‹ Déficits et excédens des budgets européensChapitre 6 sur 10 · ICS RES 45 SO AS D · texte numérisé non relu

ICS RES 45 SO AS D

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ii La dette actuelle comprend .

Millions

de francs.

ConsolidEs:2 4/22 NET EE 14900 Bons 3 0/0 de l’Échiquier échéant en 1903 et AO EME MU A eu TON MS Me CR LÉ ENS SRE Re 605 Annuités 2 3/4 échéant en 1905.. . . . . . . 116 SAN 9 4 D OL A A OO RE ER 789 Emprunt de guerre 2 3/4 échéant en 1910. . . 756 Bonsidu résor: 1e Ore RS RES TE CRE 230 Annuités terminables.. . Pen (Ne HAN RIRE 1440 Avance permanente de la Banque d’Angleterre . 276 Divers M PNTeNENt HU RTE NNE Se eE 568 Fonds desemprunts locaux RUN RER 1 420 21 420

L’Angleterre ressemble en ce moment à un homme qui se

réveille après une nuit d’orgie. Pendant trois ans, il n’a été question de l’autre côté de la Manche que d’empire et d’impérialisme : les voix qui protestaient étaient étouffées sous le bruit

du canon et les chants patriotiques de Rudyard Kipling. Aujour-

d'hui, les troupes en « khaki » ont cessé de défiler dans les rues de la Cité, qui acclame encore Chamberlain, mais commence à faire le compte de ce que la guerre a coûté. La mère patrie éprouve un mécompte du côté des colonies, de qui elle attendait un concours financier aux dépenses de l'Empire, et qui re- fusent d'entrer dans cette voie. Le Parlement actuel, qui a poussé

ardemment à la politique de conquête, ne saurait brûler ce qu'il

a adoré. Mais des élections partielles significatives ont envoyé

à la Chambre des communes des députés libéraux et ouvriers, qui y apportent un esprit tout différent de celui des unionistes : ils seront moins disposés à consentir aveuglément toutes Les dépenses que la majorité actuelle, à propos de laquelle l’Economist an- 8lais disait spirituellement : « Jadis les souverains, engagés dans

des aventures ruineuses, s’arrêtaient parfois, et licenciaient une

partie de leurs troupes. Aujourd’hui, c’est le peuple lui-même qui se saigne et qui considère que dépenser sans compter, c’est faire de la politique nationale, c’est être bon patriote. »

Le budget de la Marine anglaise s'élève pour 1903-1904 à

870 millions de francs, en augmentation de plus de 80 millions sur l'année précédente. Le personnel de la flotte s'élève à

127100 hommes, soit 4600 de plus. Au cours de l’exercice 1902- 1903, il à été terminé 4 vaisseaux de ligne, 5 croiseurs cui-

ème port militaire va être créé, sur la côte orientale du oyaume-Uni, au Firth of Forth, près d'Édimbourg. Le budget le la guerre, à quelques millions près, égale celui de la marine, et s'élève à 862 millions. Les deux réunis forment un total de 132 millions de francs.

Sous l'influence de ces énormes besoïns, un double courant se manifeste en Angleterre : d’une part, les libéraux de l’ancienne . école, ceux que l’on pourrait appeler les gladstoniens, ceux dont les dernières élections partielles font prévoir le retour aux affaires dans un avenir plus ou moins lointain, veulent réduire L les dépenses. D’autres envisagent résolument le maintien des budgets de guerre et songent même à y ajouter des charges nouvelles, notamment pour l'instruction populaire et la construc- tion de logemens ouvriers : ceux-ci prétendent remanier le budget des recettes en y inscrivant des droits protecteurs; ils ne visent à rien moins qu'à un renversement complet de la po- litique économique dont la Grande-Bretagne s’enorgueillit depuis plus d’un demi-siècle; ils parlent, comme sur le continent, de l’agriculture sacrifiée à l'industrie; ils réclament un pacte colonial, par lequel ils prétendent cimenter l’union des colonies avec la mère patrie. M. Chamberlain mène ce mouvement, Quoi qu'il en soit, le pays est arrivé à la limite des impôts

qu'il peut payer; il marque son mécontentement de la direction

suivie, dont il est pourtant le premier responsable. Il voit le fruit d'une sagesse demi-séculaire perdu en trois ans; sa rente, précipitée de plus de vingt points, est le témoignage irrécusable de cette décadence économique, tant il est vrai que les nations les plus fortes ne peuvent pas impunément s’écarter des règles

fondamentales d’une bonne gestion financière, dont une politique mauvaise est le mortel ennemi.

« Extravagance nationale! » tel est le titre sous lequel le

Statist (1) de Londres juge la situation : « Nos recettes n’aug-

(4) 4 avril 1903.

mentent pas, dit-il, par suite du développement normal des sources de revenu, mais parce que des taxes nouvelles ont été créées; au contraire, elles manifestent même une certaine tendance à décroître, puisque, toutes choses égales, elles auraient dû être, en 1902-1903, de 3 900 millions de francs, tandis qu'elles n’ont été que de 3820 millions. Le budget a passé de 2300 millions en 4893-1894 à 3500 en 1903-1904. L'armée demande 67 pour 100, les services civils 42 pour 100 de plus qu'il y a dix ans. L'excédent des importations sur les exportations atteint en 1902 la somme colossale de 4662 millions de francs au lieu de 2040 en 1887; les bénéfices du pays, quise plaçaient alors en valeurs étrangères, sont absorbés aujourd’hui par les dépenses improductives de l’État et des villes... Le moment est venu d'arrêter la croissance des dépenses d'État et de municipalités, qui constituent une menace sérieuse pour le développement de la prospérité nationale. »

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