‹ Défense du judaismeChapitre 1 sur 11 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La position des Israélites s'améliore de jour en jour. Les persécutions ont cessé presque partout. Il n'y a plus que de raies contrées où les droits de nos frères soient méconnus. On peut dire que l'intolérance et le fanatisme sont vaincus; mais les préjugés ne le sont pas ; ils subsistent toujours. On les trouve dans tous les pays, dans les plus avancés comme dans les plus arriérés, dans toutes les classes, dans les plus éclairées comme dans les plus illettrées. D'où vient que les fausses idées qu'on se faisait autrefois du judaïsme et de ses sectateurs ne sont pas tombées, qu'elles sont répandues à notre époque comme elles l'étaient naguère? La malveillance a certainement une grande part à ce fait, mais plus grande encore est la part de l'ignorance.

On ne connaît pas ou on connaît mal nos doctrines et nos habitudes. Le judaïsme n'a été ni assez souvent ni assez complètement défendu dans notre pays. Longtemps nos détracteurs parlaient seuls et il était naturel qu'ils eussent raison aux yeux du monde. Quand les Israélites commencèrent à écrire, ils durent avoir égard aux besoins du moment. Les accusations contre le judaïsme ne se sont pas produites d'un seul coup ; elles n'ont été lancées dans le public que successivement. Chacune d'elles provoquait donc une réponse qui, comme l'accusation elle-même, ne portait que sur un seul point. Il n'existe pas à ce que nous sachions, dans notre langue, un ouvrage (1) qui s'attaque à l'ensemble de3 préjugés dont nous sommes les victimes, qui les prenne corps à corps l'un après l'autre pour les détruire. Nous essayons, par le présent travail, de remédier à la lacune que nous venons de signaler. Y réussirons-nous et contribuerons-nous à anéantir les erreurs que nous combattons? Nous n'osons pas dire que nous l'espérons, mais nous le souhaitons certainement.

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