‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 2)Chapitre 4 sur 60 · I) OUVERTURE · texte numérisé non relu

I) OUVERTURE

i\Té avec un esprit prodigieux , Voltaire verse le ridicule à pleines mains sur ce qu'il y a de plus sacré ; assaisonne l'obscénité par le blasphème , et le blasphème par l'obscénité; travestit avec une malice réfléchie le christianisme , ses livres saints et son histoire; propage dans la nation entière cet esprit de scepticisme , de frivolité , de moquerie , qui ne croit rien , se joue de tout, s'amuse des vices des hommes comme de leurs travers, affaiblit l'horreur du crime, relâche les liens de la société, et dispose tout gaîment pour la dissolution universelle des mœurs et des lois.

Jean-Jacques paroit : malheureusement pour ses contemporains, c'est un des hommes les plus éloquens de son siècle. Pour quelques vérités qu'il défend avec force, et dont on ne profite guère, il répand avec profusion de brillans men luisent; avec

l'audace de ses paradoxes et le feu de son imaginalion , il subjugue les i ~]nits ; cl Le ;-:• ■ le qui s'est appelé lui-même le sièele des lumières, se prosterne devant le sophiste étranger, qui , sur les sciences et les lettres, --ur l'éducation, sur la société, débite gravement lis théories les plus sauvages.

Je pourrois bien citer ici un grand nombre d'écri- >'n ordre inférieur, qui) sous les bann

inte contre ce qu'ils appelaient les préjuj lire contre la

i et l'autorité i':. crurent de bonne foi, ce -. inbli . qu'ils se don-

. i 'il le nom de pi. I ;■ le temps, cet en-

uemi mortel de- lout n qui < il médiocre, les a mis à L 'm |.l. < , V u d lu oiu pas l'injusi 1 1

S DISC0CRS

nu peui que le génie n\ si pas nne chose commune , et noua n'aurons pas la simplicité de nous transporter d'admiration pour (!( s auteurs qui ont eu plus d'esprit que de sens, qui rmt été m- >ins philosophes que sophistes , moins que dé( lamateurs.

()n\:i don< , dans le cours du dix-huitièmi s'élever une foule d'écrivains athées, i

indifférens, novateurs. Par eux, ùnsi que le I objets <le h vénération publique reçoivent des dénominations qui leur sont étran qui les

rendent odieiu : h religion n'est jamais que fanaconune l'autorité n'est que tyrannie Cesproductions, où la corruption de l'esprit le (hsputi .1 celle du cœur, se multiplient sous leur plume féconde, ei di spressess ms noi s< m sur I

renl - contrées d< l'Europe. Depuis celte époque, L'impiété a'a plus été reléguée dans quelques livres : 1 1 1 1 1 s seulement d'un petit nombre de !.. 1.111 - : 1 II.- .1 pai u --"lis les l"i mes les plu- \ les plus attrayantes , et les plus I tire dans

K- mains de 1 iut< s les classes de la

il circulé partout . .; jusqu' m ha-

meau le j >1 us oba :n . Il est vrai , lans tous Les temps on fut combattue mais dans aucun temps les attaques n'a vi uni été ni si multipliées ni si perfides que dans 1.- dix-buîl Yh-muI, ment ce

que le raisonnement a de plus su! quel'é»

1 la poésie ont de charn 1, l'histoire îles

D OUYERTÊRE. 9

Loinmes et (le la nature d'intéressant et de curieux , l'épigrainme et la satire de plaisant et d'amer, le conte et le roman d'ingénieux et de séduisant : tout est mis en œuvre contre la religion, pour appeler sur elle et sui s s ministres la haine et le mépris; et, quand on pense à ce déluge de productions impies et licencieuses dont la France a été comme inondée dans ces derniers temps , on s'étonne , non pas de ce qu'il v a aujourd'hui moins de foi que dans le siècle de Louis XIV , mais de ce qu'après tant d'efforts pour l'éteindre , il en soit resté quelque étincelle.

Tel étoit le dérèglement des esprits, qu'il ne leur pennelloit plus de voir , ni dans la religion ce qu'il y avoit de vrai , d'utile , de nécessaire ; ni dans les instituions , les lois et les usages, ce qu'il y avoit de vénérable , de salutaire , de fondamental. Dès lors il n'est plus question de réformer , mais de détruire ; ni d'émonder l'arbre, mais de le déraciner : tout est ébranlé jusque dans ses fondemens, et une monarchie de quatorze siècles s'écroule avec un fracas , qui, après trente ans , retentit encore dans l'univers. Messieurs, c'est au milieu de nos commotions religieuses et politiques qu'a été placé en quelque sorte le berceau de beaucoup d'entre vous. Oui, nourries, élevées au sein de la confusion et du désordre , transportée» ensuite , dans l'âge des passions , au milieu de la corruption de nos , ii.'. et d< li liceni e des camps, des générations entières n'ont pu recevoir qu'une éducation imparfaite: poui elles, la religion de leurs pères eu à peu près comme une science inconnue. Combien qui semblent vivre sans religion ctsaus dieu, mais

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