‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 33 sur 60 · I N'CE DE DIEU · texte numérisé non relu

I N'CE DE DIEU

ceinte ijui i. dJ

rjn des habitan • ai

chaîné 1 1 itbien

alin i h lalion,

il n'a plus i ien qui :

tirois-jc ému . i

vol i npidi et majcstui

Je m vous dirai pas de vous armer de l'instrument

<lniit s'aide l'œil de -l'obseï valeur, et de I

le lit ma me nt ; cela menu • ; une fatigue: je n'aime

pas à ne voir (ju'un point dis espaces célestes ; il tue

faut toute la <■ iûte des cieux , une liberl

laisse à mon esprit toute a cœuj toutes

ses affections. Et où donc la trouver cette natan . qui

parle à nos aines bien mieux que toute l'éloquence

humaine? Où, Mi C'est dans ces forêts superbes

et majestueux

de oml .1 l'atue d'un saint rei illcmenl

et d'un '• sur les Lords d'une

mer tour à tOUT paisible et courroucée, dont les ondes

semblent se jouci sous la main puissante du Dieu qui les irrite OU les i| ai JUr la cime de

ces hautes montagnes d'où l'i il perd d ms on immense horizon. Là ,roi de la nature , l'homme semble planer sur son empire; et contcmplaal avei ti osport ci iraste ensemble de vallons et de coteaux, de monts et de plaines, de champs i tdepndi ies qu'il voit à ses pi< d : llement

\.i I luteui de tant de merveilles. Où faut-il étudia : i C'est sui tout dans les cieux . au milieu de

'• tranquilles et pures, quaud le

PROUVÉE PAU l'oEDSE DE LA NATDBE. 127

sur la terre et dans les airs , et que la lune , avec ses douces clartés, semble verser sur l'univers le calme et la fraîcheur. Alors peut-il venir en pensée qu'il n'y a pas de Dieu? Ali ! plutôt des sentimens consolans et lions s'insinueront dans vos âmes; quelques larmes d'admiration et d'attendrissement s'échapperont peutêtre de vos veux ; et, tombant à genoux, vous direz: " Dieu de L'univers, que tes œuvres sont belles! Dieu » de mon cœur, qu'il m'est doux de croire en toi ! et » comment pounois-je te méconnoitre, quand ta pré- » sence éi 1 it£ de toutes parts avec tant de gloire et de magnificence? Dieu de bonté , pardonne aux erreurs .. de ma jeunesse; i •••ois l'enfant égaré qui se jette dans ■ ton sein paternel: et si tu fais paroitre ta puissance " en réglant le cours des astres , montre-toi plus puis- » sant encore en réglant mou cœur, et le soumettant » pour toujours aux lois de ton adorable et suprême » majesté. »

EXAM]

DES PRINGIPAl \ \l!',[ MENS DE L'ATHl.ISMI .

A.v moment où nous avons formé le de» in de venjjer contre les attaques de L'impiété le premier de fuis les dogmes, celui de L'existence de I *i • u , nous n'avons pu nous i ncler k nousmêmes, s'il ne serait pas plus expédient de laisser dans l'oubli ces ténébreux argomens , que 'le les produire au grand jour; si L'on ne s'exposerait pas, en les révélant, à obscurcir une vérité qui brille de sa propre lumière . i omme Le soleil brille de » s là même .1 ébi tnlei 1 1 conviction par les moyens que nous voudrions 1 mployer .1 L'affermir. Mais cette considération n'a-t-elle pas du le céder à un autre plus puissante encore? C'e.-i que, si la Di\inité a eu tant d'ennemis, qui ont élevé la voix avec L'éclat de la trompette dans L'Europe entière, il faut bien qu'elle ait aussi s,s vengeurs; c'esl qu'après une époque où L'athéisme étoit comme Le ton dominant du monde savant et littéraire . où L'on a fait des 1 (Torts b blés de science et d'esprit . pour tout expliquer sans l'intervention de la cause intelligente et suprême ; où mille productions diverses, marquées au coin de l'impiété li plus révoltante, ont circule dans tous les la société, il est impossible qu'il a't

EXAMEN DES ARGUMENS DE l' ATHEISME. 129

pas des impressions funestes , même dans les esprits que ces pernicieuses doctrines n'ont pas tout-à-fait pervertis : et dès-lors le soin de la combattre ne saurait êtres ni déplacé ni superflu. Oui , l'athéisme a laissé au milieu de nous des traces profondes de ses ravages. Ce qui autrefois étoit rare , effrayant , est devenu commun et familier à notre pensée ; et si Bossuet revendit parmi nous, il ne pourroit plus direce qu'il disoit de son temps : « La terre porte peu de » ces insensés, qui , dans l'empire de Dieu , parmi ses » ouvrages , parmi ses bienfaits , osent dire qu'il n'est » pas ; et lorsque dans la lumière du christianisme » on en découvre quelqu'un , on doit en estimer la » rencontre malheureuse et abominable (1). » Il peut donc être utile de discuter les argumens des athées, soit pour détruire des impressions funestes, soit pour les prévenir; tel sera, Messieurs, l'unique objet de cette Conférence.

Si nous écoutons les alliées de nos jours , ils nous diront, dans louis discours comme dans Unis livres; « Quel est donc cet être distingué de cet univers, que .. vous ippelez Dieu? où le placez-vous ? Vous en Fai- .. tes un espi ii (|ni a créé la matière et le mouvement : » comment concevoir cette production du sein même r, du néant? De rien peut-il soi tir quelque chose ' » Qui nous expliquera sa nature? comment nous en » forint- 1 i h idéi ' Si notre doctrine est obscure, la » vôtre est-elle plus lumineuse, el Htthéismi

(l) Pn.n i. r Si rmon de I' Ucnt.

130 KIAHEN DKS ARGCMEM*

m plus incompréhensible que le Dieu que vous ■ » Vous en faites un être infiniment lx,n , sage et juste; » mais il le serai bien davantage , ^'il - . luit plus » visible aux yeux dn genre bnmain : il s'attirerait

■ l'admiration et les hommages de ton

■ en est un >i grand nombre qui i ten lui; » ei ce sont ceux-là même qui ont le plus de I i

>. et un 'li il plus ardent de connaître la vérité. Pour- • quoi doni i st-il si caché,

> rechereb >? Vous recoure» à Dieu pour expliquer » cet univers visible ; recours inutile. Su; ■

» monde éternel , le mouvement inhérent à la ma-

■ tière , une succession toujoui>

» variés dans leurs formes, leurs figures, ï« ; » i ^ pr>>-

■ priétés naturelles , avec leurs aH

> positions . tendant .i se i ■

■ de cho

I - animaux qui habitent la terre, et l'horai » même. Ainsi tout s'explique - ins Dii u , . i . ', ^i l'i-

■ gnorani e di jui a fait i:>

sieurs , les arg

nu i .1 i!i^ les ; d'un savant de nos

qui . durant : an irqtu r | i

athéisme, nous dirons en parlant de Dieu : On ne

le compi ■: explique tout

tans /m ;i). Crus . il faut que la cause île l'athéisme

m «i an Dictunnain rf„-> Atkttt .

soit Lien (bible et bien désespérée, si, après cinquante ans de travaux et d'efforts , un savant distingué n'a pu lui trouver que ces fragiles appuis.

On objecte d'abord qu'on ne saurait comprendre Dieu. Sans doute c'est un Dieu incompréhensible , le Dieu que nous adorons : loin d'en rougir , nous en faisons gloire. Si nous pouvons le connoitre , comme je le dirai bientôt, nous ne saurions le comprendre. Toujours ses perfections seront inGniinent élevées audessus de nos foibles pensées. Vous auriez pour les peindre toute la magnificence des anciens prophètes d'Israël , toutes les lumières des plus beaux génies qui ont éclairé les nations et les siècles, toute la subtilité de ces intelligences que le christianisme nous représente autour du trône de l'Eternel pour être les ministres de ses volontés saintes; vous auriez tout cela , que vos sentimens et vos expressions resteroient à une distance infinie de sa suprême majesté, et qu'après avoir tout épuisé , vous seriez forcés de convenir qu'on ne peut mieux le caractériser qu'en l'appelant in* oinpréhensible. Dieu seul se counoit lui-même d'une connoissance parfaite , la puissance , la sagesse, la boni.' sans bornes , ne peuvent être conquises que par une intelligence sans bornes. On dieu qui pourroit être compris ne scroit pas le dieu véritable , mais un dieu imaginé par L'homme. Qu'on avance tant qu'on voudra dans l'infini , on ne trouvera jamais les limites de ce qui n'en a point: c'est une mer immense sans fond et sans rivage. Llncompréhensibilité de bi nature divine lui est tellement propre , que refuser de croire en Dieu parce qu'il est incompréhensible ,

132 EXAMEN DES AFOl IX

c'est rt'l'user île croire en Dieu parce qu'il est Dieu ; voilà certes un bel argument.

Dieu est incompréhensible: expliqaons-nous, pour ne pas disputer en vain. Comprendre Dieu , ce seroit en avoir une idée complète, en pénétra li nature, en sonder toutes les profondeurs ; ce serait voir parfaitement la beauté et l'harmonie de toutes i i lions : i ! « 'est là sans doute ce qui surpasse la capacité d'un esprit foible et borné, comme celui de l'homme. Connoltre Dieu, c'est savoir qu'il eu avoir des idées non complètes sous tous les rapports, mais assez nettes, a qutyoït suffisamment ce qu'il est par rapport à nonque nous sommes par rapport à lui ; pour m parler d'une manière sae,e et raisonnable ; pour avoir la conviction intime et profonde de son existent puissance , di 3e • i justice .

encore que non-, ne puissions pas les eml toute leur et. ndue. Or telle est notre situation sur la ■i re. Eh quoi ! Messieurs, lorsque le grand nom d<- Dieu retentit à vos oreilles . n'est-ce là qu'un vain son qui se dissipe? ne sentez-vous s'éveiller aucuni pensée, aucun sentiment dans >i nous parlons de l'Etre éternel , sans commencement el sans fin . dont la nature est d'exister, à qui l'être est aussi essentiel que la rondeur l'est au cercle; qui , indépendant de toute cause étrangèj . n'a rien rej i, comme il ne peut rien perdre ; qui demeure toujours inaltérable . tOUJOUl 3 le même . taudis que dans ce monde tout | ■ . . i ut s'use comme un vêlement: qui seul est véritablement, parce que tout le i

tient de lui une existence empruntée ; devant qui l'univers est comme un néant , toutes les nations comme si elles n'étoieut pas , et qui peut dire de soi cette parole de nos livres saints : Je suis celui qui suis : si nous parlons d'un Etre tout puissant, qui a communiqué à tout ce qui compose cet univers l'être , le mouvement et la vie ; qui peut créer des soleils avec la même facilité que des insectes ; qui a semé les étoiles dans le firmament comme la poussière dans nos campagnes; qui n'a besoin que de sa volonté pour produire , et qui , au commencement dit : Que la liomicre soit, cl la lumière fut : si nous parlons d'un Etre souverainement sage, qui, par des lois également simples et fécondes , gouverne ce monde visible ; dont la providence embrasse tout saus effort , les mondes étoiles comme l'herbe des cbamps , les vastes empires comme l'individu le plus obscur, conduit les créatures intelligentes à ses fins toujours adorables avec force , mais aussi avec douceur, et se joue ainsi dans cet immense univers : si nous parlons enfin de ce Dieu juste , qui suit en tout les règles de sa souveraine et infaillible raison ; de ce Dieu saint , dont l'infinie pureté le tient à une distante infinie de tout ce qui est mal : 'le ce Dieu bon, qui, beureux de lui-même, aime i épancher sur ses créatures quelque ebose de sa suprême félicité ; si nous tenons devant vous un semblable discours, sommes-nous aussi inintelligibles que si ni i^ vous p niions une langue étrangère et qui Tousfutinconnue?Toutesccs pensées i. 'ont-elles aucun rapport avec votre manière de sentir et de juger? Tout cela est-il aussi bai bare , aussi absurde , que si

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