‹ Déficits et excédens des budgets européensChapitre 3 sur 10 · LEE FH · texte numérisé non relu

LEE FH

sement des recettes qu’il convient de chercher l’équil )u gétaire, mais dans la diminution des dépenses. C'est ici qu 13 faut porter le fer rouge, c'est ici qu'il faut avoir le courage de regarder le mal en face et d'envisager, non pas un remède pas sager, mais une orientation courageuse de notre politique générale qui nous permette de retrouver ia santé financière. LA semble qu'à cet égard des idées nouvelles commencent à péné trer les milieux parlementaires : des paroles significatives ont été 14 prononcées à la tribune du Palais-Bourbon. M. Ribot, dans un éloquent discours, s’écriait : « Si je ne veux pas que les dépenses militaires augmentent, c’est parce que je veux l’armée la plus forte que nous puissions avoir. L'armée ne sera forte qu'à la condition d’être proportionnée à la population et à notre budget. Cest une opinion réfléchie de ma part : je l’apporte à cette tribune parce que je considère comme mon devoir de l’exprimer. Il faut une armée appropriée, adaptée et à l’état de la population et aux ressources dont nous disposons. On a été imprudent, on a été entraîné à des charges exagérées, on a voulu suivre l'Allemagne, ce qui était impossible, puisqu'elle a une population de moitié plus considérable que la nôtre. On a voulu 14 des unités plus nombreuses chez nous qu'en Allemagne. Cest une faute énorme, parce qu'au lieu de fortifier l’armée, on l'affaiblit (1). »

M. Ribot n’a pas été le seul, dans la discussion du budgetde l'année courante, à signaler le danger. Deux mois plus tard, M. le ministre des Finances a prodigué de salutaires avertissemens : « Dans les pays qui nous entourent, a-t-il dit, on a fait des dépenses considérables pour l'armement: des efforts immenses ont été accomplis pour augmenter la marine et pour : conquérir un domaine colonial; comme les autres, nous avons poursuivi à la fois ces objectifs très divergens, fort difficiles à +3 concilier, et nous sommes arrivés au même résultat. En Allemagne, en Autriche, dans les pays même secondaires qui nous entourent, partout on constate dans les budgets l'augmentation des dépenses et le déficit. Une seule nation fait exception, c’est l'Italie. » 010

Le même jour, M. Rouvier à ajouté Les paroles mémorables que voici : |

(1) Séance de la Chambre du 20 janvier 1903.

| { ut que nous soyons convaincus que, si grandes que les ressources de la France, il est absolument impossible le poursuivre tout à la fois une politique militaire qui nous permette d'équilibrer nos forces avec celles de nos rivaux sur le continent, une politique maritime qui nous permette de tenir ête à ceux qui sont les maîtres de la mer, une politique colo- niale qui, en s'étendant sans cesse, augmente chaque jour le chiffre des dépenses... Si vous vous laissez entraîner à des aug- mentations continuelles de crédits, comme le Parlement l’a fait dans la dernière législature Foi il à proclamé le programme naval et celui de la défense des colonies au delà des demandes ‘du gouvernement, vous serez exposés à manquer de ressources pour d’autres dépenses nécessaires. Après que vous aurez porté votre effort sur la guerre, la marine, les colonies, .le budget vous apparaîtra encore sous son autre aspect, l’aspect pacifique et fécond; et vous aurez à songer aux travaux publics, à l'instruction publique. Quelles que soient nos ressources, si nobles que soient les aspirations qui nous entraînent dans la voie féconde que je viens d'indiquer, il est chimérique de penser qu'aucun pays, aucun peuple, aucune puissance puisse à la fois poursuivre financièrement autant de buts si divers et, j'ose dire, si peu cohérens.. Vouloir tout faire, tout aborder à la fois, ce serait préparer une situation dont, quelle que soit notre puissance financière, quelque grandes que soient les ressources de notre nation, il nous serait impossible de sortir; ce serait briser

lélasticité que notre premier devoir est de leur rendre. » o Ces déclarations devraient marquer le point de départ d’une évolution dans la gestion de nos finances. Ce n'est pas en établissant de nouveaux impôts que nous leur rendrons l’élasticité que le ministre a bien raison de considérer comme nécessaire. C’est du côté des dépenses que notre attention doit se porter. Le rapporteur général du budget au Sénat a tracé un commencement de programme. M. Ribot a montré qu'il était encore plus important d’avoir des réserves économiques que de tendre jusqu’à l'extrême limite des préparatifs militaires, mal en rap- : port avec l’exiguïté relative de notre population, le ministre s’est implicitement rallié à ces déclarations : c’est au Parlement à prendre les mesures qui traduiront et appliqueront ces idées.

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