INTRODUCTION
On a beaucoup discuté dans ces dernières années sur les interventions destinées à combattre la rétention d'urine chez les prostatiques ; successivement la prostatotomie avec Billroth! et Harrisson?, puis la nrostatectomie avec Tédenat* et Desnos, sont considérées comme des opérations de choix, surtout à l'étranger où les chirurgiens anglais et américains les pratiquent journellement.
Dans la thèse de Prédal (Paris, 1897), nous trouvons également vingt observations de prostatectomies suivies de succès ; mais depuis les travaux de M. le professeur Poncet et de M. Delore, qui ont montré toute la gravité de ces interventions chez les sujets qui les réclament, on semble revenir à la cystostomie sus-pubienne qui, depuis 1888, date de la première opération de cegenre, pratiquée par M. Poncet ne compte plus ses succès.
Sans vouloir discuter les avantages et Les inconvénients de ces différentes méthodes, nous désirons, en nous plaçant au point de vue spécial des suites opératoires, montrer que par ses résultats la cystostomie sus-pubienne est encore la méthode de choix.
4 Billroth, Langen beck’s archiv, X.
? Harrisson, Lancet, 24 juin 1884.
3 Sauvajol, th. Montpellier, 1891.
Part
Sans s'occuper directement des lésions prostatiques ni des déformations consécutives du col vésical, on doit s’attacher surtout à décongestionner la vessie et la prostate en créant à l'urine le plus souvent septique une large voie d'écoulement par un néo-canal hypogastrique : c'est un véritable drainage de la cavité vésicale infectée. Si certains cas, très rares, il est vrai, paraissent justiciables d’une prostatectomie, c’est encore à l’opération de M. le professeur Poncet, c’est-à-dire à la cystostomie sus-pubienne qu’il faut avoir recours.
Après avoir décrit brièvement les symptômes de lhypertrophie prostatique, nous ferons l’étude anatomique des lésions de la prostate occasionnées par les développements variés de cet organe, et nous mortrerons quelles sont les causes des accidents de rétention et d’infection urineuses dans ce cas particulier.
D’après ces constatations, nous pourrons indiquer que la prostatotomie doit êtrecomplètement abandonnée; la prostatectomie, pour les mêmes raisons, n’est applicable que dans les cas d’hypertrophie bien localisée à un lobe nettement pédiculé, qui peut être excisé sans traumatisme toujours grave chez les vieillards. Reste enfin la cystostomie sus-pubienne qui assure à l’urine un écoulement facile, qui décongestionne la vessie et la prostate et dont l’application n’occasionne pas une intervention grave, que ne saurait supporter un sujet déjà âgé et le plus souvent infecté.
D'ailleurs, les observations que nous publierons à la fin de cette discussion, nous montreront que l’opération de M. le professeur Poncet est vraiment, dans la plupart des cas, l’intervention que réclament les déformations du col vésical dans l’hypertrophie prostatique.