‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 3)Chapitre 26 sur 35 · G LA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

G LA PROVIDENCE

les destinées. Oui, tout me parle de là Providence dans Ton In; moral.

Si j'interroge l'histoire du genre hu-»

main, je le vois dans tous les temps et toutes les contrées en possession de croire à la Providence : des temples, des autels, des victimes, des hymnes sacrés, un culte, une religion en un mot, voilà ce que l'on trouve dans le monde ancien et nouveau. Or tout cela seroit, non-seulement inutile, mais insensé, si la Divinité étoit indifférente à ce qui se passe sur la terre. Au temps du paganisme, les hommes égarés avoient partagé le monde moral, comme le monde physique, entre plusieurs divinités tutélaires* ils avoient des dieux nationaux et des dieux domestiques, des dieux pour la naissance et des dieux pour les funérailles, pour la |>aix et | ,\ur la guerre, comme ils en avoient pour les autres, les mers, les moissons, les lleurs, les fruits, les bois , les fontaines. Ce n'étoit là sans doute qu'un amas d'erreurs grossière mais du milieu de ces superstitions sortoitS jours la foi d'un Dieu présent à tout, présidant à tout, réglant tout par ses suprêmes

mes volontés. Tous les législateurs, tous les vrais sages, les plus illustres philosophes de l'antiquité païenne, les écoles les plus célèbres, telles que celles de Pythagore et de Platon, ont professé le dogme d'un Dieu modérateur suprême des choses humaines. Epicure fut regardé généralement comme un impie, pour avoir méconnu la providence. (( La première vérité, a dit » Cicéron (1), dont il importe que les peuy> pies soient bien convaincus, c'est que les » dieux sont les maîtres et les modérateurs y) de toutes choses, que tout est dirigé par » eux, qu'ils voient les sentimens et les ac- » tions des hommes, et qu ils distinguent les )) hommes de bien d'avec les médians. )) On sait que, dans son fameux Panégyrique de Trajan , Pline le jeur^e commence par rcconnoître t[ue c'est à la Divinité que la terre Q&voit dû cet excellent prince : Principenk nostrum divinltùs constitutum.

SWécoute la saine raison , elle me dira f Ae Dieu souverainement sage doit avoir créé l'homme pour une fin, et l'y faire

(1) De L(g. lîb. IL

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