‹ Défense du christianisme, ou, Conférences sur la religion (volume 4)Chapitre 37 sur 39 · IV · texte numérisé non relu

IV

458 ttEYÔTrtS i-.nyrîîs .<:'si s-cu."tst. présenter à la foi:- le double spectacl ilos actions les plus sublimes ci. < 1 . s bxcés les plus réyoltans , et sans douté ce serort étrangement s'abuser que de ne voir parmi nous que dos Nices, et chez nos pères que des vertus; Mais chaque siècle a son genre particulier de malice et de pervertie; or ce qui semble caractériser l'époque où nous Eonnn.es parvenus, c'est l'audace des Opinions jointe à la mollesse des mœurs, ejest l'amour eïïïéné des choses matérielles, le dégoût de^ces hautes vérités qui gênent les penchans et commandent des sacrifices , l'aversion pour toute espèce de joug' religieux et même social, l'oubli de la Divinité, le mépris des choses saintes, l'esprit de révolte et d'impiété contre Jésus-Christ, ses mystères, sa doctrine et ses lois. Depuis cent ans, l'histoire de notre France, qu'est -elle autre chose, h bien le prendre, que l'histoire même du combat de l'irréligion contre le christianisme, combat livré d'abord par la plume, plus tard par le glaive^ et dont l'issue a été pour un temps la mort apparente de la religion tout entière? Chassée de ses temples, elle s'étoit réfugiée dans les cœurs ^ sanctuaire inaccessible à

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toute la fureur des hommes. Bientôt elle put en sortir pour remonter sur ses autels, mais en même temps l'impiété, irritée pat sa défaite même, redoubla ses attaques ; elle remplaça la persécution sanglante parla persécution la plus redoutable de toutes, celle de l'oppression et de l'avilissement ; et encore aujourd'hui, comptant pour rien l'expérience, égarée par l'orgueil et la haine, elle s'exhale en dérisions, en blasphèmes, en calomnies qui retentissent dans 1 Europe entière, et c'est ainsi qu'elle se montre fidèle à son premier dessein, celui de précipiter dans le même abîme tous les autels comme tous les trônes.

Frappé de ces considérations, j'ai cru que je ne pouvois honorer plus dignement mon ministère qu'en vous invitant à fixer vos regards sur Jésus-Christ, qui a été l'auteur et le consommateur de notre foi par la vérité de sa doctrine, par l'autorité de ses exemples et les mérites de sa mort : Aspicientes in auctorem, etc. Je viens vous rappeler tout ce que nous lui devons de soumission et de dévoûment; et combien il est digne d'un chrétien de redoubler de zèle

460 DEYOIRS ENVERS 3 ES lTS- CHRIST, pour sa gloire, à mesure que ses ennemis redoublent d'audace pour anéantir, s'il étoit possible, son nom et son culte sur la terre; et quel moment plus favorable à mon dessein que celui où l'Eglise nous met devant les yeux les témoignages les plus touchans de sa tendresse pour les hommes, et où j'ai l'honneur de parler devant ceux-là mêmes qui, par l'élévation de leur rang, leurs dignités, leur ascendant sur la multitude, sont appelés à servir ici de guides et de modèles? Quels sont nos devoirs envers Jésus-Christ, d'après notre qualité de chrétiens? c'est tout mon sujet.

Il est des novateurs audacieux qui cherchent dans la folie de leurs opinions une célébrité qu'ils ne sauroient attendre de la médiocrité de leurs talens, qui voudraient essaver de refondre le monde entier, de remplacer la morale par l'intérêt, la religion par les arts et l'industrie, et de bannir Dieu de son empire en le chassant en quelque sorte de cet univers qui est son ouvrage, comme de nos cœurs qui doivent être son sanctuaire. Heureusement pour son repos, la

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terre porte peu de ces êtres dépravés, d'autant plus insensés , dit l'apôtre , qu'ils sa croient plus sages : Dicentes se esse sapientes > stulti facti sunt, et qui semblent n'appartenir à l'espèce humaine que pour en être la honte et le fléau. Un instinct sublime, vainqueur du temps et des sophistes, tient les générations et les siècles comme enchaînés à un petit nombre de vérités sacrées, et, tant que nous nous bornons en général à parler de scntimens religieux, nous trouvons peu de .contradicteurs. Même il est un grand nombre d'hommes, élevés dans la religion chrétienne, qui peut-être, sans la pratiquer, font gloire de la respecter, qui seroient incapables de renier la foi de leurs pères, et chez qui l'honneur feroit, ce semble, dans bien des circonstances, l'effet même de la comiction. Mais, si nous voulons sortir de ces généralités pour nous appesantir sur les obligations que nous impose la profession du christianisme; si nous demandons l'assentiment de l'esprit à toutes les vérités révélées, la fidélité à tous les préceptes évangéliques, l'observance de toutes les pratiques cornmandées, alors leur coeur murmure, se sou-

lève contre le joug quon lui présente, et ils sont tentés de s'écrier comme les incrédules décidés : « Rejetons loin de nous le fardeau » de cite doctrine et de ces lois : » Projiùiarnus à nobis jugum ipsorum. C'est à ces sortes de chrétiens que je viens m'adresser aujourd'hui, pour leur faire sentir combien ils sont inconséquens et coupables. Oui, notre de\oir comme chrétiens, et celui-là renferme tous les autres, c'est une soumission pleine et parfaite d'esprit, de cceur, de conduite à la religion tout entière de Jésus- Christ.

En effet, mes frères y s'il a paru sur la terre, c'était pour dissiper les ténèbres et détruire les vices du paganisme, pour fixer dans dos croyances arrêtées les esprits jusque-là îloltaus à tout vent de doctrine, épurer, perfectionner la morale, lui prêter une autorité divine, et remplacer par un cidte saint et pur des superstitions impures et cruelles, également indignes de l'homme et de Dieu. Or c'est de tous les points de sa religion, de sa doctrine, de sa morale, de son culte- c'est pour. tous les temps, pour tous les lieux, pour tous les hommes qu'il

a (lit en parlant de lui-même : (( Je suis la )) vérité, » ego si/ m péri tas; parole qui ne passera pa£, et dont les eonséquences forment tous nos devoirs.

Jésus-Christ est la vérité dans sa doctrine; dès-lors il ne s'agit ni de se former, d'après la seule raison , un système de religion appelée naturelle et d'être à soi-même son maître et son législateur, ni de vouloir faire un mélange bizarre de christianisme et de philosophie, comme le faisoient les sophistes païens à la naissance de l'Eglise chrétienne, ni de s'enfoncer dans de savantes recherches, d'interroger les sages de la Grèce ou de Rome pour savoir ce qu'il faut penser de Dieu, de la providence, de la vie future, de la forma lion du monde, de l'origine de riiommc, des causes et des remèdes de sa corruption et de ses malheurs. Ici tout est révélé, tout est enseigné par. Jésus-Christ et par les premiers dépositaires de sa doctrine; il ne parle pas- en philosophe qui disserte, mais en maître qui décide; les miracles qu'il opère au sein de la Judée sont comme les lettres de créance de sa divine ambassade; il prouve qu'il a le droit de

Commander aux hommes en commandant à la nature, et certes, quand Dieu parle, il faut bien que l'homme se taise.

Ainsi, que le genre humain se trouve à une époque de lumières ou de barbarie, qu'il soit dans la paix ou dans la confusion , que les nations prospèrent ou qu'elles périssent, la foi reste la même au milieu de ces \icissitudes éternelles, a Jésus-Christ, dit » l'apôtre, étoit hier, il est aujourd'hui, il )> sera dans tous les siècles , » het i, et hodiè, et in sœcula. Son Evangile a paru au milieu du monde païen comme un soleil de vérité; depuis qu'il s'est levé, il n'a pas retiré sa lumière, et il n'est pas plus donné aux hommes de pouvoir l'éteindre que d'arracher du firmament l'astre qui nous éclaire. C'est Jésus-Christ qu'il faut suivre, si l'on ne veut marcher dans les ténèbres : Qui setjuitur me , non ambulat in tenebris (1).

Ainsi, que le savant me vante les progrès de l'esprit humain dans les procédés des arts, dans les sciences naturelles, dans la comioissance de ce monde visible et du

i Jean. \m, i5.

DEVOIRS ENVERS JESUS-CHRIST. 465 globe que nous habitons , je pourrai l'écouter : je sais que les découvertes sont filles du temps et de l'expérience. Mais, dans la religion , tout ce qu'il faut savoir est découvert- après Jésus-Christ, la vérité même, il ne s'agit plus de chercher, mais de croire ; le simple villageois qui connoît son Symbole est aussi avancé que le plus docte personnage; pour le savant comme pour lignorant, il n'est qu'un seul maître, et ce maître est Jésus-Christ : Magister vester unus est Christus (1). 11 faut que toutes les intelligences humaines plient devant l'intelligence divine, que la curiosité, comme le dit Tertullien, cède à la foi; ne rien savoir hors d'elle, c'est tout savoir: Cedat curiositas fîdei; nihil ultra scire, omnia scire est (2). Eh! mes frères, qui plus qui; nous doit bien connoître où aboutit cette inquiétude superbe des esprits? Nous. avons voulu franchir les bornes posées par la main même de Dieu, et Dieu nous a punis en nous livrant aux plus prodigieux égaremens. Toutes les vérités ont été méconnues, toutes les croyan-

1 \ ) Mutth. xxiii, 10.

(2) De Prcfc. c. xiy.

ih'n DEVOIRS ENVEW8 Jiisus-ciIRr.sT.

ces remplacées par le doute, toutes 1< s partics du christianisme déchirées en lambeaux; après avoir arrache avec violence quelques rameaux, on a fini par porter la cognée à la racine même de l'arbre; rien n'a plus été sacré, et d'erreurs en erreurs, d'abîme en abîme, on s'est précipité dans celui de lindid'érence et de l'athéisme. Cependant que peuvent craindre, que peuvent honorer ceux qui n'honorent pas, qui ne craignent pas Dieu? La religion, celte véritable gardienne tles mœurs et des lois, s'étant alïbiblie, on a \u s'atloiblir, se relâcher avec elle les liens île la famille et de la société ; un esprit d'insubordination systématique s'est emparé des peuples; un philosophisme insensé a déplacé le pouvoir, et mis le sceptre du commandement dans la main de ceux qui doivent obéir; on a fait de la soumission une lâcheté et de la révolte un devoir. Après avoir attaqué la haute majesté du ciel, comment auroit-on épargné les humbles majestés de la terre? Les trônes des princes n'ont plus été fermes là où la Divinité avoit en quelque sorte perdu le sien. Semblables à ces feux souterrains qui, après de sourds mugisse-

DEVOIRS ENVERS J-LSUS-CHRIST. 46y mens, finissent par une effrayante explosion, les mauvaises doctrines, après avoir fermenté quelque temps dans les esprits, ont fini par un éclat terrible, les nations se sont agitées, et le monde social a tremblé et tremble encore sur ses fondemens ébranlés. Ainsi, ô notre adorable Maître, nous sommes ramenés à vous, comme à la source de toute vérité, par les monstrueuses erreurs de ceux qui vous ont abandonné, et nous vous dirons comme autrefois le prince des apôtres : Seigneur, j'ai beau chercher un autre maître que vous, je n'en trouve pas 3 hors de vous il n'y a que mensoKge et que néant, vous seul possédez les paroles de la vie éternelle : Domine , ad quem ïbimus ? verba vitœ œterriœ habes.

"Vérité dans les dogmes qu'il nous révèle , Jésus-Christ est aussi la vérité dans les préceptes qu'il nous donne. Bès-lo:.: toutes les règles de conduite sont tracées pour nous, et qu'il est heureux qu'elles ne soient abandonnées ni aux recherches de la foible raison, ni aux caprices des passions ennemies de tout joug! Mais en vain nous admirons la morale évangélique comme le plus beau

présent que le ciel ait fait à la terre, si nous no dirigeons par elle nos sentimens et nos actions, si, l'appliquant aux autres, nous la négligeons pour nous-mêmes, et si nous prétendons la faire plier au gré de nos désirs et de nos penchans, nous conduire en philosophes formés à l'école de Platon , plutôt qu'en chrétiens formés à l'école de Jésus- Christ.

Nous ministres de la religion, nous ne sommes que les dépositaires de ces maximes célestes, chargés de les enseigner aux fidè les; il n'est en notre pouvoir ni de les exagérer ni de les afloiblir. Loin de nous le rigorisme qui, confondant le précepte avec le conseil, voudroit quelquefois imposer un joug intolérable à la foiblesse humaine; mais aussi loin de nous la molle indulgence, qui, pour se rapprocher de la corruption des enfans des hommes, amoindrit toutes les vérités, pour parler avec le prophète: Diminutœ surit veritates àjîliis hominum. interrogé sur ce qu'il f alloit faire pour entrer dans la vie, le Sauveur du monde répondit : ((Observez les commandemens,» serva mandata. Telle est la loi commune, in-

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violable, que le ministre de la religion doit s'appliquer à lui-même le premier, mais dont il ne peut dispenser personne; et, fût- il interrogé par ce qu'il y a de plus grand sur la terre , il doit dire au nom de Dieu , comme il le diroit au dernier des fidèles : ce Observez les commandemens, » serva mandata.

Ici, prenons garde de nous faire illusion, de déchirer en quelque sorte la loi pour en prendre ce qui nous plaît et en rejeter ce qui nous gêne davantage, et de nous tranquilliser peut-être par la fidélité à quelques points sur la transgression de tous les autres. Ainsi ce n'est point assez de respecter l'autorité par contrainte, si l'on n'obéit par conscience; ni de faire du bien à ceux qui nous en font, si nous faisons du mal à nos ennemis; ni de ne pas attenter à la vie de notre semblable, si nous attentons à sa fortune et à ses droits légitimes; ni de ne pas toucher au bien d'autrui, si nous déchirons cruellement sa réputation; ni d'éviter les excès les plus honteux de la débauche, si nous menons une vie molle et sensuelle; ni de nous sauver des sean

•iyo DEVOIRS ENVERS JUSUS-CHIIIST,

dalcs de la prodigalité, si nous ne luisons du superflu lu patrimoine des pauvres J ni de régler les dehors de notre conduite, si nous donnons toute licence à notre cœur. 11 est ordonné à tous d aimer Dieu et d'aimer les hommes, comme il est ordonné à tous de croire à la parole divine, et, si la foi qui embrasse toutes les vérités révélées est faite pour tous les esprits, la charité qui comprend toutes les \ertus est faite pour tous les cœurs. C'est le Seigneur lui-même qui a dit : « Si vous m'aimez, gardez mes comman- » démens : » Si diligitis me , mandata mea servate (1).

Yçrité dans le dogme et la morale, Jésus- Christ est aussi la vérité dans le culte, et dès-lors c'est à nous d'honorer la Divinité par les hommages qu'il nous a prescrits, et qui se sont perpétués d'âge en âge jusqu'à nous. S'éloignant des superstitions païennes et réalisant les ombres de la loi mosaïque, l'Eglise chrétienne, instruite par son divin auteur, rendit à Dieu dès son origine un culte saint et pur qui étoit l'expression de

( i) Jouii. xiv, i5.

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sa foi, (le ses sentimens, de ses espérances comme de ses craintes, et en même temps le lien visible des membres dont elle se composoit. Le temps et les circonstances ont Lien pu ajouter à l'appareil extérieur, à la richesse des autels, à la magnificence des temples, à la pompe des cérémonies; mais le fond du culte sacré n'a pas changé, et lorsqu'il est question de ce que Jésus -Christ nous prescrit au nom de Dieu , ou de ce que l'Eglise nous prescrit au nom de Jésus-Christ, notre seid partage c'est le respect et la soumission. « Celui qui vous écoute m'écoute,» a-t-il été dit au collège des apôtres et à leurs successeurs dans leur divin ministère. Ainsi Jésus -Christ a-t-il commandé la prière comme le canal ordinaire des faveurs célestes ? c'est à nous de l'invoquer avec autant d'humilité que de confiance. A-t-il établi un sacrifice d'adoration et d'amour dont le prix infini le rend digne de l'infinie Majesté? c'est à nous dv assister avec une componction vive et un profond anéantissement.

A-t-il institué des signes sacrés, pleins de force et d'efficacité pour la sanctification de nos âmes? c'est à nous de puiser avec empres-

sèment et reconnaissance à cette source de grâces. A-t-il fondé un sacerdoce pour être le dispensateur de ses mystères? c'est à nous de recourir à lui avec respect. Enfin a-t-il laissé en quittant la terre une autorité gardienne de ses vérités saintes, chargée de nous diriger dans les voies du salut, de veiller à la pureté de son culte aussi bien qu'à l'intégrité de sa doctrine? c'est à nous de l'écouter avec docilité, nous souvenant de cette parole de saint Cyprien : « Que celui-là ne » sauroit avoir Dieu pour père, qui n'honore » pas l'Eglise comme sa mère. » Loin de nous le fol orgueil de censurer l'œuvre de la di- \ine sagesse, de dédaigner les moyens de sanctification qu'il lui a plu d'établir, de vouloir nous tracer des routes nouvelles, et d'accuser de superstition ce qui a été pratiqué par les saints et grands personnages qui nous ont précédés dans la carrière.

Je le sais ; lorsqu'il s'agit des devoirs et des pratiques ordinaires de la vie chrétienne, et, pour le dire ici dans le langage le plus simple, lorsqu'il s'agit de la sanctification du jour du Seigneur, de l'assistance à l'office divin, de la confession annuelle ; du

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devoir pascal, dé l'usage des sacremens, des temps d'abstinence et de jeûne, du respect pour la mémoire des saints, pour leurs tombeaux, pour leurs restes vénérables, nous sommes peut-être tentés de n'y voir que des dévotions populaires, de croire tout cria au-dessous de notre ran" et de nos lumières; mais je sais aussi que toutes les distinctions de naissance, de talent, de richesses, de dignités, bien qu'elles soient dans l'ordre de la Providence et consacrées par elle pour le bien de tous, disparaissent devant le Dieu du ciel et de la terre, qu'elles ne sauroient autoriser à ses yeux la violation de la loi commune, et que même il a droit d'exiger davantage de ceux à qui il a plus donné. Dans tout ce qui touche aux exercices religieux, condamner ce que l'Eglise condamne, approuver ce qu'elle approuve, pratiquer ce qu'elle commande, telle est la règle des vrais fidèles.

Je sais encore que le monde est plein de beaux esprits dédaigneux qui font de ce que le sage respecte l'objet de leurs censures et de leurs dérisions a mères, de cœurs (bibles qui trahissent leur foi, et qui, déserteurs au

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dehors de ce qu'ils révèrent intérieurement, rougissent des devoirs extérieurs, des pratiques saintes de la religion ; mais ii est d'un caractère noLle cl ferme de s'élever audessus des railleries, des hommes vains et frivoles qui souvent blasphèment ce qu'ils ignorent; il est d'un cœur généreux de dire comme faint Paru! : « Que m'iinj <>r- )) tent les jugemens des hommes, leurs » louanges ou leur blâme? mon véritable » juge c'est Dieu : )) Qui judical me Dominus est.

Je sais enfin qu'il existe au milieu de nous une secte impie parce quelle est perverse, et perverse parce qu'elle est impie, qui fait la guerre à Dieu pour mieux la faire aux hommes, qui sème des doctrines funestes pour en recueillir des forfaits, qui dénature par des sophismes ou des crimes ce qu'il pourroit y avoir de grand et d'élevé dans les institutions humaines, qui voit la liberté dans une indépendance sauvage, l'égalité dans la confusion de tous les rangs, la tolérance dans la haine et l'oppression de la religion véritable; secte qui ne semble vivre que de destruction et de mensonges, qui

raisonne la révolte comme l'impiété, et qui, tous les jours, couvre la France entière, les campagnes comme les cités, de libelles furieux contre la religion, le sacerdoce et ses ministres. Mais cette apostasie ne fait que donner plus de prix à la fidélité. C'est lorsque mille bouches s'ouvrent pour blasphémer, que le chrétien doit plus que jamais sanctifier ses lèvres du nom adorable de Jésus-Christ; c'est lorsque l'arche sainte est sur le point de tomber dans les mains des Philistins, que les vrais Israélites doivent se rallier autour d'elle; c'est lorsque l'impiété frémit, menace autour de la cité sainte, que la piété doit veiller sur ses remparts. On a dit quelquefois que, lorsque la patrie éloit en danger, tout citoyen étoit soldat; eh bien i nous dirons que, lorsque la religion est si hautement combattue, tout chrétien doit être un apôtre, par ses exemples du moins, si ce n'est par ses discours; il faut qu'il s'écrie avec le prophète : <( Sei- » i^neur, ils se sont armés contre votre loi, » ils l'ont foulée aux pieds, ils ont voulu la » détruire, l'abolir sur la terre; eh bien ! la » haine de ses ennemis sera la mesure de

» mon amour; c'est parce qu'ils veulent l'ab néantir qu'elle me sera plus chère: » Dissipaverunt legem tuam 3 ideo dite xi mandata tua.

Yous le sentirez aisément, vous chrétiens réunis dans celle enceinte; c'est de vous que la religion a le droit d'attendre le plus d'efforts et de dévoûment; c'est à vous qu'il appartient surtout de la servir par l'éclat de vos exemples, et de la dédommager des outrages qu'elle reçoit par la solennité de vos hommages. La religion seule peut réparer les maux de l'impiété, raffermir l'autorité domestique et civile en la faisant dériver de l'autorité de Dieu même, arrêter la licence des esprits par le frein de ses croyances, rétablir les notions alïbiblies du juste et de l'injuste , tracer à tous leurs devoirs par la divine autorité de ses préceptes, replacer ainsi* sur sa véritable base l'édifice social; mais, pour qu'elle exerce tout son empire pour le bonheur de tous, il faut qu'elle soit hautement respectée par ceux dont le premier devoir, en qualité d'hommes publics, est de la respecter. Le mépris de la religion de la part de ceux que leurs di-

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gnités, leur fortune, leurs lumières, élèvent au-dessus du peuple, a toujours été et sera toujours le présage aussi certain qu'effrayant du dépérissement des mœurs, des lois et de la société.

Je vous rends grâces, ô mon Dieu, au nom de la Fiance entière, d'avoir animé de ce zèle et de ces sentimens les enfans de saint Louis. Ecoutez le vœu de nos cœurs, sauvez tout ce qui nous reste d'une tige si belle, et faites-la refleurir avec un éclat tout nouveau. Couvrez du bouclier de votre puissance le prince si religieux, si français, qui préside à cette touchante cérémonie, lui dont le cœur loyal et magnanime se peint dans tous ses discours comme dans tous ses traits. Veillez sur ce monarque qui a hérité de. la piété non moins que du trône de ses pères, et répandez sur sa tête auguste toute l'abondance de vos faveurs; achevez par lui ce que vous avez commencé , et fermez à jamais par ses royales mains l'abîme de nos malheurs. Père des miséricordes, accordez un triomphe complet aux lumières de son esprit sur les ténèbres de la fausse sagesse, à la pureté de ses vertus sur

la corruption du siècle, à la sincérité de sa foi sur les efibrts de l'impiété; couronnez enfin tous vos dons en le rendant heureux sur la terre du bonlieur de ses peuples, et heureux dans le ciel de votre bonheur même. Ainsi soit-il.

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