‹ Déformations du col vésical: dans l'hypertrophie prostatiqueChapitre 37 sur 40 · APT · texte numérisé non relu

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plus en plus fréquentes, et son état général s'est progressivement altéré. Sa langue est devenue sèche ; sa digestion est difficile ; il a maigri beaucoup et s’est affaibli. C’est ce mauvais état général qui le conduit à l'hôpital où il est cystostomisé d’urgence, le 17 juillet 1899, par M. Delore. La vessie est moyennement distendue, les urines sont purulentes.

La prostate est peu volumineuse, en forme de col utérin.

Depuis son opération, le malade va mieux, son état général s’améliore rapidement. Son aspect général change, la langue se dépouille, et le sujet sort vingt et un jours après.

OBsERVATION XX VII

Cystostomie sus-pubienne chez un prostatique. — Infection urinaire chronique. — Fausses routes.— Fievre urinaire et hématome périnéo-bulbaire.

Homme de soixante-huit ans, de Grand-Croix (Loire), est envoyé à M. le professeur Poncet par le D'Jayet. Depuis trois ans, à la suite d’accès de rétention successifs, il est obligé de se sonder. |

Il y a trois semaines, en pratiquant un cathétérisme, le malade fait une fausse route qui s'accompagne de fièvre, d’hémorragie urétrale. Le lendemain, il essaye de nouveau le sondage, mais s’arrête bientôt en constatant le retour de l’hémorragie et le réveil de vives douleurs, Depuis ce moment, il vide incomplètement sa vessie, a de l'incontinence par regorgement, la nuit: il a maigri, ne mange plus facilement, et s’étiole visiblement.

6 juillet 1899. — Un cathétérisme réussit et ramène des urines troubles, en quantité au dessus de la normale — 1500 grammes. Le bas-fond contient du pus presque pur. On note dans la traversée urétrale, au niveau du bulbe, un rétrécissement probablement consécutif à la première fausse route.

Le lendemain, 7 juillet, un nouveau cathétérisme provoque une

fausse route et une abondante hémorragie, bien que les manœuvres eussent été aussi prudentes que possible.

Dans la soirée, la température monte à 39°,8,

8 juillet. — La nuit a été mauvaise, la langue est sale, la température est de 39°,4 le matin, frissons toute la nuit.

M. le professeur Poncet pratique la cystostomie sus-pubienne. La vessie est spacieuse, dilatée. Les urines sont troubles, le basfond rempli de pus. La prostate est volumineuse, Au toucher vésical, elle forme, à l’orifice urétral, une sorte de gros col utérin. On met quatre points du suture ; un drain est fixé dans la vessie.

10 juillet. — Au matin, la température était normale, le drain fonctionne parfaitement.

Le lendemain, la température remonte brusquement, le soir elle atteint 39 degrés ; le malade a des hémorragies légères, un suintement noirâtre par l’urètre; il se plaint de son périnée,

On constate une tuméfaction périnéo-bulbaire : c'est la fausse route qui, formant hématome, s’est enflammée,

12 juillet. — Incision périnéale de l’urètre, de l’hématome bulbaire, qui est constitué par des caillots noirâtres. La température, le soir, est de 39 degrés.

13 juillet. — T. — 38 degrés, 38°,1. L'état général se relève, la langue est meilleure, l'appétit, qui avait disparu, revient ; nuit

excellente.

17 juillet. — La température est remontée. Incision de l’urètre

dans toute sa longueur. Urétrite et péri-urétrite suppurée grave.

Langue sèche. Pronostic très grave, 19 juillet. — Part chez lui avec la fièvre et accidents fort

graves.

Cette fausse route urétrale qui s’infecte a entraîné de tels dé-

sordres, que malgré une large intervention, le malade, déjà profondément infecté, a dû succomber chez lui. Les suites de la cystostomie avaient été fort simples, jusqu’à l’apparition de ces accidents périnéaux qui survinrent quatre jours après l’opération,

Les dangers du cathétérisme prolongé sont fort évidents dans

cette observation,

OBserRvarION XX VIII (Piollet, Gaz. des hôp., 16 mai 1899),

Cystostomie sus-pubienne datant de sept ans, chez un vieux prostatique : occlusion à diverses reprises du méat hypogastrique — Nécessité de son maintien powr conjurer de nouvelles complications urinaires. — Santé parfaite.

Jean-Claude G. ., âgé de soixante-quinze ans, ne présente, dans ses antécédents, aucune affection grave.

Le début des accidents urinaires remonte à dix-sept ans.

En 1887, premier accès de rétention complète, survenu brusquement, ayant duré dix-huit heures, avec symptômes généraux graves ; ces accidents cèdent à un cathétérisme pratiqué par un médecin.

Depuis lors, le malade se sonde régulièrement plusieurs fois par jour ; il a des douleurs vives et cuisantes localisées au basventre, et s’irradiant dans le périnée et la verge ; des hématuries survenant, le malade entre à l'Hôtel-Dieu, où l’on essaye le traitement par les cathétérismes, Amélioration de courte durée: amaigrissement rapide, troubles digestifs, fièvre ; le toucher rectal montre une prostate énorme.

En présence de ces symptômes menaçants, la cystostomie suspubienne est pratignée par M. le professeur Poncet, le 26 avril 1892.

Parois vésicales très épaisses; prostate en gros col utérin. Suites opératoires normales ; les premiers jours, un peu de température qui disparaît rapidement:

Pendant la cicatrisation de la plaie, un des lavages fit sortir par le méat hypogastrique un volumineux calcul qui n'avait piabanles ment pas été aperçu pendant la cystostomie,

Le nouvel cet fonctionna pendant huit mois, absolument incontinent ; peu à peu il se referma, sans que jamais la miction se soit rétablie par la verge; le malade se cathétérisait régulièrement,

nt le

L'état général décline alors peu à peu et, le 4 mars 1894, le malade rentre à nouveau dans le service de M. le professeur Poncet. Le malade ne veut pas d'autre intervention que les cathétérismes, sort du service au bout de quinze jours pour y revenir le 20 janvier 1895.

Les symptômes généraux se sont aggravés ; aussi M. Curtillet, chef de clinique chirurgicale, rouvre la cicatrice hypogastrique et extrait deux volumineux calculs.

Le malade reprend rapidement et, au bout de vingt-quatre jours, quitte le service en excellent état.

Pendant onze mois, l’urine continue à s’écouler par le nouvel urètre, puis, vers le débnt de 1896, il se ferme peu à peu, et reste fermé pendant trois ans, le malade se sondant très régulièrement,

En mai 1899, le malade remarque que ses urines deviennent troubles : réapparition des symptômes généraux, la cicatrice hypogastrique devient douloureuse, s’abcède et s'ouvre : à ce . moment tout rentre dans l’ordre, et quand, en avril 1899, le malade revient dans le service, il jouit d'une santé parfaite : il se plaint seulement d’être toujours souillé par ses urines; on lui donne un urinal hypogastrique de Sorrel; il se déclare satisfait et quitte l'Hôtel-Dieu.

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