pncartes s'ç$l an. o •■ .ims^i .1 faire un monde, et l'on sait comment il a réu m n' i ] lu un seul partisan ; ses

124 L'ETtCTEHCE nr. Dinr

tourbilli i mme une rapear lé-

gère; avec tout son génie il ■ < en le sort de tous le» fabi ii '!■ mis de mon I évanoui dans si pi usées.

Ainsi, rien ne dispense de i • ■ ise in-

telligente.

Or, que cette cause intelligente soit li a demande aucune disi ossion La qui stii . moment entre les athées ii non ■•>u >'il

n'existe pas un être distingué de ce monde, et qui en ait été l'ordonnateui S ellement,lei

athées i om il idi ont sans pi ine que . pour avoir 'li— posé si merveilleusi menl toutes le* parties de cet iminense univers, il lui falloii une intelligent . une pui im me sa esse, une prévoyance, qui 6ur| toutes uos | . os es ; que « • doivent être

■ pai fait . i a un t , qu'il

est Dieu.

11 demeure donc établi qu'il y a !' s notions d'ordre et '!<■ beauté répandues dans tous les esprits; que ces notions chacun sent ti >•— bii a qu'il \ .1 de • 1 111^ ce monde visible; qu'on ne peut expliquer cet 1 1 Ire que par l'action •l'une cause intelliqui est Dieu: donc il y a un Dieu. A" . .il i la ■ n ne peut rompre un seul am siis qu'on peut faii e .1rs arjjuniens cont comme l'on en fait contre l'existence de la matière, de l'étendue et du mouvement; mais , heureusement pour le repos du monde, les pn uves de 1"> tisl Dieu ont sensibles à tous, tandis que les sophisma

îles allées sont pris d.uis une métaulivsiqu.

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