‹ Défense du projet de loi sur les prisons contre les attaques de ses adversairesChapitre 6 sur 45 · Mouvement aseensionnel des crimes et des récidives · texte numérisé non relu

Mouvement aseensionnel des crimes et des récidives

Le chiffre toujours croissant des crimes et des récidives, et surtout des crimes les plus graves, est le principal motif de la réforme que proposent la Commission et le Gouvernement. M. Faucher reconnaît que ce motif n'est que trop fondé, et que « c'est le devoir du Gouvernement et des Chambres de rechercher s'il n'y a pas, ici , une réforme ou un temps*d'arrét possible, et, si la possibilité existe, de mettre la mam à l'œuvre sans

(1) M. Léon Faucher dit, p. 34 de sa brochure :«tM. Blichel Chevalier qui a visité récemment la maison centrale de Montpellier, et qui est un observateur compétent, etc. > Pourquoi compétent , lorsque MM. de Tocqueville et de Beaumont ne le sont pas? Si le premier Test, en matière de prison, ce que je ne nie pas , les deux autres doivent l'éire nécessairement et au même titre , pour ne pas dire à ptus de titres; ce que M. Michel Chevalier ne nie pas non plus; trop compétent qu*il est pour cela.

hésiter ni faiblir. » (p. 6.) Mais si M. Faucher est d'accord avec le projet sur ce point, M. de Larochefoucault-Liancourt ne Test pas. A défaut 'd* un adversaire, nous en retrouvons donc un second. Uno avulso non desinii alter... Voyons si nous trouverons réponse à celui-ci comme à Tautre.

La conviction de M, Gaétan de Larochefoucault-Liancourt est que nous vivons dans le plus moral des mondes possibles, et « qu'il n*y eut jamais, en France, moins de crimes et de délits « qu'il ne s'en commet à présent. » Cet optimisme, que ne dé^ ment que trop, chaque matin, la Gazette des Tribunaux y a excité déjà les réclamations de la Chambre, *et, bien que M. Antoine Passy, sous-secrétaire d'État de l'intérieur, l'ait réfuté dans ki séance du 16 juillet 1859, par des chiffres malheureusement incontestables , M. de Larochefoucault n^en persiste pas moins dans son dire , en essayant , à son tour, dans le nouvel écrit qu'il vient de publier (1) , de réfuter les chiffres officiels et authentiques cités par M. de Tocqueville dans ses deux rapports.

Je ne suivrai point M. de Larochefoucault dans l'Inextricable labyrinthe de calculs où il s'est complètement perdu. Je lui ferai seulement observer que la différence qu'il signale entre les chiffres annuels de la criminalité, posés par la Commission, et les mêmes .chiffres annuels, posés par fui, diaprés les comptes-rendus, provient, d'une part, de ce que la Commission a exclu de ses chiffres les délits autres que les délits communs^ tandis que M. de Larochefoucault les a compris, dans les siens (2); et, d'autre part, de ce que la Commission^ à l'exemple du garde-des-sceaux, a pris pour base de ses calculs le nombre des accusés de chaque année, tandis que M. de Larochefou-

(1) Documents relatifs au système pénitentiaire, p. 369 et suh.

(2) On appelle délits communs les délits de vol et autres auxquels est appliquée la peine d'emprisonnement. Ms sont compris dans la cinquième colonne du tableau ci-çontre. Les autres délits, compris dans la colonne six, sont des contraventions aux lois sur le timbre, les douanes^ les forêts^ les octrois,^ etc., lesquelles ne dooiienl lieu qu*à la peine de l'amende.

GSiDlt, à Texeniple de M. Lucas (1), a pris pour ba^ des siens le nombre des condamnés (2).

Ceci établi, voici, d'après les comptes de la justice criminelle, le mouvement ascensionnel de tous les crimes, délits et contraventions, tel qu'il résulte, année par année, et chiffre par chiffre, des tables ofticielles de ces comptes, depuis 1828 jusqu'à 1842 inclussivement (5).

Tableau des crimes^ délits et contraventions.

as

ACCUSÉS D£ GRIMES contre

les personnes.

les propriétés.

TOTAL •des accusés.

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