‹ Déformations du col vésical: dans l'hypertrophie prostatiqueChapitre 25 sur 40 · DROLE · texte numérisé non relu

DROLE

A cette époque, à la suite de copieuses libations, accès aigu de rétention ; le médecin appelé peut passer facilement une sonde de Nélaton de moyen calibre. Un an et demi après, le malade a eu une nouvelle crise de rétention, et, pendant huit jours, les mictions sont très pénibles, nécessitant plusieurs sondages.

Depuis lors, les médecins l’ont sondé une vingtaine de fois. Luimême se passe fréquemment une sonde de Nélaton de moyen calibre, mais parfois le cathétérisme provoque une hémorragie légère.

Il y a cinq jours, le malade n’ayant plus uriné depuis douze heures, sans aucun motif ayant provoqué cette rétention aiguë, consulte un médecin qui essaye de le sonder et fait une ponction vésicale. Trois jours après, le malade n’a pas uriné depuis la ponction. Nouvel insuccès du cathétérisme. On le ponctionne pour la deuxième fois, Consécutivement, le malade ne peut uriner. On essaie de nouveau de le sonder deux jours après au matin. Son médecin l'envoie à Lyon. Depuis quatre jours, les urines sont hématuriques et, à la suite du premier sondage, le malade a eu une hémorragie par la verge. Il y a donc probablement eu fausse route, :

Il arrive dans le service, le soir, souffrant beaucoup; la langue est sèche, blanche, la température monte à 38 degrés. A la palpation et à la percussion, nous constatons une vessie distendue, remontant jusqu'à l’ombilie, et s’étalant largement du côté des fosses iliaques.

La prostate explorée par le toucher rectal est énorme, pas très dure, uniformément hypertrophiée, et ledoigt ne paraît pas atteindre la limite supérieure de l'organe. Le doigt, en pressant sur la prostate, à sa partie moyenne, fait sourdre du liquide sanguinolent, indiquant manifestement une fausse route prostatique. M. le D' Delore décide une intervention immédiate, et pratique une cystostomie sus-pubienne classique. Le cul-de-sac péritonéal, probablement très remonté par la distension, n’est pas aperçu dans le fond de la plaie. Signalons également une musculature abdominale très développée; les pyramidaux, notamment, ont un volume absolument insolite, A l'ouverture de la vessie, il s'écoule un

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liquide hémorragique jaune rougeâtre, dans lequel nagent de petits grumeaux blanchâtres, sans consistance,

Les urines n’ont pas d’odeur ammoniacale,

Il s’agit donc de distension mécanique sans infection, mais avec hématurie, Cette hématurie est peut-être due à la fausse route prostatique, ou plutôt, il semble, par la suite de l'observation, qu’il s'agisse là d’hématurie provoquée par la distension. On fait des lavages abondants, très chauds, avec une canule vaginale, puis nous poussons par le méat de vigoureuses injections boriquées avec la seringue en ébonite : le liquide sort facilement par la plaie hypogastrique.

Au toucher intra-vésical, nous constatons une saillie prostatique entourant le col vésical, à la façon d'un museau de tanche. La prostate énorme soulève la partie antérieure de la vessie, jusqu’au plan horizontal, passant par le bord supérieur du pubis. La distension de la vessie est telle, qu'il lui faut un bon moment pour revenir sur elle-même, et encore d’une façon fort incomplète. On fait les sutures: l’anesthésie par l’éther n’a pas été profonde.

Les suites opératoires sont simples. Le malade est lavé régulièrement, matin et soir, dans son lit. L’hématurie a complètement cessé aussitôt la vestie ouverte,

Il s’agit bien là d'une hémorragie due à la distension. La température, le lendemain de l'opération n’atteint pas 38 degrés ; le surlendemain soir, 38 degrés, et le soir du troisième jour, 37°5, On fait purger le malade, et les troubles digestifs légers disparaissent.

25 avril. — Le malade va bien; pas de fièvre, pas d’hématurie, on enlève les fils.

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