PREMIERE CONFÉRENCE
Le dessein le plus beau dans son oLjet, le plus vaste dans son étendue, le pins étonnant par le succès, c'est. Messieurs, le dessein conçu, il y a dix -huit siècles, par Jésus-Christ, d'établir la relif^ion chrétienne au milieu du paganisme, et de renouNcler par elle la face de la terre.
Je dis le dessein le plus beau dans son objet. 11 ne s'agit pas de policer un peuple barbare et de le soumettre à des lois qui, en réprimant la férocité de ses penchans, laissent subsister au milieu de lui des superstitions grossières et les désordres les plus honteux; mais il s'agit de régénérer l'homme tout entier, d'épurer ses idées sur la Divinité, d'attaquer le mal dans sa source en réformant le cœur, de déclarer la guerre à toutes les erreurs comme à tous les ^ices,
OgO lOISDATION
et de créer un monde nouveau au milieu tiu monde idolâtre. Le christianisme devoit ûtvc une création morale, sortant du cliaos de la corruption la plus profonde comme la plus universelle.
Je dis le dessein le pliLS vaste dans son étendue. Dans les Ages précédens, on avoit bien vu des législateurs, des liéros, des sages, former des plans de réforme, les suivre avec autant de courage fpie d'Iiabileté, et se signaler par leiuulévoûment au bien de leurs semblables; mais leurs travaux n'embrassoient qu'une cité ou qu'un seul peiqde* plus d'une fois ils ne fondoient que sur le malheur d'autrui le bonheur de leur patrie. Pour Jésus -Christ, il embrasse le monde entier; s'il commence par évangéliser luimême la Judée, il annonce en même temps qu'il se propose d'éclairer toutes les nations par ses envoyés, de faire tomber le mur de division qui les séparoit, de réunir par ks liens des mêmes croyances religieuses le Juif et le gentil, le Grec et le barbare, et de répandre dans tout le genre humain un esprit de bienveillance fraternelle.
Je dis le dessein le plus étonnant par le