OBSERVATION XV
Cancer de la prostate. Fausses routes et abcès wrineux par cathétérisme. Cystostomie tardive, Mort.
Claude S..., soixante et onze ans, est pris brusquement au mois de mars 1898, d’un accès aigu de rétention, sans avoir présenté de troubles- urinaires antérieurs. Depuis, il est obligé de se sonder quatre fois par jour.
Au mois de juin, à la suite d’un cathétérisme, pratiqué avec une sonde métallique, il se développa de la tuméfaction du périnée, puis un abcès qui s’ouvrit dans l’urètre, Le 29 décembre, le malade obligé de se sonder constamment, entre à l'Hôtel- Dieu.
La prostate est dure et volumineuse. La pression sur le périnée fait toujours sortir un peu de pus par le méat. Les urines sont troubles et purulentes. Le malade est cystostomisé.
L'état général est allé s’affaiblissant peu à peu et le malade est mort le 19 janvier 1899.
L’autopsie a démontré qu'il s'agissait d’un néoplasme de la prostate avec de la généralisation péritonéale.
Cette histoire est celle de la plupart des cancéreux prostatiques. Nous ne saurions trop insister sur le danger du cathétérisme chez de tels individus, Les fausses routes, les abcès urineux consécutifs,
ED viennent trop souvent compliquer un état général déjà grave par lui-même. L'infection urineuse trouve ainsi des conditions particulières de virulence dans cette nouvelle porte d'entrée. Plutôt que s’exposer à de pareils accidents, n'est-il pas préférable de tourner l'obstacle par la création d’un méat hypogastrique ?
La rétention et l'infection vésicales disparaissent comme disparaissent aussi la rétention des matières fécales et les signes de stercorémie, lors de l'établissement d’un anus iliaque contre le cancer du rectum. Mieux vaut la cystostomie précoce; contre des accidents anciens, compliqués de fausses routes, on risquerait d’être impuissant, ainsi que le démontre la précédente observation.